Un drapeau libanais flottant dans le village de Chebaa, au Liban-Sud, face à la position militaire israélienne connue sous le nom de « Radar », près des fermes occupées de Chebaa, le 23 juillet 2025. Photo Matthieu Karam/L'Orient-Le Jour
Les ministères de l'Agriculture et de l'Environnement ont annoncé mercredi en fin d'après-midi que la substance chimique pulvérisée dimanche par l'aviation israélienne au-dessus de plusieurs villages frontaliers du Liban-Sud était du glyphosate à très haute concentration. « La concentration de certains échantillons varie entre vingt et trente fois les niveaux habituellement admis », précisent-ils dans un communiqué. Le président de la République Joseph Aoun avait condamné plus tôt en journée la pulvérisation par des avions israéliens « de substances toxiques » y voyant « une violation flagrante de la souveraineté libanaise, ainsi qu’un crime environnemental et sanitaire à l’encontre des Libanais et de leurs terres ».
Les avions israéliens avaient pulvérisé cette substance sur plusieurs villages de la région, notamment Aïta el-Chaab, Ramiyé et Marwahine, dans le caza de Bint Jbeil. L'incident a été documenté par des habitants, qui ont alerté les autorités. La ministre de l'Environnement Tamara ElZein a demandé lundi à l'armée libanaise de prélever des échantillons pour analyse. « Les résultats des analyses en laboratoire ont montré que la substance pulvérisée est l’herbicide glyphosate qui risque d’endommager le couvert végétal dans les zones ciblées, avec des répercussions directes sur la production agricole, la fertilité des sols et l’équilibre écologique », a souligné le communiqué conjoint des deux ministères, à la suite du prélèvement d’échantillons dans les zones affectées.
Les ministères ont qualifié cette pulvérisation de « violation flagrante de la souveraineté nationale, sous les yeux de la communauté internationale », et d'« acte hostile extrêmement dangereux, qui menace la sécurité alimentaire, expose les ressources naturelles à de graves dommages et porte atteinte aux moyens de subsistance des agriculteurs ». Le communiqué met également en garde contre « les risques sanitaires et environnementaux potentiels susceptibles d'affecter l'eau, les sols et la chaîne alimentaire ». Les équipes des deux ministères poursuivent l'évaluation des terrains afin d'élaborer une cartographie précise des zones touchées, estimer les niveaux de pollution et envisager des mesures préventives pour protéger les populations et les agriculteurs. Un rapport sera soumis à la présidence du Conseil des ministres en vue de demander des comptes à la communauté internationale, ont également indiqué les deux ministères. « L'État libanais fera face à cette agression environnementale et agricole par des démarches diplomatiques et juridiques, en défense du droit des Libanais à leur terre et pour faire face à l'écocide pratiqué par l'ennemi israélien », a conclu le communiqué.
Plainte officielle
Joseph Aoun avait aussi estimé que cet « acte d'agression (...) s’inscrit dans la continuité des agressions israéliennes répétées contre le Liban et son peuple », alors que les attaques israéliennes se poursuivent de façon quasi quotidienne au Liban malgré l'entrée en vigueur du cessez-le-feu en novembre 2024. Il a souligné que « ces pratiques dangereuses, qui ciblent les terres agricoles, les moyens de subsistance des citoyens et menacent leur santé ainsi que l’environnement, imposent à la communauté internationale et aux organisations onusiennes concernées d’assumer leurs responsabilités afin de mettre un terme à ces agressions et de protéger la souveraineté libanaise ». Le président Aoun avait ajouté avoir demandé au ministère des Affaires étrangères de « préparer un dossier documenté, en coordination avec les ministères de l’Agriculture, de l’Environnement et de la Santé, en vue de prendre l’ensemble des mesures juridiques et diplomatiques nécessaires pour faire face à cette attaque et déposer des plaintes auprès des instances internationales compétentes ».
Après les propos de M. Aoun, le ministère des Affaires étrangères a indiqué dans un communiqué avoir entamé « les démarches nécessaires pour documenter les agressions israéliennes consistant en l’épandage de substances et de pesticides toxiques sur des terres agricoles et des vergers dans plusieurs villages libanais ». Le ministère avait aussi dit qu'il coordonnera ses efforts avec les ministères de l’Agriculture, de l’Environnement et de la Santé, ainsi qu’avec des institutions scientifiques et de recherche spécialisées, « en vue de constituer un dossier scientifique et juridique complet documentant ces violations graves », précise le texte.
Ce dossier comprendra notamment « l’identification de la nature de ces substances et l’évaluation de leur incompatibilité avec le droit international, à travers leur comparaison avec les listes de substances interdites en vertu des conventions et traités internationaux pertinents ». Le ministère collaborera également avec les parties concernées pour « documenter les superficies affectées, évaluer les dommages et analyser les conséquences sanitaires, environnementales et agricoles résultant de l’utilisation de ces substances, y compris leurs effets sur la population, les sols, la couverture végétale et les ressources hydriques », ajoute le communiqué. Une fois le dossier finalisé, le ministère des Affaires étrangères a assuré qu’il déposerait une plainte officielle auprès du Conseil de sécurité des Nations unies contre Israël.
Mardi, l’ONG Green Southerners, l’une des plus actives au Liban-Sud, avait exprimé son inquiétude face à l'« utilisation de matières toxiques dans ces zones frontalières, qui va s’ajouter aux dégâts environnementaux considérables causés par les Israéliens depuis octobre 2023, avec l’utilisation du phosphore blanc et d’autres genres de munitions qui ont altéré la nature du sol et la biodiversité, notamment en ce qui concerne les insectes et les pollinisateurs ».
Dans un rapport publié en avril 2025, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) avait évalué à plus de 700 millions de dollars les dommages et pertes occasionnées au secteur agricole libanais par la dernière guerre entre le Hezbollah et Israël, principalement dans le Sud et la vallée de la Békaa. Des estimations réalisées à distance, « préliminaires et partielles », précisait le rapport, ajoutant que les dégâts réels devraient être supérieurs.



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Crimes contre l'humanité. Israel n'est pas a une monstruosité pres ! Et qui sait ce qu'ils font d'autres chez nous et sur le pauvre peuple abandonné de palestine. En cela ils suivit la voie des usa avec l'agent orange pulverisé au Vietnam. La justice prend du temps mais finit par triompher parmi les humains doués d'humanité et de bon sens !
19 h 26, le 05 février 2026