Une file de voitures au passage frontalier de Masnaa, entre le Liban et la Syrie. Photo d'archives ANI
Le poste-frontière de Masnaa, à la frontière avec la Syrie, a été fermé à la circulation des camions libanais dans la nuit de lundi à mardi et également dans la journée de mardi, après que les douanes syriennes ont interdit aux camions non syriens d’entrer dans le pays par voie terrestre, rapporte notre correspondante dans la région Sarah Abdallah.
Des propriétaires de camions frigorifiques ont bloqué ce matin le poste-frontière pour protester contre la décision des autorités syriennes de les obliger à décharger leur cargaison à Jdeidet Yabous pour la transférer dans des camions syriens. Les manifestants ont contesté cette décision, appelant à l'application du principe de réciprocité, en particulier après le retard pris par les autorités libanaises dans leur communication avec les autorités syriennes. A l'issue d'une réunion en début d'après-midi, le syndicat des chauffeurs de camions frigorifiques a annoncé son refus de lever son sit-in et de continuer à bloquer l'entrée de la zone douanière de Masnaa jusqu'à ce que le ministère libanais des Travaux accepte la recommandation de traiter les camions syriens de la même manière.
Le secteur des transports terrestres et maritimes indigné
Dans ce contexte, une réunion élargie s'est tenue mardi à la Direction générale des transports terrestres et maritimes, en présence, entre autres, de représentants des syndicats et associations du secteur des transports terrestres, des exportateurs, des agents maritimes, du ministère de l'Agriculture et le directeur de l'Administration des transports terrestres, Tony Assaf, afin d'examiner les répercussions de la décision prise par les autorités syriennes. Les participants ont convenu que celle-ci a « entraîné un déséquilibre manifeste dans le transport routier entre les deux pays, ce qui a eu des répercussions négatives sur le secteur du transport routier libanais, les entreprises de transport et de transit, ainsi que sur les chauffeurs et les travailleurs de ce secteur, sans oublier les exportateurs libanais ». Ils ont également appelé le ministre des Transports et des Travaux publics, Fayez Rassamny, à « prendre les mesures appropriées pour protéger le secteur, notamment en adoptant le principe de réciprocité dans la réglementation de l'entrée des camions syriens sur le territoire libanais ».
Le directeur général des transports terrestres et maritimes, Ahmed Tamer, a affirmé être « prêt à organiser une réunion immédiate réunissant les syndicats et associations concernés et les responsables syriens, afin de mener des négociations directes et d'activer les canaux de communication, soulignant son ouverture à toute solution positive permettant un règlement rapide et efficace ».
De son côté, le président du syndicat des transporteurs routiers, Bassam Tleiss, a souligné que les syndicats et parties concernées soutiendraient le gouvernement libanais dans toute décision prise pour protéger le secteur. Il a exprimé son espoir de parvenir à une solution par la voie diplomatique, se déclarant ouvert à une révision complète entre les deux parties qui garantirait l'équilibre et préserverait les droits.
L’Autorité générale syrienne des passages frontaliers et des douanes avait publié vendredi une décision régulant le trafic de marchandises et de transport par les frontières terrestres et les ports maritimes. Conformément à cette mesure, « les camions non syriens ne seront pas autorisés à entrer en territoire syrien via les passages terrestres ». Le transfert des marchandises entre les camions syriens et non syriens doit avoir lieu dans l’enceinte douanière de chaque passage, selon les procédures établies, à l’exception des camions en transit.
Le lendemain de cette décision, Bassam Tleiss, ainsi que le président de l’Union nationale des agriculteurs Ibrahim Tarchichi, ont appelé à des discussions urgentes entre Beyrouth et Damas, dénonçant l'impact direct et négatif de cette décision sur le secteur.
Des pourparlers « en cours »
Plus tard mardi, des responsables des ministères libanais et jordanien du Transport ont indiqué à l'AFP que le Liban et la Jordanie ont entamé séparément « des pourparlers » avec la Syrie pour trouver une solution.
Des pourparlers « sont en cours » avec la Syrie, a affirmé à l'AFP Ahmad Tamer, un responsable du ministère libanais du Transport et des Travaux publics, en exprimant l'espoir d'une prochaine rencontre avec la partie syrienne « pour trouver une solution ».
Quelque 500 camions libanais entrent d'ordinaire chaque jour en Syrie, a-t-il précisé.
« Nous attendons une réponse de la partie syrienne à propos de l'autorisation des camions étrangers à entrer en Syrie », a pour sa part précisé à l'AFP le porte-parole du ministère jordanien du Transport, Mohammad al-Doueiri, évoquant également « des pourparlers en cours ». Selon lui, environ 250 camions jordaniens entrent quotidiennement en Syrie.
La décision visait à « organiser le flux de marchandises à travers les points de passage », a expliqué à l'AFP une source de l'Autorité générale des frontières et des douanes syriennes.

