Le vice-président du Conseil Tarek Mitri ( à droite ) aux côtés du ministre syrien de la Justice, Mazhar al-Wais, au Grand Sérail, à Beyrouth, le 6 février 2026. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Le Liban et la Syrie ont officiellement signé vendredi l'accord portant sur le transfert d'environ 300 détenus syriens qui ont été condamnés et sont incarcérés dans les prisons libanaises surpeuplées, a annoncé le vice-président du Conseil Tarek Mitri aux côtés du ministre syrien de la Justice, Mazhar al-Wais, depuis le Grand Sérail à Beyrouth.
Piloté depuis septembre par M. Mitri, le dossier du transfert des détenus syriens a abouti à l’adoption d’un accord sur le rapatriement des ceux d'entre eux qui sont condamnés au Liban vers leur pays de nationalité. Selon ses termes, environ 300 Syriens pourraient être concernés, sur un total d’environ 2 250 incarcérés au Liban. Cet accord, approuvé la semaine dernière par le gouvernement, est une demande de Damas dans le cadre des discussions entre les deux pays pour améliorer leurs relations.
Après la signature officielle de ce texte, M. Mitri a souligné qu'il était « le fruit d’efforts soutenus et l’expression d’une volonté politique commune affirmant que les relations libano-syriennes reposent sur la confiance et le respect mutuel ». Il a également ajouté que cet accord « constitue une première étape, et non la dernière, ouvrant la voie à un processus plus large visant à régler la question des détenus syriens dans les prisons libanaises. »
Des « complexités existantes »
De son côté, le ministre syrien Mazhar al-Wais a fait état de progrès dans le traitement de plusieurs dossiers judiciaires sensibles, malgré « les complexités existantes ». Il a notamment indiqué que « des mesures avaient été prises concernant le dossier des disparus ayant passé de longues périodes en détention » en Syrie, tout en précisant que « les autorités syriennes travaillent à l’élaboration d’un calendrier pour traiter le cas des détenus qui ne sont pas inclus dans l’accord actuel ». M. al-Wais a enfin estimé que les avancées réalisées constituent « une étape importante sur la voie de la justice », à travers le règlement de la situation des détenus condamnés. Interrogé sur le nombre de personnes concernées par l’accord, le ministre al-Wais a précisé qu'il s'agissait d'« environ 300 détenus. »
Le point principal de l’accord prévoit que le transfert des détenus se limite aux personnes déjà jugées, à condition que celles d’entre elles qui ont été condamnées pour les crimes les plus graves, comme les viols et les meurtres, aient purgé plus de dix ans de leur peine au Liban. Sont donc exclus les prisonniers syriens en attente de jugement, bien que lors des premiers pourparlers, la Syrie réclamait également leur transfert. Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad el-Chaïbani, avait, dans ce cadre, rencontré en octobre, à Beyrouth, plusieurs hauts responsables libanais, dont son homologue Joe Raggi et le président Joseph Aoun, pour obtenir le transfert de tous les détenus syriens au Liban. En concomitance, le ministre syrien de la Justice s’était réuni avec M. Mitri, ainsi qu’avec son homologue libanais Adel Nassar, pour traiter également du dossier des détenus.
L’accord prévoit également la réciprocité pour les Libanais condamnés en Syrie et impose des conditions strictes, notamment l’accord écrit du détenu et la présentation des documents judiciaires attestant de la condamnation et de la durée de la peine. La convention, composée de 18 articles, entrerait en vigueur 30 jours après sa signature par les deux parties.



