La centrale électrique de Zouk, le 27 janvier 2022. Photo L'Orient-Le Jour Philippe Hage Boutros
Le ministre de l’Énergie Joe Saddi a demandé vendredi dernier l’ouverture d’une enquête judiciaire auprès du parquet de la Cour de cassation contre l’ingénieur Fawzi Mechleb, l’accusant de « tentative de création de pénuries de produits pétroliers » sur le marché libanais.
Selon un communiqué diffusé mardi par le bureau de presse du ministre, cette démarche fait suite à la réception par M. Saddi d’une lettre d’avertissement de la banque JPMorgan, par l'intermédiaire de laquelle la Banque du Liban (BDL) ouvre des lettres de crédit pour les sociétés importatrices de produits pétroliers. Ce courrier indiquait que M. Mechleb avait incité la banque à cesser de traiter avec le ministère, ce qui aurait pu compromettre l’ouverture des lettres de crédit indispensables à l’importation de carburant au Liban.
Le ministre de l’Énergie a été informé de cette lettre vendredi. M. Mechleb a été convoqué devant la justice samedi puis lundi, mais ne s’est pas présenté, a indiqué à L’Orient Today une source au sein du ministère de l’Énergie. En conséquence, un avis de recherche a été émis à son encontre, selon le communiqué du ministère. Une source judiciaire de haut rang a confirmé l’information à L’Orient Today.
Fawzi Mechleb, conseiller du Courant patriotique libre (CPL), critique publiquement depuis plusieurs mois le ministère de l’Énergie, désormais détenu par les Forces libanaises après des décennies de gestion par le CPL.
« Joe Saddi a requis auprès du parquet de la Cour de cassation l’ouverture d’une enquête judiciaire contre Fawzi Mechleb pour atteinte volontaire et préméditée à la sécurité économique nationale (…) et pour avoir causé d’énormes pertes à l’ensemble du peuple libanais en tentant de créer des pénuries de produits pétroliers, avec toutes les répercussions que cela implique sur la vie des citoyens », précise le communiqué.
M. Mechleb a démenti les accusations dans un message publié sur son compte X mardi. « On m’accuse d’avoir averti la banque américaine JPMorgan qu’elle devait se conformer à la législation américaine dans le dossier du navire CAN KA, qui a chargé de la marchandise auprès de la société Alkagesta, dont le propriétaire a été arrêté pour falsification de provenance russe ? Si cela est vrai, ce serait un honneur pour moi de solliciter le soutien de la justice libanaise et de demander les documents essentiels avant tout paiement », a-t-il écrit.
Une source au ministère de l’Énergie a fait savoir à L’Orient Today que M. Mechleb ne dispose d’aucune autorité légale pour contacter JPMorgan, ni pour lui demander de suspendre ses transactions avec le ministère. Concernant la cargaison du CAN KA, la même source affirme que M. Meshleb a avancé à plusieurs reprises de « fausses déclarations », soulignant que le ministère n’autorise le chargement d’aucune cargaison sans approbation judiciaire.
Selon la société d’analyse maritime MarineTraffic, le pétrolier CAN KA se trouvait mardi au large de Zouk Mosbeh (Kesrouan).
En décembre, la députée du CPL Nada Boustany avait révélé que M. Mechleb était à l’origine de la plainte ayant conduit à la première inspection du Hawk III, un pétrolier ayant importé au Liban du carburant soupçonné de provenance russe sous sanctions, et intercepté par la marine libanaise en septembre.
« Des tentatives répétées de nuire »
M.Mechleb a par ailleurs écrit sur X qu’il ne se trouvait pas au Liban, précisant avoir avancé de deux jours un déplacement prévu de longue date. « Le moment venu, je reviendrai au Liban victorieux sur la mafia de la corruption », a-t-il ajouté.
Selon le communiqué du ministère de l’Énergie, « si la banque correspondante (JPMorgan) accédait à la demande de M. Mechleb, cela aurait entraîné l’arrêt de l’ouverture des crédits bancaires pour les sociétés fournissant les produits pétroliers nécessaires à la production d’électricité, paralysant ainsi le travail d’Électricité du Liban et plongeant le pays dans l’obscurité ». Le ministère, qui accuse l'ingénieur de « tentatives répétées de nuire » à son action, estime que cela aurait également pu entraîner l’arrêt des importations de carburant destinées à l’armée libanaise, menacer les importations du secteur privé et, potentiellement, pousser la seule banque correspondante à rompre toute relation avec l’État libanais.
Dans un deuxième communiqué publié mardi soir, le ministère de l’Énergie s’est interrogé sur la qualité au titre de laquelle Meshleb a communiqué avec la banque. Après l’avoir accusé de « mensonge », le ministère l’a enfin appelé à rentrer au Liban et à se présenter devant la justice.





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Si les générateurs ne fonctionnaient pas impec et que nous comptions sur l’EDL qui nous refile deux ou trois heures de courant par jour nous serions dans la vraie obscurité dont parle M.Saddi .
18 h 47, le 11 février 2026