Des manifestants brandissent des pancartes et des drapeaux du Hezbollah lors d'une manifestation condamnant les récentes actions militaires israéliennes au Liban, à Beyrouth, au Liban, le 4 février 2026. Photo REUTERS/Mohamed Azakir
Le Hezbollah n'interviendra pas militairement en cas de frappes américaines « limitées » contre l'Iran, a indiqué mercredi à l'AFP un responsable de la formation pro-iranienne qui a requis l'anonymat en raison du caractère sensible de l'information. Mais si l'objectif de Washington « est de provoquer la chute du pouvoir iranien ou de viser le guide suprême, le Hezbollah interviendra alors », a-t-il ajouté, toute atteinte à l'ayatollah Ali Khamenei serait ainsi « une ligne rouge ». D'après lui, en cas d'offensive contre le pouvoir iranien, Israël « mènera forcément une guerre contre le Liban ».
Le président Donald Trump a ordonné un déploiement militaire massif dans la région et menace de frapper l'Iran si les pourparlers actuels échouent. Le Liban a dit craindre des attaques d'Israël contre ses infrastructures civiles. « Ce que les Libanais redoutent, c'est une chaîne de réactions : une frappe américaine contre l'Iran, une riposte du Hezbollah contre Israël, puis une réponse israélienne massive » contre le Liban, avait indiqué mardi un responsable libanais sous le couvert de l'anonymat. Le chef du Hezbollah, Naïm Kassem, répète que sa formation est en « position défensive » mais a affirmé qu'elle s'estimerait « visée » par toute attaque américaine contre l'Iran.
Le responsable du parti chiite interrogé a également souligné que le Hezbollah s'abstenait de répondre aux frappes d'Israël sur le sol libanais malgré le cessez-le-feu, mais que cette position avait « des limites ». « Les agressions israéliennes ne peuvent pas se poursuivre indéfiniment sans réponse », a-t-il ainsi affirmé.
Les ressortissants australiens et allemands appelés à la prudence
« En raison de la détérioration de la situation sécuritaire au Moyen-Orient », lit-on sur le site officiel Smartraveler.gov.au, le gouvernement australien a ordonné mercredi « le départ de toutes les personnes à charge des fonctionnaires australiens en poste au Liban ». Le ministère australien des Affaires étrangères appelle ses ressortissants « à reconsidérer la nécessité d’un déplacement au Liban ». À ceux qui s’y trouvent déjà, il recommande de « considérer un départ tant qu'il existe encore des options commerciales pour quitter le pays ».
« Les conflits au Moyen-Orient pourraient entraîner une augmentation des tensions ailleurs dans la région, y compris au Liban, et pourraient entraîner la fermeture de l'espace aérien, l'annulation de vols et d'autres perturbations des voyages. L'aéroport de Beyrouth pourrait fermer sans préavis », poursuit le texte. L’avis du gouvernement australien met en garde également contre « des manifestations et des actions de protestation qui peuvent avoir lieu », appelant à éviter toute action de ce type. Il demande aussi à ses ressortissants « de ne pas se rendre dans plusieurs régions du Liban en raison des risques pour la sécurité », évoquant « des frappes aériennes qui pourraient avoir lieu sans préavis ». Enfin, le gouvernement australien reconnaît qu’il « pourrait ne pas être en mesure d'aider (ses ressortissants) à quitter le pays ». Il a émis un avis similaire à l’adresse des Australiens présents en Israël, selon le média arabe al-Araby, repris par le journal israélien Haaretz.
Mardi, le ministère fédéral allemand des Affaires étrangères avait publié un avis à l'intention de ses ressortissants en Israël et au Liban, les mettant en garde contre une « détérioration de la situation sécuritaire en raison de l'escalade des tensions entre les États-Unis et l'Iran et d'une éventuelle action militaire ». Cet avis, rapporté par le journal allemand Bild, « exhorte les Allemands à faire des provisions, à se familiariser avec les abris les plus proches et à se préparer à un soutien limité de la part de l'ambassade en cas de fermeture de l'espace aérien ». Le 23 février, l’ambassade des États-Unis au Liban avait confirmé avoir ordonné le départ de son personnel non essentiel ainsi que des membres de leurs familles, en raison de la « situation sécuritaire à Beyrouth ».



Wow!!
20 h 09, le 26 février 2026