Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’exprime lors de la 80e Assemblée générale des Nations unies (AGNU), au siège de l’ONU à New York, aux États-Unis, le 26 septembre 2025. Photo REUTERS/Jeenah Moon/Photo d’archives
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, isolé sur la scène internationale et lancé dans une difficile campagne pour sa réélection, prend la parole à la tribune de l'ONU jeudi, où il ne manquera pas de pourfendre l'institution et ses opposants.
Le conflit israélo-palestinien sera au centre de cette troisième journée de débats à l'Assemblée générale de l'ONU à New York, devant laquelle interviendra également le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. Par vidéoconférence faute d'avoir obtenu un visa des Etats-Unis, comme l'an passé.
M. Netanyahu devrait livrer un discours combatif, comme il en a l'habitude ces dernières années à l'ONU, pourfendant une institution qu'il accuse de dénigrer Israël et dénonçant l'ennemi juré iranien. Il devrait aussi évoquer le cas du soldat israélien grièvement blessé dans une attaque à la voiture-bélier mercredi en Cisjordanie occupée, fils de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis Yechiel Leiter.
M. Netanyahu a aussi promis de « dire la vérité » au sujet du nouveau maire de New York, Zohran Mamdani, qu'il accuse de soutenir le Hamas. « Je viens à l'ONU, je vais dire la vérité sur nos soldats héroïques et je vais dire la vérité à votre sujet », a-t-il déclaré avant son voyage. M. Mamdani, qui fait partie de l'aile gauche du Parti démocrate et est un militant de longue date de la cause palestinienne, accuse le Premier ministre israélien de « génocide ».
Plus tôt cette année, le maire de New York avait déclaré qu'il envisageait d'arrêter l'Israélien lors du sommet de l'ONU, avant d'admettre par la suite qu'il n'était pas en mesure d'exécuter un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) visant le Premier ministre pour crimes de guerre et contre l'humanité.
En campagne en vue des législatives du 27 octobre, le Premier ministre israélien doit faire un déplacement éclair à New York. Il a largement axé sa campagne sur les enjeux sécuritaires.
M. Netanyahu, à la tête du gouvernement le plus à droite de l'histoire d'Israël, a lancé son pays dans une guerre sur plusieurs fronts (Gaza, Liban, Syrie, et Iran) et intensifié la colonisation en Cisjordanie occupée, où les violences de colons se sont multipliées, depuis l'attaque sanglante menée par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.
« Absurdité grotesque »
Privée de son dirigeant, la mission palestinienne à l'ONU devrait quitter l'enceinte au moment de son allocution, comme elle l'a fait l'année dernière, accompagnée par d'autres délégations.
Plusieurs dirigeants étrangers, dont le président français Emmanuel Macron, ont profité de la tribune de l'ONU cette semaine pour critiquer la politique menée par M. Netanyahu. Le président français a ainsi déploré la situation humanitaire à Gaza. « Quelle est notre crédibilité si nous continuons de rester inactifs face à Gaza ? », a-t-il lancé, critiquant par ailleurs les agissements israéliens en Cisjordanie, où, a-t-il dit, le « Hamas n'a jamais sévi ».
La réplique d'Israël a été cinglante, dénonçant l'« absurdité grotesque » des propos de M. Macron.
L'an dernier à l'ONU, la France et l'Arabie saoudite avaient été les fers de lance de la reconnaissance d'un Etat de Palestine, dans l'espoir de faire avancer la solution à deux Etats, qui paraît sur le terrain de plus en plus incertaine. De nombreux pays occidentaux dont le Canada, la France et le Royaume-Uni, dénoncent depuis des mois l'expansion des colonies israéliennes en Cisjordanie et ont imposé des sanctions contre Israël.
Le secrétaire général sortant de l'ONU, Antonio Guterres, a lui évoqué mardi dans son discours « le spectre d'un nettoyage ethnique » dans ce territoire palestinien. Les Etats-Unis refusent de leur côté d'apparaître publiquement comme critiquant Israël mais disent s'opposer aux violences et à toute annexion de ce territoire palestinien par Israël.
Interrogé par l'AFP mercredi, le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, a souligné que « la dernière chose dont Israël ou la région ont besoin, c'est une crise supplémentaire ou d'un point de friction additionnel ». L'une des premières mesures prises par Donald Trump après son retour à la Maison Blanche a été de lever les sanctions contre les colons.
À quoi peut ressembler une hégémonie israélienne au Liban ?