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Dossier Spécial : Paiements numériques - Statistiques

Le porte-monnaie numérique a bien eu le temps de se faire une place au Liban

La BDL y répertorie 12 institutions de portefeuilles électroniques actives sur 19 qui ont obtenu des licences après avril 2023.

Le porte-monnaie numérique a bien eu le temps de se faire une place au Liban

Photo d'illustration Vecteezy

Malgré les efforts de ses promoteurs, le projet de cashless society, qui persiste dans le monde de la finance depuis l’apparition des premières cartes bancaires, ne s’est toujours pas réalisé, à en croire les différentes études et indices parus sur le sujet – lesquels confirment que le Liban fait partie des mauvais élèves, fortement affecté par la crise de 2019, dont les facteurs de fond n’ont toujours pas été résolus.

Mais le porte-monnaie numérique, dont l’entrée a été facilitée par la BDL grâce à une réglementation d’avril 2023 – resserrée deux ans plus tard avec l’arrivée du nouveau gouverneur de la Banque du Liban, Karim Souhaid – a eu le temps de se faire une place sur le marché libanais.

C’est ce qui ressort des données les plus récentes compilées par la banque centrale dans la nouvelle version de son rapport macroéconomique semestriel, publié en septembre dernier. Contactée, la direction des statistiques et de la recherche économique a indiqué que ces données seront actualisées lors de la publication du deuxième numéro, sur lequel elle travaille actuellement.

Les chiffres disponibles portent sur la période allant de décembre 2024 à mars 2025.

La BDL y répertorie 12 institutions de portefeuilles électroniques actives – sur 19 qui ont obtenu des licences après avril 2023 –, pour un nombre total d’e-wallets qui a atteint 402 787 en mars 2025, contre 347 719 en décembre 2024, soit une progression de près de 16 %, ou un peu plus de 55 000 nouvelles unités.

Domination du cash pour les recharges

Sur la même période, la valeur des recharges en livres libanaises (en incluant les recharges effectuées depuis des comptes bancaires et en espèces) est passée de 824 milliards de LL (environ 9,2 millions de dollars) à 1 205 milliards de LL (environ 13,5 millions de dollars), soit une augmentation de 46,3 %.

Les recharges en espèces représentaient 97,9 % du total des recharges en LL en mars 2025, une part globalement stable par rapport à décembre.

Parallèlement, la valeur des recharges en dollars est passée de 105,2 millions de dollars à 140,7 millions de dollars, soit une hausse de 33,9 %, les recharges en espèces représentant 89,4 % du total en mars 2025.

« Ces données illustrent la forte dépendance persistante aux transactions en espèces pour les deux devises », a conclu la BDL.

Bien que le nombre d’e-wallets au Liban comme le volume total des transactions réalisées via ces portefeuilles – soit environ 154,2 millions de dollars sur la période considérée – soient conséquents, ce volume reste modeste au regard de la taille supposée de l’économie du cash, estimée à 10 milliards de dollars selon une estimation de la Banque mondiale remontant à 2023, qui n’a pas été précisée ni mise à jour par une instance officielle au Liban.

Selon une source à la BDL, les comptes en « dollars frais » – constitués après le début de la crise et donc non bloqués par les banques – tourneraient autour de 4 à 5 milliards de dollars.

Toujours à titre de comparaison, les transferts électroniques de cash réalisés à l’intérieur du territoire libanais ont atteint 2,7 milliards de dollars en 2024, affichant une hausse annuelle de 50 %, selon le même rapport de la BDL. Autant de signaux qui montrent que les porte-monnaie électroniques ont encore beaucoup de place à prendre sur le marché.

Dans sa dernière édition du cinquième rapport du Global Findex, indicateur du niveau d’inclusion financière dans le monde, la BM soulignait en juillet dernier que seuls 23 % des adultes au Liban détenaient un compte dans une banque, une institution financière ou un fournisseur d’argent mobile, contre 21 % en 2021. Avant la crise bancaire, ce taux était de 45 %.

Malgré les efforts de ses promoteurs, le projet de cashless society, qui persiste dans le monde de la finance depuis l’apparition des premières cartes bancaires, ne s’est toujours pas réalisé, à en croire les différentes études et indices parus sur le sujet – lesquels confirment que le Liban fait partie des mauvais élèves, fortement affecté par la crise de 2019, dont les facteurs de fond n’ont toujours pas été résolus.Mais le porte-monnaie numérique, dont l’entrée a été facilitée par la BDL grâce à une réglementation d’avril 2023 – resserrée deux ans plus tard avec l’arrivée du nouveau gouverneur de la Banque du Liban, Karim Souhaid – a eu le temps de se faire une place sur le marché libanais.C’est ce qui ressort des données les plus récentes compilées par la banque centrale dans la nouvelle...