L'homme d'affaires, Abbas Fawaz, candidat (hypothétique) au siège chiite de la 16e circonscription aux législatives de 2026. Photo DR
Le président de la Chambre, Nabih Berry, multiplie les signes de sa détermination à faire appliquer la loi électorale dans sa version actuelle, plus précisément l’article 112 qui limite la représentation des expatriés à une circonscription de six sièges. Après avoir personnellement ouvert le bal des candidatures au scrutin, il s’apprête à franchir un nouveau cap : Abbas Fawaz, homme d’affaires chiite établi dans plusieurs pays d’Afrique et proche de M. Berry, devrait être le premier à présenter vendredi sa candidature dans cette 16e circonscription.
« Je vais présenter ma candidature au siège chiite de la 16e circonscription conformément à la loi électorale en vigueur », dit le candidat à L’Orient-Le Jour. S’il affirme qu’il entretient une bonne relation avec le chef du législatif « grâce à l’amitié qui liait nos parents », M. Fawaz insiste sur le fait qu’il ne fait pas partie du mouvement Amal et n’a jamais pensé à « faire de la politique au Liban ». « D’ailleurs, ce n’est pas M. Berry qui m’a demandé de me lancer dans la course », assure-t-il. Une affirmation qui peine à convaincre parmi les observateurs.
Sauf que la démarche de M. Fawaz se heurte à un obstacle de taille : dans la pratique, la circonscription dans laquelle se lance ce candidat chiite... n’existe pas. Le gouvernement n’a pas émis les décrets d’application des articles relatifs au vote des Libanais de la diaspora dans la loi de 2017, arguant qu’il revient au Parlement de préciser les modalités de sa mise en œuvre du texte. Un point que le ministre de l’Intérieur, Ahmad Hajjar, avait souligné dans le décret d’ouverture du délai de dépôt des candidatures, émis il y a quelques jours. Le texte précise en effet que les candidatures concernent les 15 circonscriptions de la métropole, au vu de l’incapacité à recevoir celles pour les sièges de la diaspora.
Que peut faire donc le ministère de l’Intérieur face à la démarche de Abbas Fawaz ? « Il y a deux scénarios possibles : soit rejeter la candidature, ce qui est peu probable dans la mesure où personne ne peut priver un individu de l’exercice de son droit de se porter candidat, soit accepter la candidature dans sa forme, puis la refuser au vu de l’absence de décrets d’application de la 16e circonscription », estime Ziyad Baroud, ancien ministre de l’Intérieur.
Nabih Berry est sans doute conscient de cet obstacle. Mais cette candidature semble être sa façon de riposter à l’avis émis par la commission de législation du ministère de la Justice. La semaine dernière, celle-ci s’était prononcée en faveur du vote des expatriés pour les 128 députés de la métropole, un avis que M. Berry a tout de suite qualifié de non-contraignant.




Plus de députés ca veut dire plus de dépenses financées par les citoyens pour rien en contre-partie
12 h 04, le 20 février 2026