Le président américain Donald Trump tient un maillet lors de la cérémonie de signature marquant la réunion inaugurale du « Conseil de paix », à l’Institut américain de la paix, à Washington, le 19 février 2026. Photo Saul Loeb / AFP
Le « Conseil de paix » du président américain Donald Trump, conçu pour aider à la reconstruction de Gaza avant d’être doté d'une mission plus large de résolution des conflits, a tenu jeudi sa première réunion dans la capitale américaine, qui bruisse de rumeurs sur une opération militaire massive contre l'Iran.
Le locataire de la Maison Blanche a averti que Téhéran devait conclure un accord « pertinent », faute de quoi « de mauvaises choses arriveront », donnant à la République islamique un ultimatum de dix jours.
Une vingtaine de chefs d’État et de hauts dirigeants internationaux ont participé à cette réunion du « Conseil de paix », créé après l'entrée en vigueur le 10 octobre 2025 du cessez-le-feu négocié par l'administration Trump, avec le Qatar et l'Egypte. Le Comité national, qui compte 15 membres et ne s'est pas encore installé à Gaza, est placé sous son autorité et sera chargé de la gestion provisoire du territoire. Au total, 47 pays dont seulement certains sont membres à proprement parler du « Conseil », et l'Union européenne, en « observatrice », ont pris part aux discussions consacrées à la reconstruction et à la stabilisation de la bande de Gaza.
« Nous allons aider Gaza. Nous allons régler ça. Nous en ferons un succès. Nous y apporterons la paix et nous ferons de même dans d'autres endroits chauds qui surgiront », a déclaré Donald Trump en clôturant la réunion.
Dans son allocution, le président américain a déclaré que le Kazakhstan, l’Azerbaïdjan, les Émirats arabes unis, le Maroc, Bahreïn, le Qatar, l’Arabie saoudite, l’Ouzbékistan et le Koweït avaient promis « plus de 7 milliards de dollars » pour reconstruire le territoire palestinien dévasté. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) « mobilise 2 milliards de dollars pour soutenir Gaza », a poursuivi M. Trump qui a aussi annoncé une contribution américaine de 10 milliards de dollars pour le « Conseil de paix », doté d'une mission plus large et très vague de résolution des conflits dans le monde. Selon le président US, la FIFA va également 75 millions de dollars pour des projets liés au football à Gaza.
2 000 Palestiniens candidats à la nouvelle police de Gaza
La rencontre a lieu dans un « Institut pour la paix » qui porte depuis peu le nom de Donald Trump sur sa façade. Elle porte aussi sur l'envoi de milliers de militaires pour une force de stabilisation, et sur la constitution d'une force de police. Le chef de l'administration provisoire de la bande de Gaza, le Palestinien Ali Shaath, est parmi les participants.
« Le recrutement d’une nouvelle force de police à Gaza, appelée à prendre le relais sécuritaire du Hamas, a été lancé aujourd’hui », a annoncé Nickolay Mladenov, le haut représentant pour Gaza nommé par Washington. « Dès les premières heures, 2 000 Palestiniens ont déjà déposé leur candidature pour rejoindre une nouvelle force de police palestinienne de transition », a -t-il précisé lors la réunion inaugurale.
Quant à la mise en place de la Force internationale de stabilisation (ISF), dont le déploiement est prévu à Gaza dans le cadre de la deuxième phase du plan américain visant à mettre fin définitivement à la guerre, l’Indonésie, le Maroc, le Kazakhstan, le Kosovo et l’Albanie ont accepté de déployer des troupes, a annoncé le commandant le général de division Jasper Jeffers. « L’Égypte et la Jordanie se sont engagées à former la police », a-t-il ajouté.
Selon des informations du Guardian, l’administration Trump prévoit la construction d’une grande base militaire dans le sud de la bande de Gaza pour accueillir 5 000 soldats internationaux. Cette base sera utilisée par l'ISF et couvrirait une superficie d'environ 140 hectares. Capable d’accueillir jusqu’à 5 000 soldats appartenant à la Force internationale de stabilisation, elle comprendrait plus d'une vingtaine de tours de guet, un champ de tir, des entrepôts pour le matériel militaire, ainsi qu’un réseau d’abris souterrains.
Au moment où se tenait le Conseil, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a cependant insisté sur la nécessité d'un désarmement du mouvement islamiste palestinien Hamas avant toute reconstruction de Gaza.
La rencontre a commencé par une photo de famille, tandis que résonnaient les tubes préférés de Donald Trump, allant d'Elvis Presley à James Brown. « Tout le monde aime la musique ? », a commenté le milliardaire de 79 ans, en incitant ses invités à « sourire ». Sur l'estrade, le chef de la diplomatie israélienne, Gideon Saar, s'est tenu aux côtés du Premier ministre du Qatar, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani.
Le « Conseil de paix » va « presque surveiller » l'ONU, lance Trump
Au-delà de Gaza, le « Conseil de paix » a pour mission de « garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits ». De quoi, sur le papier, faire concurrence aux Nations unies. L'ONU « a un grand potentiel » mais ne l'a « jamais réalisé », a déploré Donald Trump, qui se flatte d'avoir réglé tout seul huit conflits depuis son retour au pouvoir. Le « Conseil de paix » va « presque surveiller » l'ONU et « s'assurer qu'elle fonctionne correctement », a-t-il ajouté. Les membres permanents du « Conseil de paix » doivent verser 1 milliard de dollars pour adhérer.
Des dirigeants idéologiquement alignés sur Donald Trump, mais aussi des pays concernés par l'avenir de Gaza ou désireux de s'attirer les bonnes grâces du président américain ont rejoint l'instance. Les grands alliés traditionnels et les grands rivaux des États-Unis se sont eux abstenus dans leur majorité de rejoindre le « Conseil de paix » comme membres fondateurs.
Certains sont venus jeudi en « observateurs », comme l'Italie ou l'Allemagne. D'autres, comme la France, restent à l'écart. La Chine, invitée, n'a signalé aucune intention de participer.




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14 h 31, le 20 février 2026