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Société - Développement

Immeubles menacés : après Tripoli, Beyrouth et Saïda sous pression

Les zones les plus à risque dans la capitale sont les quartiers de Khandak el-Ghamik, Bachoura ou encore Basta, selon la présidente de la Commission nationale de l’immobilier, Indira al-Zouhairi,

Immeubles menacés : après Tripoli, Beyrouth et Saïda sous pression

Une femme accoudée à la fenêtre d'un immeuble délabré du quartier de Bab al-Tebbané, à Tripoli, dans le nord du Liban, le 9 février 2026. Photo Anwar AMRO / AFP

Le dossier des bâtiments menacés d'effondrement continue de faire des remous au Liban. Alors que les effondrements d'immeubles et appels à évacuation se sont multipliés dernièrement dans la ville de Tripoli, au Liban-Nord, des appels ont été lancés afin de prendre ce dossier en charge dans les autres grandes villes du pays, à l'instar de Beyrouth et de Saïda, où des bâtiments à risque sont également recensés.

Le député de Beyrouth Fouad Makhzoumi a ainsi appelé jeudi à traiter le dossier des immeubles vétustes de la capitale. « Après la tragédie de Tripoli, nous ne pouvons plus attendre (…) Une étude de 2019 a recensé 187 bâtiments anciens et délabrés à Beyrouth qui représentent un danger pour la sécurité publique », a écrit l'élu sur la plateforme X. « Le président de la municipalité de Beyrouth avait déjà commencé à suivre ce dossier et à se coordonner avec le mohafez (gouverneur) de la ville. Lors de notre échange aujourd'hui, il m'a confirmé que les procédures ont été accélérées », a déclaré M. Makhzoumi. Il a également appelé à actualiser les chiffres sur les immeubles vétustes dans la capitale, se disant prêt à contribuer à toute « action préventive pour la sécurité des Beyrouthins ».

Contactés, ni le président de la municipalité de Beyrouth, Ibrahim Zeidan, ni Fouad Makhzoumi n'étaient disponibles pour plus de détails. Par ailleurs, un proche de la Fondation Makhzoumi, qui s'occupe de projets à caractère humanitaire, a indiqué que la fondation a réussi à lever 100 000 dollars d'aides pour les sinistrés de Tripoli.

Des centaines de bâtiments menacés d'effondrement

Interrogée par L'Orient-Le Jour sur la situation des bâtiments vétustes dans la capitale, la présidente de la Commission nationale de l’immobilier, Indira al-Zouhairi, estime que les chiffres sont désormais « beaucoup plus élevés » que ceux avancés par M. Makhzoumi et datant de 2019. « Les zones les plus à risque dans la capitale sont les quartiers de Khandak el-Ghamik, Bachoura ou encore Basta. Mais des bâtiments dans la banlieue sont aussi en danger, comme à Bourj Hammoud. Sans compter le cas de la banlieue sud de Beyrouth, violemment bombardée pendant des mois en 2024 », indique-t-elle.

« Le problème est qu'il n'y a pas de recensement officiel à ce sujet. Des centaines de bâtiments sont en péril, dont des bâtiments à caractère traditionnel. Plusieurs facteurs sont en cause, à savoir la négligence et le manque d'entretien, accentués par la crise économique », explique-t-elle. D'autre part, la solidité de certains bâtiments a été affectée par les explosions du port en 2020, le séisme qui a touché la région en février 2023, ainsi que les bombardements israéliens en 2024, poursuit Mme Zouhairi. Elle rappelle en outre qu'une étude parue en 2017 recensait 10 000 bâtiments menacés dans la capitale. Une étude, menée par l'armée libanaise au lendemain des explosions du port de Beyrouth et couvrant une partie de la capitale, avait signalé 85 744 habitations à risque, ajoute-t-elle.

À Saïda, un plan d'urgence

Dans la ville de Saïda, au Liban-Sud, où de nombreuses habitations vétustes sont recensées, la municipalité a lancé, jeudi, un plan d'urgence de 60 jours pour la réhabilitation de ces bâtisses, en collaboration avec des ingénieurs de la région, selon notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah. Ce plan d'action intensif de 60 jours vise à constituer une base de données scientifiques exhaustive des bâtiments à risque, notamment dans la vieille ville et les zones densément peuplées. Ce plan vise à terme à protéger les bâtiments menacés et à fournir un dossier de financement prêt à être soumis aux donateurs. Les participants ont également établi un protocole d'urgence pour faire face à tout effondrement soudain, garantissant ainsi la protection juridique de la municipalité et une intervention rapide auprès des personnes touchées.

Depuis le début de l’hiver, plusieurs évacuations et effondrements ont eu lieu à Tripoli, chef-lieu du Liban-Nord, principalement à cause de la négligence et du manque d’entretien des bâtiments. En janvier dernier, un père et sa fille ont trouvé la mort lors de l'effondrement d'un immeuble, qui avait fait la Une au Liban. Les autorités ont à plusieurs reprises alerté sur le risque croissant d’effondrements dans la ville, la plus pauvre du pays, où les infrastructures se dégradent dans un contexte de pénurie chronique de financements. Mardi, la municipalité a procédé à l’évacuation immédiate de l’immeuble Kabbara, dans le quartier de Kobbé. De nouveaux appels à évacuer ont été lancés jeudi, notamment dans les quartiers de Tebbané et Kobbé, rapporte notre correspondant au Liban-Nord, Michel Hallak. Le suivi est assuré sur le terrain par une équipe d'ingénieurs rattachés à la municipalité, ainsi que par les Forces de sécurité intérieure (FSI). Le directeur général de la Défense civile a par ailleurs mis une équipe de secouristes à disposition dans la ville.

Face à cette situation, le gouvernement de Nawaf Salam a décidé lundi, à l’issue d’une réunion d’urgence, d’ordonner l’évacuation de 114 bâtiments à risque à Tripoli dans un délai d’un mois, en prenant en charge les frais de logement des habitants concernés. Dans ce cadre, le bureau du Premier ministre a publié un communiqué jeudi, indiquant que 16 bâtiments avaient été évacués à Tripoli et 161 familles déplacées de ces immeubles. Pour 46 familles ayant exprimé le besoin, des centres d’accueil temporaires ont été mis à disposition. Des travaux de renforcement ont également été entamés pour 7 bâtiments jugés réparables selon les rapports techniques.

Le dossier des bâtiments menacés d'effondrement continue de faire des remous au Liban. Alors que les effondrements d'immeubles et appels à évacuation se sont multipliés dernièrement dans la ville de Tripoli, au Liban-Nord, des appels ont été lancés afin de prendre ce dossier en charge dans les autres grandes villes du pays, à l'instar de Beyrouth et de Saïda, où des bâtiments à risque sont également recensés.Le député de Beyrouth Fouad Makhzoumi a ainsi appelé jeudi à traiter le dossier des immeubles vétustes de la capitale. « Après la tragédie de Tripoli, nous ne pouvons plus attendre (…) Une étude de 2019 a recensé 187 bâtiments anciens et délabrés à Beyrouth qui représentent un danger pour la sécurité publique », a écrit l'élu sur la plateforme X. « Le président de la...
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