La Békaa ne s’est pas encore remise du choc des bombardements de vendredi à l’heure de la rupture du jeûne, qui ont causé la mort de huit membres du Hezbollah parmi les nouvelles figures de commandement. Depuis, les interrogations se multiplient sur les messages cachés derrière cette escalade, qui rappelle, dans une certaine mesure, la décapitation de la formation à l’automne 2024. Ces raids interviennent à la veille de la réunion préparatoire de la conférence de soutien à l’armée, mardi au Caire, ainsi qu’à celle du fameux « mécanisme », après une période de paralysie.
S’il est vrai que, depuis la conclusion de l’accord sur la cessation des hostilités, entré en vigueur le 27 novembre 2024, les Israéliens n’ont pas vraiment respecté ses dispositions, montrant à chaque fois qu’ils ne comptent se conformer qu’à leur propre agenda, ils avaient quand même limité dernièrement leurs attaques à certaines zones et cibles précises. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les raids de vendredi dernier ont pris de court les Libanais en général et les habitants de la Békaa en particulier. Les cadres du Hezbollah eux-mêmes ne s’attendaient pas à une telle attaque.
Dans une première lecture, on peut dire que les Israéliens disposent d’une série de cibles qu’ils visent lorsque l’occasion se présente, sans tenir compte d’autres considérations. De plus, ils veulent aussi montrer au Hezbollah et à tous ceux qui l’appuient qu’ils connaissent les détails des nouvelles nominations dans la structure renouvelée de la formation et que nul ne doit s’imaginer qu’il peut encore les tromper ou être à l’abri de leurs attaques. Ce sont là des constatations évidentes et des messages clairs qui visent aussi, à travers les cadres tués, toute la nouvelle structure du Hezbollah que peu de gens connaissent. Ce qui montre que les Israéliens suivent minutieusement tous les développements internes au sein de la formation, même ceux qui se déroulent dans le plus grand secret.
Toutefois, des sources proches du Hezbollah soulignent que ces raids interviennent quelques jours après l’annonce par l’armée, devant le Conseil des ministres, de son plan pour la deuxième phase du monopole des armes, dans la zone au nord du fleuve Litani. Le commandant en chef de l’armée avait ainsi expliqué, cartes à l’appui, que la deuxième phase devait prendre entre quatre à huit mois, ce qui lui laissait une certaine marge de manœuvre et laissait la porte ouverte à de nombreux scénarios. Si la plupart des parties libanaises n’ont pas critiqué ce flou dans les délais et si les milieux diplomatiques impliqués dans ce dossier n’ont pas non plus fait des remarques à ce sujet, il est clair que les Israéliens ont voulu réagir à ce qu’ils considèrent comme un laxisme de la part de l’armée à l’égard du Hezbollah. En lançant les raids contre la Békaa, ils ont rappelé leur détermination à agir eux-mêmes au cas où l’armée libanaise ne le ferait pas.
Les sources précitées estiment que les Israéliens ont aussi voulu faire comprendre aux Libanais, et en particulier au Hezbollah, que le dossier de ses armes n’est pas lié aux négociations entre l’Iran et les États-Unis. La décision d’en finir avec les armes doit être, selon eux, irrévocable. C’est pourquoi il est inutile d’attendre l’évolution de ces négociations, dans l’espoir, pour le Hezbollah, de pouvoir profiter d’un climat d’accalmie pour se reconstituer et retrouver sa force militaire.
Enfin, ce n’est certes pas un hasard si cette attaque a eu lieu à la veille de la réunion préparatoire à la conférence internationale de soutien à l’armée. Pour les Israéliens, il n’est pas possible d’aider l’armée et les forces de sécurité si elles ne comptent pas utiliser leur potentiel contre le Hezbollah. Déjà, la réunion semble avoir perdu un peu de son éclat, en raison du fait que les États qui doivent y participer, comme les États-Unis, la France et l’Arabie saoudite, ont décidé de baisser le niveau de leur représentation. Est-ce un avant-goût de ce qui se passera lors de la conférence du 5 mars à Paris, ou bien s’agit-il d’un petit avertissement pour pousser les protagonistes à agir plus vite ? Il est sans doute trop tôt pour répondre à cette question, mais ce qui est sûr, c’est que les Israéliens ont voulu exprimer d’une certaine manière leur mécontentement de « la patience » dont fait preuve la communauté internationale à l’égard de l’armée. Ce mécontentement ira-t-il jusqu’à mettre en cause la tenue de la conférence ? Nul ne saurait le dire, même si des sources diplomatiques européennes considèrent que c’est peu probable vu que les invitations ont déjà été lancées et que plus de 50 pays sont censés y participer.
Quant au fait que ces attaques ont eu lieu quelques jours avant la réunion attendue du « mécanisme » de supervision du cessez-le-feu après une période de suspension, cela montre aussi que les Israéliens n’accordent pas d’importance à l’action de ce « mécanisme » auquel le Liban est attaché. Même la désignation de l’ambassadeur Simon Karam pour présider la délégation libanaise dans ce groupe n’a pas incité les Israéliens à se montrer plus coopératifs, et la réunion qui doit se tenir mercredi ne semble pas déterminante.


La seule réaction de l’état serait de faire arrêter Naim Kassem et toute personne qui se permet de mettre la sécurité du pays et de son peuple en danger. Tant que nous ne ferons pas notre devoir et respecterons pas les accords signés, il ne faut pas s’étonner de voir ceux d'en face faire de même sinon pire vu le rapport de force. Le Hezbollah doit être interdit tout autant que le baas ou le PSNS ou tout autre organisation qui a une idéologie supra nationale. C'est le B.A. BA du patriotisme.
09 h 36, le 25 février 2026