Un secouriste marche au milieu des décombres sur le site d'une frappe aérienne israélienne qui a ciblé le quartier de Mar Mikhael, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 6 mars 2026. AFP

Dans le jargon médical, on appellerait ça une récidive. Un amas de cellules cancéreuses ayant échappé au traitement se divisent silencieusement, encore et encore, jusqu’à ce que le couperet tombe : la maladie est de retour. Elle évolue vite et, plus encore que la première fois, paraît imprévisible et sournoise. Comme une tumeur mal soignée, la guerre est revenue au Liban. Difficile de dire que l’on s’y attendait, encore plus que l’on ne s’y attendait pas.
Et comme une maladie qui s’impose à nous, il nous faut à nouveau lui faire une place dans notre quotidien. C’est pourquoi, ce week-end, notre sélection d’articles parlera de guerre, d’avis d’évacuation et de refus de partir, de colère aussi. Mais pas que, car la culture et les bonnes nouvelles persistent malgré tout.
Bonne lecture !


« Nous nous en sommes remis à Dieu » : à Alma el-Chaab, des habitants refusent d’évacuer malgré les menaces israéliennes

Dans le village frontalier de Alma el-Chaab, au Liban-Sud, les cloches de l’église Notre-Dame ont retenti tard dans la nuit de lundi. Pas pour la messe, mais en signe de défi. Si une centaine d'habitants est partie après les appels israéliens à évacuer, nombreux sont ceux qui ont refusé de plier bagage. Ils se sont confiés à Ghadir Hamadi.

« Que Dieu les maudisse » : le Hezbollah subit les foudres de la rue chiite

C’est un éternel recommencement. Des déplacés éparpillés dans les rues. Des voitures regorgeant des petites affaires extirpées à la va-vite avant de fuir. Ces mêmes écoles qui rouvrent une nouvelle fois leurs portes pour accueillir des familles. Mais à y regarder de plus près, quelque chose semble avoir changé : dans la rue chiite, la solidarité quasi unanime à « la résistance » a laissé la place à la colère. Lyana Alameddine et Caroline Hayek étaient sur place.

La chronique intime, du quotidien en temps de guerre, de Sabyl Ghoussoub

Chronique intime du quotidien, « nos petites guerres » raconte les difficultés, les échappatoires et les petites choses qui continuent d'exister au Liban en temps de guerre. Dans ce premier épisode, l'écrivain Sabyl Ghoussoub nous emmène pour un tour en voiture, où tout ce qu'il voit et entend raconte, d'une manière ou d'une autre, la guerre qui revient.

Liban, pays sans lendemain

Dans ce nouveau photo-roman, notre chroniqueur Gilles Khoury se questionne : « N’est-ce pas cela, au fond, la dépossession la plus violente : vivre sans souveraineté sur son propre lendemain ? Vivre dans un pays où le présent n’est que la conséquence de décisions prises hors de portée, toujours dans notre dos, dans une langue et un espace qui ne nous appartiennent pas ? ». Cette règle, qui semble aussi vieille que le Liban, s'aventure dorénavant hors de ses frontières, alors que le conflit a suivi les Libanais dans toute la région.

Comment expliquer la guerre aux enfants ?

Voilà que le Liban replonge dans la guerre, avant même d’avoir réussi à se relever de la dernière. Bruits d’avions, bombardements, vague de déplacés… La situation peut être déstabilisante, voire effrayante, pour nous, adultes. Mais qu’en est-il des enfants ? Faut-il tout leur expliquer ? Et comment les rassurer ? Anne-Marie el-Hage a posé ces questions à des experts.

Nayla Karamé Majdalani, psychothérapeute : Cette fois, ce n’est plus la peur qui domine, c’est la colèreeïla Shahid, la Palestine comme cause universelle

Comment la population vit-elle cet énième épisode de conflit ? Nayla Karamé Majdalani, psychothérapeute, décrypte les ressorts psychologiques mis en place par les Libanais pour faire face, une fois de plus, à l’épreuve. Propos recueillis par Zéna Zalzal.

Le palais de Golestan à Téhéran endommagé par des frappes, l’Unesco exprime son inquiétude

La culture et le patrimoine sont rarement épargnés par la guerre. Trois jours à peine après le début de la guerre en Iran, le palais de de Golestan, « palais du jardin des fleurs » selon de nombreux poètes, a été endommagé par les bombardements. May Makaram récapitule ce que l'on sait à propos des dégâts, et ce qui est mis en place pour protéger le site.

Les Vergers des Cèdres : dans les coulisses du grossiste libanais de Rungis

L’un était anthropologue. L’autre, informaticien de formation, est devenu le pionnier des mini-concombres dans l’Hexagone. En 2009, ils s’associent pour faire des Vergers des Cèdres, le grossiste alimentaire libanais de référence du Marché de Rungis, temple de la gastronomie française. Anne Ilcinkas vous emmène à leur rencontre.

Neuf mille ans d’histoire débarquent à Paris : « Byblos cité millénaire du Liban » s’empare de l’IMA dès le 24 mars

Du 24 mars au 30 août, dans un écrin de 1 000 m2, 400 chefs-d’œuvre sont dévoilés pour illustrer l’incroyable patrimoine archéologique de Jbeil. Collaborant avec Élodie Bouffard, responsable des expositions de l'IMA, Zaven dévoile les thèmes de la narration spatiale en avant-première pour L’Orient-Le Jour. L'article de May Makarem.
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