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Société - guerre au liban 2026

« Si on part, on ne pourra plus jamais rentrer » : au sud du Litani, des villageois sunnites et chrétiens refusent de partir

« Pourquoi partir et vivre dans l’humiliation. On mourra quand ce sera notre tour », réagit une habitante du village sunnite de Hebbariyé, au Liban-Sud.

« Si on part, on ne pourra plus jamais rentrer » : au sud du Litani, des villageois sunnites et chrétiens refusent de partir

Une statue de Jésus dans un jardin à Alma el-Chaab, endommagé par l’armée israélienne, le 5 novembre 2025. Photo d’illustration Matthieu Karam/L’Orient-Le Jour

« Nous n’avons pas envie de quitter nos terres. » C’est par ces mots que Samy Hajj, un habitant de la localité chrétienne frontalière de Rmeich, joint au téléphone par L’Orient-Le Jour, résume l’état d’esprit ambiant dans la région. « Tous les habitants du village ont pris la décision de rester. Si on part, on ne pourra plus jamais rentrer. On a bien vu ce qui est arrivé aux Palestiniens en 1948 », poursuit-il.

Sommés mercredi par l’armée israélienne d’évacuer le sud du Litani, majoritairement chiite, une grande partie des habitants a quitté les lieux, soumis à un déluge de feu en œuvre depuis lundi, mais certaines localités chrétiennes résistent à leur manière.

À Alma el-Chaab, les habitants sont toujours déterminés à ne pas abandonner leurs maisons. Il y a quelques jours, une vidéo montrant des villageois sonnant les cloches de l’église pour dire leur refus de plier aux injonctions israéliennes avait fait le tour des réseaux sociaux. « Nous avons le droit de vivre en paix, nous ne sommes pas armés. Nous avons foi dans le Christ », explique l’un d’eux. « Tous les soirs, on se rassemble dans la salle adjacente à l’église et on y dort tous ensemble. Nous avons encore des stocks de nourriture pour deux ou trois semaines », poursuit-il.

« Préserver notre terre et notre dignité »

Même son de cloche dans la localité sunnite de Hebbariyé, un village situé à quelques pas de la frontière israélienne. Dans ce village, les habitants ont également pris la décision de ne pas répondre aux injonctions israéliennes. Nagib Yassine, un habitant du village, a décidé de rester sur place avec son épouse. « Je suis resté chez moi lors de la guerre de juillet 2006 et celle de 2024. Je n’irai nulle part. Ceux qui ont fui le village en 2024 ont connu l’humiliation sur les routes et dans les écoles transformées en abris », poursuit-il. « On veut préserver notre terre et notre dignité, si on part on perdra notre dignité », estime Nagib.

« Pour l’instant, ce sont surtout les villages chiites qui sont menacés. La vie continue ici de manière normale », indique Nagib. Son épouse, Mona, assure que le couple est « en sécurité » dans le village. « Pourquoi partir et vivre dans l’humiliation. On mourra quand ce sera notre tour. En attendant, Dieu nous protège », lance-t-elle.

Khodor Hamdan, un habitant de Chebaa, un autre village sunnite de la région, assure que les habitants de la localité ont également « pris la décision de ne pas quitter », notamment après une réunion de l’union des municipalités de la région allant dans ce sens. « Cette fois-ci, nous sommes déterminés à rester, parce qu’on ne veut pas revivre l’expérience de 2024. Lors de ce conflit, certains chiites avaient loué chez nous et la périphérie du village avait été frappée. Le 27 septembre, lorsque Hassan Nasrallah a été assassiné, on leur a demandé de quitter les lieux », révèle-t-il. « Nous voulons vivre sous la protection de l’État et de l’armée libanaise. Nous n’avons pas envie d’être déplacés », conclut Khodor.

« Nous n’avons pas envie de quitter nos terres. » C’est par ces mots que Samy Hajj, un habitant de la localité chrétienne frontalière de Rmeich, joint au téléphone par L’Orient-Le Jour, résume l’état d’esprit ambiant dans la région. « Tous les habitants du village ont pris la décision de rester. Si on part, on ne pourra plus jamais rentrer. On a bien vu ce qui est arrivé aux Palestiniens en 1948 », poursuit-il.Sommés mercredi par l’armée israélienne d’évacuer le sud du Litani, majoritairement chiite, une grande partie des habitants a quitté les lieux, soumis à un déluge de feu en œuvre depuis lundi, mais certaines localités chrétiennes résistent à leur manière.À Alma el-Chaab, les habitants sont toujours déterminés à ne pas abandonner leurs maisons. Il y a quelques jours, une vidéo montrant...
commentaires (8)

Un drapeau blanc ne est pas une honte vous avez résiste. ...sans succès. ..accepter la défaite. ..pour épargner votre communauté. ...merci pour eux

christian ZAKHIA

11 h 11, le 07 mars 2026

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Commentaires (8)

  • Un drapeau blanc ne est pas une honte vous avez résiste. ...sans succès. ..accepter la défaite. ..pour épargner votre communauté. ...merci pour eux

    christian ZAKHIA

    11 h 11, le 07 mars 2026

  • ou est le nouveau president,un Aoun encore,et son partenaire Salam?? nommés chez nous pour quoi faire? nous regarder crever?? Ils devaient prendre et doivent prendre des mesures coercitives contre la tête de la militia Hez d auj...et montrer au peuple et au Monde qu ils protègent le Liban... Jouez le jeu!! et encore, arrêtez de mendier et de blablayez!

    Marie Claude

    08 h 14, le 07 mars 2026

  • QUIESTION : au cas ou les libanais ttes confessions reunies auraient refuse d'evacuer.... au sud et a dahye, israel aurait il eu la volonte ou la permission de les ecraser comme elle a fait a gaza ?

    L’acidulé

    10 h 57, le 06 mars 2026

  • Que Dieu vous protège, bon courage

    Eleni Caridopoulou

    09 h 18, le 06 mars 2026

  • L’État Libanais est coupable de ne pas avoir protégé ces gens et de les avoir laissé à la merci d’une milice étrangère qui n’a cure d’eux. L’état Libanais a encore agi par lâcheté alors que depuis 2024 la milice surtout au Sud n’avait aucun moyen de s’opposer à un état qui n’a pas peur de s’imposer. Un jour il faudra écrire un livre de psychologie pour essayer de comprendre comment l’axe syro-iranien continue de terroriser les esprits bien après sa défaite et son humiliation sur le terrain à Gaza, en Syrie, au Liban et bientôt en Iran même.

    Liban Libre

    09 h 03, le 06 mars 2026

  • « Si on part, on ne pourra plus jamais rentrer ». Très probable, en effet: Israël veut créer au Sud un no man's land, Merci qui?

    Yves Prevost

    07 h 41, le 06 mars 2026

  • Bravo!

    Mago1

    01 h 19, le 06 mars 2026

  • Effectivement. Le Liban Sud est á 100% dans la meme configuration que Gaza. Si Israel rentre, ceux qui partiront seront ainsi que leurs enfants et petits enfants des réfugiés eternels. Combien de fois faut il répeter les choses pour que Hezballah comprenne et le Liban Officiel arrete de mentir et le protéger. Ça c'est passé á chacune des 3 guerres avec les palestiniens et ça se passera au Sud Liban. Il n'est pas trop tard pour agir et désarmer le hezbollah MM Aoun et Haykal.

    Moi

    00 h 42, le 06 mars 2026

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