Un Libanais venant rendre visite à un détenu à la prison de Roumié, au nord-est de Beyrouth, le 7 avril 2006. Ramzi Haidar/AFP
Le chef de l'Etat Joseph Aoun s'est dit jeudi en faveur d'une « accélération des procès » plutôt que d'une loi d'amnistie générale, alors que le sort des détenus islamistes incarcérés dans les prisons libanaises est au cœur des débats ces dernières semaines.
Dans ses propos, tenus en marge d'une rencontre avec une délégation du « Mouvement des jeunes du Liban » au palais de Baabda, M. Aoun a affirmé que « la surpopulation carcérale ne se résout pas par une amnistie générale, mais en accélérant les procès, en statuant sur le sort des détenus et en rendant justice aux victimes », soulignant que « personne n'était au-dessus des lois »
La question de l'amnistie générale est revenue sur le devant de la scène après qu'un accord officiel a été signé vendredi dernier entre le Liban et la Syrie, prévoyant le transfert d'environ 300 détenus syriens condamnés et incarcérés dans les prisons libanaises surpeuplées. Ce premier arrangement intervient dans un contexte où Damas réclame l'extradition de l'intégralité des Syriens incarcérés dans les geôles libanaises, y compris ceux poursuivis pour des accusations de meurtre contre des soldats libanais.
Le député de Tripoli Fayçal Karamé a de nouveau appelé mercredi à ce qu'une loi d'amnistie soit promulguée afin de résoudre « l'injustice » faite à ces détenus incarcérés depuis de longues années sans procès et qui sont, selon lui, « otages de la négligence et du report permanent » de leur jugement.
Selon des chiffres obtenus en septembre 2025 par L'Orient-Le Jour, plus de 80 % des détenus au Liban n’ont toujours pas été jugés, alors que près d'un tiers des plus de 6 000 prisonniers que compte officiellement le Liban sont des ressortissants syriens. Concernant les détenus islamistes, 55 % d’entre eux sont maintenus en prison sans décision judiciaire. Mohammad Sablouh, avocat chargé de la défense de plusieurs d’entre eux, indiquait en février 2025 qu'il y aurait 350 détenus islamistes en tout, dont 180 libanais et 170 syriens.
Avec une capacité maximale fixée à 4 760 places, les centres pénitenciers du Liban affichent ainsi un taux de surpopulation d’au moins 180 %. Un taux grimpant à près de 300 % pour la prison de Roumié (Metn), la plus grande du pays.


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