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Culture - Disparition

Antoine Ghandour, conteur du Liban populaire, n'est plus

Le dramaturge et scénariste libanais, auteur de nombreuses séries et pièces marquantes depuis les années 1960, est décédé à l’âge de 82 ans.

Antoine Ghandour, conteur du Liban populaire, n'est plus

Le dramaturge et scénariste libanais Antoine Ghandour (1942-2024). Photo NNA

Le dramaturge et scénariste libanais Antoine Ghandour, né le 5 avril 1942, à Aïn Aalak, dans le Metn, s’est éteint le jeudi 5 mars, laissant derrière lui une œuvre abondante qui aura accompagné les premières décennies de la télévision et du théâtre libanais. Auteur prolifique mais discret, il appartient à cette génération de pionniers qui ont façonné les récits populaires du pays, transformant les figures de son histoire et de sa mémoire collective en personnages de scène et d’écran.

Parmi ses créations les plus marquantes figure la très populaire série Akhwat Chanay (1973), qui a durablement marqué les débuts de la télévision libanaise. Au centre de cette fresque villageoise se trouvait un personnage devenu presque mythique : le fou de Chanay, interprété par Nabih Abou el-Hosn. Marginal et pourtant lucide, ce « fou du village » arpentait les ruelles en lançant des vérités que nul autre n’osait dire. Sous couvert de folie, il épinglait les puissants, révélait les hypocrisies sociales et distillait des perles de sagesse populaire.

À l’opposé de cette figure libre et insolente du village, Barbar Agha incarnait le pouvoir dans toute sa gravité. Interprété par Antoine Kerbaj, le personnage – inspiré d’un gouverneur ottoman de Tripoli – s’imposa sur les écrans libanais comme une figure d’autorité presque shakespearienne, mêlant puissance, orgueil et fatalité. À travers ces personnages contrastés, il révélait toute l’ampleur de son théâtre populaire, capable de faire dialoguer satire sociale et fresque historique.

Formé à l’Université La Sagesse, où il étudie la psychologie, Antoine Ghandour s’oriente très tôt vers l’écriture dramatique. Sa carrière s’étend sur plusieurs décennies et compte plus d’une centaine de créations – séries télévisées, pièces de théâtre, scénarios de films, œuvres radiophoniques et documentaires diffusés sur les chaînes libanaises et arabes. Ses textes, souvent ancrés dans l’histoire sociale et populaire du Liban, font entrer sur les planches et dans les salons des téléspectateurs des figures familières, des héros populaires et des personnages inspirés du patrimoine national.

Dans l’histoire de la télévision libanaise, son nom reste associé à une innovation importante : nombreux sont ceux qui considèrent qu'il il fut le premier à écrire un épisode dramatique d’une durée d’une heure et demie pour les séries Kanat Ayyam et Adib wa Qissa, réalisées avec seulement deux décors, transformant cette contrainte technique en véritable exercice dramaturgique.

Au théâtre, il s’intéresse également aux figures emblématiques de l’histoire libanaise. Sa pièce Tanios Chahine (1990) revisite ainsi la figure du chef paysan du XIXᵉ siècle devenu symbole de révolte sociale dans le Mont-Liban. D’autres œuvres, comme Al-Qabqab (1979) et Barbar Agha (1980), présentées notamment au Casino du Liban, participent à cette même exploration de la mémoire populaire.

Parallèlement, il accompagne l’essor du petit écran au Liban avec plusieurs séries marquantes : Kanat Ayyam (1964), Akhawat Chanay (1973), Barbar Agha (1979), Arba‘ Majanin wa Bas (1982) ou encore Rasif al-Barziana (1985). Il signe également le scénario du film Kulluna Fida’iyyoun en 1969.

Récompensées par plusieurs prix et distinctions, ses œuvres ont également fait l’objet d’études universitaires et ont contribué à révéler plusieurs figures majeures de la dramaturgie libanaise. Pourtant, fidèle à une certaine idée de l’auteur, Antoine Ghandour aura toujours préféré rester en retrait de la lumière, laissant ses personnages – fous visionnaires, rebelles ou seigneurs tragiques – occuper le devant de la scène.

À travers eux, il aura contribué à écrire une part de l’imaginaire dramatique du Liban.

Le dramaturge et scénariste libanais Antoine Ghandour, né le 5 avril 1942, à Aïn Aalak, dans le Metn, s’est éteint le jeudi 5 mars, laissant derrière lui une œuvre abondante qui aura accompagné les premières décennies de la télévision et du théâtre libanais. Auteur prolifique mais discret, il appartient à cette génération de pionniers qui ont façonné les récits populaires du pays, transformant les figures de son histoire et de sa mémoire collective en personnages de scène et d’écran.Parmi ses créations les plus marquantes figure la très populaire série Akhwat Chanay (1973), qui a durablement marqué les débuts de la télévision libanaise. Au centre de cette fresque villageoise se trouvait un personnage devenu presque mythique : le fou de Chanay, interprété par Nabih Abou el-Hosn. Marginal et pourtant...
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Pas vous, Berry (90ans) peut vous remplacer et partir de notre Monde!

Marie Claude

08 h 05, le 07 mars 2026

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  • Pas vous, Berry (90ans) peut vous remplacer et partir de notre Monde!

    Marie Claude

    08 h 05, le 07 mars 2026

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