Le port de Beyrouth après l'explosion du 4 août 2020. Archives AFP
Les autorités libanaises ont réalisé des progrès initiaux en 2025 en matière de réformes promises par le président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam, mais les violations des droits humains ont persisté et l’impunité demeure, a déclaré Human Rights Watch dans son Rapport annuel 2026, publié mercredi.
L’organisation souligne que les autorités libanaises n’ont pas rendu justice aux victimes de l’explosion au port de Beyrouth en 2020, ni aux victimes de présumés crimes de guerre. « Les agences de sécurité et le procureur général ont continué de harceler des militants, des journalistes et des opposants au gouvernement en les convoquant pour interrogatoire en réponse à leurs critiques », indique le document.
Human Rights Watch note également que la commission parlementaire de l’Administration et de la Justice a entamé le 27 mai 2025 l’examen d’une nouvelle loi sur les médias. Bien que le projet comprenne des « avancées importantes » pour protéger la liberté d’expression, l’organisation alerte sur le fait que certaines modifications proposées pourraient réintroduire la détention provisoire pour des expressions pacifiques.
Réagissant à ce rapport, le député des Forces libanaises Georges Adwan, président de la commission, a rejeté cette dernière critique. Dans un communiqué publié mercredi, il a affirmé que la version approuvée par la commission n’autorise pas la détention provisoire pour des délits liés à l’expression pacifique. M. Adwan a cité l’article 122 du projet de loi, qui stipule que « la détention préventive n’est pas permise pour les crimes commis par l’ensemble des médias et moyens électroniques prévus dans la présente loi, quel que soit le statut ou la profession de l’auteur ».
Le rapport de HRW a également critiqué le gouvernement pour son absence de mesures effectives concernant l’obligation de rendre des comptes à la suite des attaques israéliennes contre des journalistes. Human Rights Watch rappelle que le 9 octobre, le Conseil des ministres avait chargé le ministère de la Justice d’étudier les possibilités de recours juridiques après de telles attaques pendant la dernière guerre, mais qu’aucune mesure concrète n’a été prise depuis.
Des lacunes en matière de responsabilité
Après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en novembre 2024, les forces israéliennes ont tué plus de 330 personnes au Liban, dont au moins 127 civils, jusqu’en octobre 2025, souligne le document. Au moins 64 000 personnes demeurent déplacées.
« La population du Liban fait toujours face à des obstacles pour obtenir justice, droits sociaux et économiques, et le droit à la liberté d’expression », a déclaré Ramzi Kaïss, chercheur sur le Liban pour Human Rights Watch. « Les autorités doivent transformer les réformes promises en réalité tangible. » M. Kaïss a ajouté que, bien que des responsables libanais aient entamé des discussions sur l’obligation de redevabilité concernant d’éventuelles violations israéliennes du droit de la guerre, « ils n’ont pas encore pris de mesures concrètes pour demander des comptes à Israël ».
Malgré la reprise de l’enquête sur l’explosion au port de Beyrouth le 4 août 2020, les autorités libanaises n’ont toujours pas rendu justice aux victimes et à leurs familles, précise enfin le rapport.



Le droit de quoi? De Qui? Ah bon…
14 h 37, le 06 février 2026