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Économie - Diplomatie

Réciprocité, exceptions : Beyrouth et Damas rouvrent leur frontière aux camions... pour une semaine

Les camions en provenance de Syrie seront soumis au même processus de déchargement à leur entrée au Liban, et des exceptions sont prises en considération sur base de la nature des marchandises.

Réciprocité, exceptions : Beyrouth et Damas rouvrent leur frontière aux camions... pour une semaine

Une file interminable de véhicules au passage frontalier de Masnaa entre le Liban et la Syrie, le 9 décembre 2024. Photo Mohammad Yassine/L’Orient-Le Jour

La circulation des camions entre la Syrie et le Liban reprendra « pendant une semaine » à compter du vendredi 13 février et sous certaines conditions, « le temps de parvenir à un accord sur un nouveau mécanisme d'organisation » de l'entrée des poids lourds libanais en territoire syrien.

Ce « mécanisme transitoire », basé sur la réciprocité, est le résultat de discussions jeudi entre les délégations libanaise et syrienne, réunies à Masnaa, après la décision du ministre syrien des Transports, mardi, d’interdire aux poids-lourds des pays voisins de passer en Syrie, les obligeant à décharger leurs cargaisons à Jdeidet Yabous, pour les transférer dans des camions syriens, rapporte un communiqué conjoint que s'est procuré notre correspondante dans la Békaa, Sarah Abdallah. Quelque 700 camions syriens et 170 camions libanais étaient bloqués aux frontières dans les deux sens.

Réciprocité et exceptions

Dans le détail, « une fois arrivés dans l'enceinte des postes-frontières syriens, les camions en provenance du Liban devront décharger leurs marchandises ». « Ils chargeront alors des marchandises à destination du Liban transportées jusqu'aux postes-frontières par des poids-lourds syriens ». Ce même principe sera appliqué aux transporteurs syriens durant toute la durée de l'arrangement. Selon le communiqué, quelques marchandises sont exemptées de ce procédé, dont celles transportées dans des citernes, les substances dangereuses, le ciment et les matières premières pour sa fabrication, ainsi que tout produit qui n'autorise pas de transbordement, les médicaments plus particulièrement.

Cette décision intervient au second jour de pourparlers, après la rencontre mercredi entre les délégations des deux pays voisins, au poste-frontalier de Jdeidet Yabous, au Liban-nord. Elle a permis de rétablir la circulation aux passages frontaliers, qui avaient été bloqués par les files interminables de camions en attente d'une autorisation de passage, toujours selon notre correspondante.

Nouvelle réunion libano-syrienne le 19 février

Les deux parties ont aussi autorisé tous les camions syriens et libanais retenus à un passage frontalier pour cause de blocage, à repasser la frontière à la condition d'avoir déchargé leurs cargaisons, et que cette régularisation ne soit pas considérée comme un précédent. Elles ont convenu de se réunir de nouveau le 19 février prochain, pour évaluer la situation, avant d'amender, d'élargir ou de mettre fin au processus.

La rencontre à Masnaa a vu la participation, côté libanais, de représentants de la direction générale du transport terrestre et maritime au sein du ministère des Transports, du ministère de l'Agriculture, de la Sûreté générale, des douanes, et de syndicats des transports, des syndicats de transports en transit. La partie syrienne était elle, représentée notamment par le directeur du passage frontalier de Jdeidet Yabous, Ahmed Khatib, des représentants des douanes et des instances portuaires en Syrie et du responsable des douanes.

Cette volonté d'une réciprocité entre la décision prise par Damas et l'application d'un mécanisme similaire au Liban avait été exprimée la veille par le ministre libanais des Transports, Fayez Rassamny, avant l'ouverture des discussions mercredi, une position considérée comme « ferme » par le président de l'Union nationale des agriculteurs, Ibrahim Tarchichi. Ce dernier avait estimé que cette position libanaise aurait fait fléchir le ministre syrien des Transports et provoqué la réunion de mercredi à Jdeidet Yabous.

Selon lui, une vingtaine de camions syriens entrent chaque jour au Liban, contre une centaine de camions libanais passant en Syrie. Il a estimé que selon lui les autorités syriennes s'attendaient « à ce que cette décision injuste passe sans réaction libanaise notable », ce qui n'a pas été le cas cette fois-ci. Pour les camions libanais transportant des marchandises, notamment agricoles, vers le Golfe, la Syrie constitue un passage obligé, vu qu’il s’agit là de la seule frontière ouverte, étant donné l’état de guerre avec Israël. Les répercussions sur l’agriculture et les exportations agricoles sont donc considérables.

Par ailleurs, jeudi après-midi, l'armée a annoncé la fermeture de deux points de passages informels situés dans le Akkar et la Békaa. « Dans le cadre de la lutte contre les opérations d’infiltration et de contrebande à travers les frontières nord et est, une unité de l’armée a fermé des points de passage illégaux dans les zones de 'Martissa' et 'Mikyal Farah', dans le Akkar et la Békaa-Nord », a déclaré la troupe.

La circulation des camions entre la Syrie et le Liban reprendra « pendant une semaine » à compter du vendredi 13 février et sous certaines conditions, « le temps de parvenir à un accord sur un nouveau mécanisme d'organisation » de l'entrée des poids lourds libanais en territoire syrien.Ce « mécanisme transitoire », basé sur la réciprocité, est le résultat de discussions jeudi entre les délégations libanaise et syrienne, réunies à Masnaa, après la décision du ministre syrien des Transports, mardi, d’interdire aux poids-lourds des pays voisins de passer en Syrie, les obligeant à décharger leurs cargaisons à Jdeidet Yabous, pour les transférer dans des camions syriens, rapporte un communiqué conjoint que s'est procuré notre correspondante dans la Békaa, Sarah Abdallah. Quelque 700 camions syriens...
commentaires (1)

@ l'olj. Merci de faire votre travail et préciser si les autres pays frontaliers de la Syrie : L'Irak, La Jordanie et la Turquie sont dans le meme cas. C'est le minimum pour que l'on comprenne les motivations des autorités syriennes.

Moi

14 h 37, le 13 février 2026

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Commentaires (1)

  • @ l'olj. Merci de faire votre travail et préciser si les autres pays frontaliers de la Syrie : L'Irak, La Jordanie et la Turquie sont dans le meme cas. C'est le minimum pour que l'on comprenne les motivations des autorités syriennes.

    Moi

    14 h 37, le 13 février 2026

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