Un champ d’agriculture à Aïta el-Chaab, le 6 février 2026. Photo L’Orient-Le Jour/Téa Ziadé
Le ministre de l'Agriculture Nizar Hani a déclaré mardi, dans une interview accordée à l'agence de presse russe Sputnik, avoir remarqué lors de sa visite dans les villages frontaliers du Liban-Sud que les effets de la pulvérisation de glyphosate par Israël commençaient à apparaître très clairement sur les arbres et les forêts.
Des avions israéliens avaient pulvérisé au premier jour de février plusieurs villages de la région de ce puissant herbicide, notamment Aïta el-Chaab, Ramiyé et Marwahine (Bint Jbeil). L'incident avait été documenté par les habitants, qui ont ensuite alerté les autorités locales. Il a également suscité des inquiétudes quant aux effets à long terme sur les terrains agricoles et la santé de la population. Après analyse des échantillons prélevés, les ministères de l'Agriculture et de l'Environnement ont détecté des concentrations de glyphosate « 20 à 30 fois supérieures à la moyenne » dans la région, évoquant des « dommages à la production agricole » et à la « fertilité des sols ».
« La semaine dernière, je me suis rendu à Ramiyé, Beit Lif et Aïta el-Chaab, et j'ai constaté que les effets de la pulvérisation de cet herbicide commençaient à apparaître très clairement sur les arbres et les forêts », a précisé M. Hani. Il a déploré d’autres agressions sur la nature dans cette zone. « L'armée israélienne a annoncé qu'elle cherchait à établir une zone tampon entre le Liban et la Palestine occupée, et a donc mené des opérations de déblayage au bulldozer, provoquant des dégâts et abattant des arbres », a-t-il ajouté. Concernant l'étendue ciblée, le ministre a affirmé que « les premières estimations indiquent qu'elle est d'environ 400 à 500 hectares, ce qui représente une très grande superficie ».
« Nous savons également que l’épandage aérien ne peut pas être contrôlé avec précision, ce qui signifie que ces substances peuvent se répandre des deux côtés de la frontière, aussi bien en territoire libanais que de l'autre côté », a-t-il poursuivi.
S’exprimant sur les mesures prises par son ministère, M. Hani a indiqué que suite à une demande formulée en coopération avec le ministère de l’Environnement, « le gouvernement a chargé le Conseil national de la recherche scientifique (CNRS) de mener une étude approfondie sur l'ensemble de la zone ». Et d’ajouter : « Les travaux ont déjà commencé cette semaine en coopération avec l'armée et la Force intérimaire des Nations unies au Liban-Sud (Finul). Des échantillons sont prélevés afin de préparer une étude plus détaillée qui permettra de mieux orienter les agriculteurs et les municipalités de la région. »
Des dizaines de milliers d'oliviers déracinés
Le ministre a ajouté que le président de la République Joseph Aoun a chargé le ministère des Affaires étrangères de rassembler toutes les informations nécessaires en vue de déposer une plainte auprès des Nations unies, en y incluant les rapports d'évaluation de l’impact (de cette agression sur la nature), ainsi que la documentation sur les dommages causés au secteur agricole et à la couverture végétale, afin que des mesures appropriées soient prises à l’encontre de la partie israélienne.
Interrogé sur le montant total des dégâts depuis le début du conflit entre le Hezbollah et Israël en octobre 2023, M. Hani qualifié ces dégâts « d’importants » et a souligné que son administration « a préparé un rapport détaillé en coopération avec l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le CNRS, dont les conclusions montrent que des milliers d'hectares, des centaines de milliers d'oliviers et de vastes zones ont été affectés par des attaques directes, que ce soit par des bombardements au phosphore blanc ou par une destruction à l’aide de bulldozers ».
Et le ministre de poursuivre : « Plus de 70 000 oliviers anciens ont été déracinés. Certains ont été volés et transférés en territoire occupé, tandis que d'autres ont été enterrés. » M. Hani a enfin révélé l’élaboration d’ « un plan triennal visant à reconstruire le secteur agricole pour l’améliorer, avec un coût estimé à environ 800 millions de dollars, couvrant à la fois les dommages directs et les pertes » dus à la guerre.
Malgré un accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2024 après plus de 13 mois de guerre, Israël continue d'occuper plusieurs zones du Liban-Sud et de mener des frappes aériennes quasi quotidiennes.



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La politique de la terre écorchée est bien et belle poursuivie par les Israeliens qui veulent clairement vider une partie du sud de sa population et ainsi créer un fait accompli irréversible dans cette zone qu’ils veulent contrôler à tout prix pour s’assurer une ceinture de sécurité sois disant. Ça n’a pas marché dans le passé et ça ne mènera à rien cette fois ci non plus.
02 h 14, le 17 avril 2026