Des manifestants à Saïda en soutien aux détenus islamistes libanais en prison, le vendredi 6 février. Photo Mountasser Abdallah/L'Orient-Le Jour
Des manifestations et sit-in en soutien aux détenus islamistes libanais en prison ont eu lieu vendredi dans les villes de Saïda et Tripoli ainsi que dans la Békaa, rassemblant quelques dizaines de personnes. Ces mobilisations interviennent alors qu'un accord officiel a été signé le jour même entre le Liban et la Syrie, prévoyant le transfert d'environ 300 détenus syriens condamnés et incarcérés dans les prisons libanaises surpeuplées.
À Saïda, le rassemblement, organisé à l'appel des familles des détenus et des jeunes de la mosquée Bilal Ibn Rabah, s'est tenue en présence du vice-secrétaire général de la Jamaa islamiya au Liban, Bassam Hammoud, , rapporte notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah. Placée sous le slogan « Oui à la libération des frères syriens, non à la pérennisation de l’injustice envers les détenus libanais », la mobilisation s'est déroulée alors que des prisonniers ont entamé leur deuxième semaine de grève de la faim pour réclamer une amnistie générale, sur fond de surpopulation carcérale.
Un sit-in s'est également tenu au rond-point de la mosquée Bahaa Hariri, à l’entrée nord de Saïda. Les manifestants y ont brandi des portraits du cheikh Ahmad el-Assir ainsi que des banderoles réclamant sa libération et celle de ses compagnons, selon notre correspondant. Arrêté en 2015 pour avoir mené des combats meurtriers en 2013 contre l’armée libanaise à Abra, dans la banlieue de Saïda, le cheikh Assir a été condamné à mort pour ces faits, et condamné à 20 ans de travaux forcés par le tribunal militaire pour d’autres combats au Liban-Nord. Les combats s'étaient déroulés sur fond d'intervention du Hezbollah en Syrie aux côtés du régime de Bachar el-Assad, et de fortes tensions entre sunnites et chiites au Liban.
Les intervenants au rassemblement à Saïda ont salué l’accord portant sur la libération des détenus syriens et leur remise aux autorités syriennes, tout en s'interrogeant sur le fait que des détenus syriens soient libérés tandis que les Libanais restent emprisonnés, « alors qu’ils ont été arrêtés dans le cadre du même dossier ». À l’issue du sit-in, les participants ont défilé en cortège, scandant des slogans à caractère islamique appelant à une amnistie générale et à la « purification » des prisons. À Tripoli, lors du sit-in, un dignitaire religieux a appelé à mettre un terme à « l'injustice », et s'est félicité de la libération des 300 détenus syriens.
D'autres manifestations se sont également tenues dans plusieurs régions de la Békaa, notamment dans les villes de Baalbeck, Hermel et de Ersal. À Baalbeck, des habitants ont bloqué la route internationale à l’entrée sud de la ville, près du rond-point de Jabali, tandis que la mobilisation à Hermel et à Ersal s'est concentrée devant les bâtiments officiels locaux. Les protestataires y ont, eux aussi, dénoncé une « justice sélective » et réclamé une « égalité de traitement » entre détenus libanais et syriens, l’adoption rapide d’une loi d’amnistie générale et inclusive, et la fin des détentions prolongées sans jugement, appelant l’État libanais à assumer ses responsabilités dans ce dossier humanitaire et social.
La question des détenus islamistes au Liban est revenue en force sur le devant de la scène depuis l'arrivée au pouvoir à Damas d’une coalition rebelle menée par Ahmad el-Chareh, ayant renversé le régime Assad en décembre 2024.



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