Un soldat libanais monte la garde à Kfar Kila, village du Liban-Sud détruit par l'armée israélienne, le 8 février lors d'une tournée du Premier ministre, Nawaf Salam. Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Quatre à huit mois. C'est le délai qu'a fixé le commandant de l'armée, le général Rodolphe Haykal, en Conseil des ministres lundi, lorsqu'il a exposé son rapport et sa vision pour la deuxième phase du plan du monopole des armes, dans le cadre duquel la troupe devra désarmer le Hezbollah et d'autres milices dans la région entre les fleuves Litani et Awali. Si l'intervalle peut sembler relativement large, à l'heure où la pression israélienne sur le Liban ne cesse de grimper, le simple fait que le patron de la troupe ait fixé un délai est déjà un pas important qui a déjoué tous les pronostics : en effet, dans les coulisses médiatiques, on évoquait la possibilité pour le général Haykal de ne proposer aucun calendrier fixe du fait d'obstacles auxquels se heurte la troupe dans sa mission. Et par obstacles, il ne s'agit pas seulement de la persistance d'Israël à maintenir les positions qu'il occupe au sud du Litani et à poursuivre ses frappes contre le Hezbollah. Il s'agit également de l'intransigeance - du moins dans la forme - du parti chiite qui refuse de coopérer et de remettre son arsenal dans cette zone. Aux yeux du Hezb, l'accord de cessez-le-feu ne concerne que le sud du Litani, et il a déjà « rempli » sa part du marché. Selon sa logique, la responsabilité incombe désormais à Israël, qui doit se retirer et cesser ses frappes.
D'ailleurs, Naïm Kassem, a, de nouveau, donné le ton lundi. Alors que le soldat en chef présentait son rapport, le chef du Hezbollah appelait le gouvernement à « renoncer » au monopole des armes. La veille, le député hezbollahi Ali Fayad avait, lui, mis en garde les ministres contre la fixation d’un « quelconque calendrier », ou la prise de « nouveaux engagements » sur le désarmement de sa formation. Sauf que cette escalade verbale ne s'est pas traduite en Conseil des ministres, où les représentants du tandem Amal-Hezbollah ont écouté Rodolphe Haykal jusqu'au bout et ne se sont pas retirés de la séance. En effet, selon nos informations, le rapport de l'armée aurait été exposé sans susciter des objections de la part des ministres chiites. Selon une source informée, ces ministres « n’ont pas adopté une attitude négative » mais ont demandé « des clarifications » de certains points.
Conférence de Paris : réunion préparatoire le 24 février au Caire
Avant même la réunion du gouvernement, le ministre du Travail, Mohammad Haïdar (Hezbollah), avait exclu dans une déclaration à L'OLJ un retrait des ministres du tandem chiite : « Comme la dernière fois, nous écouterons le chef de l’armée et aviserons durant la réunion », avait-il déclaré. Une source proche du Sérail avait indiqué de son côté que des contacts avaient été pris en amont de la réunion pour éviter des tensions. « Tout le monde est conscient que dans le contexte actuel, le Liban n’a pas le luxe de faire des caprices », a souligné cette source.
Lorsque la première phase du désarmement a pris fin (au sud du Litani), en janvier, le général Haykal avait promis de présenter sa vision pour la deuxième phase en février. Toutefois, lors de son exposé lundi, il a affirmé que des mesures ont déjà été prises au nord du fleuve et que le délai de quatre à huit mois inclut celui déjà écoulé.
Une source proche de la présidence a souligné que le chef de l’armée adopterait une « méthode douce » avec le parti chiite, qui persiste à clamer que l’accord de cessez-le-feu avec Israël ne prévoit le désarmement que dans la région frontalière. Toutefois, celui qui s'apprête à participer à une conférence de soutien à l'armée le 5 mars à Paris semble avoir reçu un appui international à son action, ce qui l'aurait encouragé à fixer un délai pour le désarmement. La réunion du gouvernement est en effet intervenue alors que Rodolphe Haykal vient de rentrer de Munich, où il a assisté à la Conférence sur la sécurité et a rencontré plusieurs chefs d'état-major d'autres pays, pour des discussions portant sur les moyens de soutenir l'armée dans ses missions. Avant cela, il s'était rendu en Arabie saoudite après une étape importante et « concluante » à Washington. « Le soutien américain à l’armée se poursuivra. L’administration est convaincue que la troupe doit être encouragée et soutenue », avait commenté pour notre journal David Schenker, ancien secrétaire d’État adjoint aux Affaires du Proche-Orient sous le premier mandat de Donald Trump. Selon nos informations, la troupe reçoit déjà des équipements et des aides en nature d’une valeur annuelle avoisinant 150 millions de dollars. Une enveloppe qui pourrait doubler dans la période à venir.
En amont de la conférence de Paris, une réunion préparatoire aura lieu le 24 février au Caire, a appris L'OLJ. Les ambassadeurs à Beyrouth des pays du quintette (États-Unis, France, Arabie saoudite, Qatar et Égypte) devraient y participer ainsi qu’un représentant du commandement de l’armée.


Methode DOUCE ou methode DURE il faut qu,elle soit accomplie dans les deux mois Mars et Avril. Point de miliciens armes aux URNES ! SI on a besoin d,un peu plus de temps pour la methode DOUCE, la plus souhaitee, il faut remettre les Legislatives a plus tard pour donner a nos FRERES CHIITES le temps s,organiser en partis nationaux.
10 h 20, le 17 février 2026