Le spécialiste libanais des solutions de paiement vient de recevoir le feu vert de la banque centrale émiratie pour proposer ses solutions aux commerçants.
En 2017, un département de Bank Audi prenait son envol pour devenir une fintech à part entière, spécialisée dans la gestion de solutions de paiements notamment numériques. Depuis, areeba a parcouru un long chemin, devenant peu à peu un acteur régional respecté au profil atypique.
« Partis du Liban, nous sommes aujourd’hui présents en Égypte, en Arabie saoudite, au Qatar, en Irak, en Jordanie et aux Émirats arabes unis », se réjouit Maher Mikati, CEO d’areeba. « Il y a cependant une distinction entre les pays où notre plateforme est utilisée par des banques et ceux où nous travaillons directement avec les commerçants, comme au Liban, en Égypte, en Irak et bientôt aux Émirats arabes unis, où nous devons être présents et disposer d’une licence du régulateur », poursuit-il.
Aux Émirats arabes unis, areeba vient d’ailleurs de recevoir l’autorisation principale de la Central Bank of the UAE. Le développement de sa présence dans ce pays figure parmi ses principales priorités à moyen terme.
Un pari risqué mais gagnant
« En matière d’offre de services, les plateformes de paiement ont peu de marge pour se différencier réellement les unes des autres. Pour rester compétitives, elles doivent être capables de tout faire. C’est pour cette raison que, plus encore que l’innovation, nous bâtissons notre réputation sur la fiabilité et la capacité d’adaptation », développe Maher Mikati.
Pour prendre une dimension régionale, areeba a fait un pari risqué qui s’est avéré payant en 2019, quelques mois avant que le Liban ne s’enfonce dans la pire crise économique de son histoire.
« Jusqu’à cette période, nous nous présentions comme une fintech, mais la technologie n’était pas notre principal moteur : seuls 15 employés sur 100 travaillaient sur la tech (contre la moitié des plus de 200 aujourd’hui), et nous dépendions fortement de systèmes tiers. Cette fragmentation limitait notre maîtrise technologique, freinait notre capacité d’innovation et réduisait notre marge de négociation, puisqu’à chaque changement, il fallait renégocier les termes avec chacun des prestataires », expose le CEO d’areeba.
Ces facteurs ont convaincu areeba de franchir le pas, malgré les investissements lourds qu’une telle transition impliquait et les désavantages compétitifs à surmonter dans un secteur où certains concurrents disposent déjà de 30 à 40 ans d’expérience.
« Nous avons recruté 40 développeurs, internalisé l’ensemble des fonctions IT et repensé totalement notre organisation. La transformation a été complète et notre objectif a été atteint. Nous avons développé un écosystème complet, structuré autour d’un switch certifié par Visa et Mastercard, et notre plateforme est aujourd’hui opérationnelle dans plusieurs pays », se félicite Maher Mikati.
La plateforme d’areeba repose sur un ensemble intégré de solutions logicielles maison comprenant un système de gestion des cartes pour l’émission de cartes physiques et virtuelles, un système de gestion des commerçants, un système de gestion des terminaux de paiement électronique (POS), un portail marchand offrant une visibilité en temps réel sur les transactions, ainsi qu’un payment gateway entièrement intégré.
Ce positionnement est relativement unique dans l’industrie des paiements. En général, les acteurs du marché se positionnent soit sur l’émission (issuing), soit sur l’acquisition (acquiring). L’émission consiste à fournir et à gérer les cartes du côté du client, tandis que l’acquisition permet aux commerçants d’accepter ces paiements et de leur reverser les fonds. Très peu d’entreprises maîtrisent les deux volets.
« Nous opérons sur l’ensemble de la chaîne de valeur, ce qui constitue un avantage stratégique et compétitif majeur », conclut Maher Mikati en ajoutant qu’areeba propose aussi une infrastructure de crédit réellement opérationnelle et en temps réel. C’est-à-dire que les cartes de crédit areeba ne sont pas des cartes de paiement simplement repackagées en cartes de crédit, mais que la plateforme à laquelle elles sont connectées est dotée d’un moteur de gestion qui analyse le profil du client pour accepter ou non sa demande, et gère plafonds, risques et remboursements.
« Un autre avantage comparatif sur lequel nous nous employons à maintenir la fiabilité et la flexibilité pour continuer de nous différencier. »

