Le président Joseph Aoun entouré par les ambassadeur sdu Quintette à Baabda le 3 mars 2026. Photo Ani
Réuni à Baabda avec les ambassadeurs du Quintette (États-Unis, France, Arabie saoudite, Égypte et Qatar), le président libanais Joseph Aoun a déclaré mardi que la décision prise la veille par le Conseil des ministres, « garantissant que seul l’État libanais détient le droit exclusif de décider de la guerre et de la paix et interdisant toute activité militaire ou sécuritaire illégale, est une décision souveraine et définitive, sans retour possible. » Il a ajouté que « le gouvernement a chargé l’armée et les forces de sécurité de mettre en œuvre cette décision dans toutes les régions du Liban ».
Au cours de la réunion, les diplomates ont affirmé leur soutien à la décision de l’État libanais de rétablir son monopole sur les armes « par tous les moyens nécessaires », mais ont également estimé que l’armée libanaise devrait intervenir pour mettre fin aux tirs de roquettes du Hezbollah en direction d'Israël.
C’est ce qui est ressorti du point presse tenu par l’ambassadeur d’Égypte Alaa Moussa, après la réunion que les diplomates ont eue avec le chef de l’État. L’État hébreu bombarde intensivement le Liban depuis lundi en représailles à des tirs de roquettes du parti chiite, que ce dernier justifie par la guerre israélo-américaine contre l’Iran. L’armée israélienne a fait savoir mardi que la division 91, rattachée au commandement du nord et responsable du front avec le Liban, opère actuellement au Liban-Sud après son déploiement en plusieurs nouveaux points stratégiques, dans le cadre du renforcement de son dispositif de défense.
Faire pression sur Israël
Alaa Moussa a aussi donné les grands thèmes de la réunion de Baabda. « La situation et les développements ont été présentés, ainsi que la vision du Liban pour y faire face dans un contexte de danger, et les efforts pour contenir les tensions. Nous avons discuté du rôle du Quintette et du Mécanisme (l’organisme chargé de contrôler le cessez-le-feu conclu fin novembre 2024 entre Israël et le Hezbollah, Ndlr) pour éviter davantage de dommages au Liban, ainsi que du travail de l’armée libanaise dans la période à venir et des mesures que l’État libanais doit prendre », a déclaré le diplomate.
Et le diplomate de poursuivre : « Nous avons affirmé notre soutien à l’État libanais à cette étape et notre appui total aux décisions du Conseil des ministres, en insistant sur le refus de toute action en dehors de la légitimité libanaise. La voie diplomatique est le refuge sûr pour protéger la sécurité et la stabilité du Liban et préserver sa souveraineté ». Alaa Moussa faisait référence à la décision ferme prise par le gouvernement lundi de rétablir le monopole de l’État sur les armes « par tous les moyens nécessaires ».
« Nous nous engageons à soutenir l’armée libanaise et confirmons qu’une conférence de soutien à l’armée aura lieu en France (prévue initialement le 5 mars et reportée au moins jusqu’en avril, Ndlr) dès que les conditions le permettront », a encore déclaré l'ambassadeur d’Égypte. « Tout le monde soutient la décision de l’État libanais. Quant à la poursuite des tirs de roquettes par le Hezbollah, il revient à l’armée libanaise d’agir en conséquence. Le président Aoun nous a assuré que l’armée poursuivra la mise en œuvre de la deuxième phase de son plan, sans recul », a conclu le diplomate.
Joseph Aoun de son côté a demandé aux pays du Quintette « d’exercer des pressions sur Israël pour qu’il cesse ses agressions contre le Liban », et confirmé « l’engagement complet et définitif du Liban envers les dispositions du cessez-le-feu, afin de préserver la paix et la stabilité, ainsi que notre entière disponibilité à reprendre les négociations à ce sujet avec une participation civile et sous parrainage international ».
« Le Liban compte fortement sur le soutien des pays du Quintette, qui l’ont déjà appuyé et joué un rôle-clé dans la prévention de la détérioration sécuritaire et la fin du vide présidentiel », a poursuivi le chef de l’État. Il a enfin assuré que « les tirs de roquettes hier en direction des territoires occupés provenaient de zones situées en dehors du sud de la Litani, où l’armée libanaise est déployée et accomplit pleinement sa mission dans cette région, ainsi que dans les autres régions du Liban. »
Macron réaffirme le « soutien constant » de la France au Liban
Dans la journée, Joseph Aoun avait eu un entretien téléphonique avec son homologue français Emmanuel Macron, qu’il a informé de la situation à la lumière de l’avancée de l'armée israélienne en certains points au Liban-Sud. Le chef de l’État a demandé à son interlocuteur une intervention de la France afin de mettre un terme à cette progression. De son côté, le chef de l’Élysée a réaffirmé le « soutien constant » de son pays au Liban et son appui « dans les différentes instances internationales », saluant les décisions adoptées la veille par le Conseil des ministres, estimant qu'elles « contribuent à renforcer la souveraineté de l’État libanais sur l’ensemble de son territoire et à confirmer son droit au monopole des armes ».
Joseph Aoun a également reçu le nonce apostolique, Mgr Paolo Borgia, à qui il a transmis une demande au Vatican afin qu'il « intervienne auprès des instances internationales influentes » pour faire cesser les hostilités israéliennes. Il a adressé une demande similaire au président grec Kyriakos Mitsotakis au cours d'un entretien téléphonique. De son côté, le Premier ministre Nawaf Salam a reçu un appel du secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmad Aboul Gheit, qui lui a transmis le soutien de l’organisation aux décisions prises lundi par le gouvernement concernant les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah et son armement.



"Aoun assure au Quintette que la décision prise à l’encontre du Hezbollah est irrévocable" … mais n'est pas destinée à être appliquée! C;est, du moins (espérons le contraire) le sentiment devant l'absence totale de réaction aux tirs que le Hezbollah continue de revendiquer, et du discours incendiaire de Comati.
20 h 17, le 03 mars 2026