Le chef du Courant patriotique libre (CPL), Gebran Bassil (au centre) lors du lancement de l'initiative « Protection du Liban », à l'hôtel Phoenicia, à Beyrouth, le 30 juillet 2026. Photo Ani
Le chef du Courant patriotique libre (CPL, aouniste), Gebran Bassil, a lancé jeudi une nouvelle initiative politique intitulée « Protection du Liban », présentée comme un « objectif national » destiné à rassembler les Libanais autour de « constantes libanaises qui préservent notre unité » et réaffirment que « l’État est notre choix ».
Le lancement de cette initiative s’est déroulé lors d’une rencontre organisée à l'hôtel Phoenicia, à Beyrouth, en présence de représentants de plusieurs blocs parlementaires et de personnalités politiques.
Le document présenté à cette occasion met en avant plusieurs principes, notamment le renforcement de l’État, la souveraineté du Liban, le monopole des armes par les institutions officielles, le rejet des ingérences étrangères, ainsi que la lutte contre toute forme de discorde interne. L’objectif affiché consiste à « affirmer notre attachement à des constantes libanaises qui préservent notre unité, nous rassemblent au sein de notre patrie et confirment que l’État est notre choix ».
M. Bassil a assuré que cette initiative ne constituait ni « un front » ni une nouvelle structure politique, mais un cadre visant à réunir les participants autour d’un ensemble de principes communs. Il a appelé à « un Liban qui soit notre seul axe », à l’écart des rivalités régionales, tout en plaidant pour « tout ce qui peut libérer notre territoire », qu’il s’agisse de négociations tripartites ou d’un accord bilatéral « qui ne porte pas atteinte à notre indépendance ».
La feuille de route proposée prévoit notamment la fin de l’occupation israélienne, le retour chez eux des habitants du Liban-Sud, la reconstruction des zones touchées par la guerre, la libération des prisonniers, le monopole des armes par l’État, l’adoption d’une stratégie nationale de défense, le renforcement de l’armée libanaise, ainsi que la neutralité du Liban à l’égard des axes régionaux.
« Personne n’a gagné à l’effondrement de l’État », a affirmé le député de Batroun, estimant qu’« aucun groupe, quelle que soit sa puissance, ne peut s’y substituer ». Décrivant le Liban comme « une patrie, une idée et un message fondés sur la liberté, la diversité et l’ouverture », il a appelé les Libanais à « renouveler leur confiance dans l’État » et à faire « de la République le dénominateur commun qui dépasse toutes les divisions ».
Selon lui, « l’État n’est l’adversaire d’aucune composante ; il est au contraire la seule garantie pour toutes ». Il a également affirmé que « le choix de l’État n’est pas une option parmi d’autres, mais la condition qui rend possibles toutes les autres options nationales », l’armée libanaise représentant « le pilier de la défense de cet État ». « Il n’y a pas de patrie sans État », a-t-il encore déclaré, assurant que « le Liban n’est ni une monnaie d’échange ni un territoire à céder ».
Cette initiative intervient alors que le Liban tente de sortir des conséquences d’une guerre dévastatrice entre le Hezbollah et Israël, déclenchée dans le sillage du conflit régional lié à la guerre de Gaza. Le Hezbollah, qui avait ouvert un front de soutien au mouvement islamiste palestinien Hamas le 8 octobre 2023 avant que les affrontements ne s’intensifient avec Israël, a subi de lourdes pertes militaires et politiques durant le conflit, tandis que la question de son arsenal reste au centre des discussions sur l’avenir du pays.
La démarche du chef du CPL intervient également alors que sa formation, qui ne participe pas au gouvernement de Nawaf Salam formé début 2025, siège dans l’opposition et a pris ses distances avec son ancien allié chiite. Si Gebran Bassil s’est progressivement éloigné du Hezbollah ces dernières années, il continuait toutefois à envisager une alliance électorale avec lui en vue des législatives initialement prévues en mai 2026, avant leur report de deux ans en raison de la guerre.

