
Chère lectrice, cher lecteur,
La guerre régionale déclenchée par l’offensive américano-israélienne du 28 février contre l’Iran ne faiblit pas. Bien au contraire.
Les bombardements sur l’Iran se poursuivent avec intensité. Dimanche, des dépôts de pétrole à Téhéran ont été la cible de bombardements, tandis que l’Iran n’arrête pas de lancer missiles et drones vers des États du Golfe abritant des bases américaines. Entré dans son neuvième jour, le conflit pourrait durer : Téhéran affirme pouvoir se battre encore « au moins six mois » et a choisi un successeur au guide suprême Ali Khamenei, tué au premier jour de l’offensive, en la personne de son fils Mojtaba Khamenei.
Au Liban, les derniers jours ont été marqués par des ordres israéliens d’évacuations massives dans le sud du pays et la banlieue sud de Beyrouth, provoquant des centaines de milliers de déplacés. Dans la nuit de samedi à dimanche, une frappe israélienne a visé un hôtel à Raouché, au cœur de Beyrouth, ciblant selon Israël « d’importants commandants » de la Force Qods.
Depuis le 28 février, l’actualité s’emballe. Nos équipes couvrent les développements régionaux et libanais en continu. Mais pour donner un peu de sens à tout cela, nous vous proposons, aussi, des décryptages, des reportages, des analyses, produits par notre équipe de journalistes, avec leur regard si singulier. Celui de femmes et d’hommes ancrés dans la région.
En voici une sélection.
L’Orient-Le Jour


Guerre au Liban : de quelles capacités militaires dispose encore le Hezbollah

Suite à l’assassinat du guide suprême Ali Khamenei dès le premier jour de la guerre opposant l’Iran aux Etats-Unis et à Israël, le Hezbollah a lancé sa première attaque contre l’Etat Hébreu depuis quinze mois. Six roquettes lancées vers Israël, dans la nuit du 1er au 2 mars. Depuis, les attaques israéliennes se multiplient au Liban. Le Hezbollah reconnaît lui-même, le déséquilibre dans le rapport de force mais soutient qu’il peut tenir bon. Sur qui peut-il compter alors même que son arsenal a fondu depuis 2024 ? Et que peut-il faire dans cette guerre qui semble trop grande pour lui ? Analyse de Malek Jadah.

Ni 2006 ni 2024 : quelle guerre Israël mènera-t-il au Liban cette fois ci ?

Le 5 mars, le porte-parole de l’armée israélienne Avichay Adraee, a appelé l’ensemble des habitants de la banlieue sud de Beyrouth - zone densément peuplée et bastion du Hezbollah - à évacuer. Un déplacement forcé qui fait craindre un retour à la « doctrine Dahyé » mise en œuvre lors de la guerre de juillet 2006, qui consistait à bombarder lourdement les infrastructures publiques et la banlieue Sud pour faire plier le Hezbollah. Mais durant la guerre de 2024, si les villages frontaliers avec Israël avaient été rasés, l’intervention américaine avait épargné les infrastructures publiques de la banlieue sur de Beyrouth pour privilégier des frappes ciblées. Qu’en sera-t-il cette fois ? Décryptage de Salah Hijazi.

Cinq heures dans la nuit de la Békaa : l'histoire du commando israélien à Nabi Chit

Dans la nuit du vendredi 6 mars au samedi 7 mars, un commando israélien infiltre la Bekaa, pour retrouver, à Nabi Chit, le corps d’un pilote capturé en 1986 lors d’un raid aérien. Déployées par hélicoptères, les forces spéciales israéliennes se déplacent sur le territoire, dans des véhicules similaires à ceux utilisés par le Hezbollah et l’armée libanaise. Mais après plusieurs heures, le commando est repéré et des affrontements éclatent. Bilan : l’opération fait 41 morts et le corps du pilote n’a pas été retrouvé. Mounir Rabih vous raconte.

Et si Israël n’existait pas ?

Depuis les premiers tirs du Hezbollah vers Israël dans la nuit du 1er au 2 mars, les attaques israéliennes sur le Liban s’intensifient. Entre offensive israélienne, fragilité de l’État libanais et rôle du Hezbollah, Anthony Samrani interroge les responsabilités politiques et collectives qui ont mené le pays au centre d’un nouveau conflit.

Mourir… pour Khamenei

Le Liban n’a pas choisi la guerre. Il y a été entraîné par des décisions prises hors de ses institutions, dictées par des logiques régionales qui le dépassent. Rita Sassine analyse la façon dont le Hezbollah, fidèle à ses alliances, a entraîné le pays dans une guerre déséquilibrée, et les efforts de l’État libanais pour reprendre le contrôle.

Le Hezbollah et nous : chronique d’une illusion mortifère |Le commentaire de Hazem Saghieh

Au Liban, les années semblent rythmées par les guerres menées par le Hezbollah. Hazem Saghieh revient sur l’histoire du « parti de Dieu » et analyse la façon dont il a influencé et s’est imposé dans la société libanaise.

À quand l’entrée des houthis dans la guerre ?

Avec l’affaiblissement du Hezbollah, les houthis du Yemen sont devenus les principaux acteurs de « l’axe de la résistance ». Mais le groupe yéménite n’est toujours pas entré en jeu aux côtés de l’Iran, contrairement à ce qu’il avait rapidement fait au début de la guerre à Gaza. Comment l'expliquer ? Décryptage de Laure-Maïssa Farjallah.

« Les pays du Golfe sont désormais alliés face à une menace commune »

Avec le début de la guerre entre l’Iran et les Etats-Unis et Israël, le samedi 28 février, les monarchies du Golfe semblent prises en étau. Malgré leurs efforts pour rester en marge du conflit, elles essuient quotidiennement les attaques iraniennes. Une situation qui entache sérieusement leur image de havre de paix et de stabilité. Leur position pourrait-elle changer à mesure que l’escalade se poursuit ? Noura Doukhi s’est entretenue avec Faisal J. Abbas, rédacteur en chef du média basé à Riyad, Arab News.

Les hydrocarbures, un facteur dissuasif dans la guerre de Trump contre l'Iran ?

La question des hydrocarbures tient une place centrale dans la guerre régionale en cours au Moyen-Orient. Avec notamment la fermeture du détroit d’Ormuz - passage de près de 20 % du trafic maritime pétrolier mondial - et la perspective d’une guerre plus longue que prévue, les marchés accusent le coup. Un sujet d’inquiétude pour le président américain Donald Trump, à l’approche des élections de mi-mandat prévues en novembre prochain. Cette aversion du président américain aux répercussions économiques négatives pourraient le pousser à écourter la guerre, avant d’avoir atteint les objectifs fixés par l’Etat hébreu. Explications de Laure-Maïssa Farjallah.

Mojtaba Khamenei, dans les pas du père

Dimanche dernier, Mojtaba Khamenei a été nommé nouveau guide suprême de la République islamique d’Iran. Plus de 40 ans après la révolution, il suit les traces de son père Ali Khamenei, assassiné samedi 28 février, au premier jour de la guerre israélo-américaine. Éclairage de Tatiana Krotoff et Noura Doukhi.

