Antoine Kanaan (g.) et Abbas Kabalan (d.), les deux cofondateurs de HAQQ Legal AI. Photo fournie par la société
La start-up libanaise HAQQ Legal AI, spécialisée dans le développement d’un système d’exploitation basé sur l’intelligence artificielle (IA), a annoncé aujourd’hui avoir levé 3 millions de dollars dans l’objectif d’« accélérer le développement et le déploiement mondial de ses systèmes d’IA juridique et de gestion des cabinets d’avocats ». Un investissement dirigé par le fonds Sowlutions Ventures, avec la participation des fonds Hitek Ventures, Corona Legal, IM FNDNG, Highworth, Razor Capital, Symax et Hamady Trust.
Lancée en septembre 2023 par Antoine Kanaan et Abbas Kabalan, HAQQ Legal AI propose une plateforme numérique qui agit comme un avocat IA, « capable d’exécuter un large éventail de tâches juridiques traditionnellement réalisées par des avocats humains, avec rapidité, cohérence et efficacité », et comme « un système de gestion de cabinet » de droit, note-t-elle dans son communiqué.
Initialement conçue comme une plateforme numérique de mise en relation de clients avec un réseau en ligne d’avocats, les cofondateurs de la start-up décident de changer de modèle alors qu’ils se rendent compte que le secteur fait face à plusieurs obstacles qui compliquent le travail juridique, dont le recours à des outils fragmentés et à des systèmes et processus lents.
Déploiement international
« À travers HAQQ Legal AI, nous voulons rendre l’intelligence juridique accessible à tous et réduire les inégalités d’accès au conseil juridique approprié, partout dans le monde », résume à L’Orient-Le Jour Antoine Kanaan, PDG de la start-up. « Malgré l’ampleur de l’industrie juridique, il reste parmi les secteurs les moins numérisés au monde, avec près de 5 milliards d’individus touchés par ces disparités », continue-t-il.
Mais au-delà des individus, à qui la start-up offre gratuitement son service, HAQQ Legal AI cible toutes les parties prenantes du système juridique, notamment les équipes juridiques d’entreprises, les cabinets d’avocats, les barreaux, les tribunaux et les institutions publiques, à qui elle propose des services plus spécifiques et avancés, en contrepartie d’abonnements. « Plutôt que d’offrir une plateforme d’IA juridique générique », la start-up le fait de façon « contextuelle », offrant des jumeaux numériques (équivalent virtuel d’un objet ou d’un processus) à chaque cabinet, selon son communiqué. Et d’ajouter : « Le système reproduit la manière dont chaque organisation pense, travaille et prend ses décisions, produisant des résultats qui sont alignés sur ses données internes, ses exigences en matière de gouvernance et ses flux de travail. »
De son côté, Abbas Kabalan souligne dans ce même communiqué que « HAQQ Legal AI ne vise pas à remplacer le jugement humain (dans le secteur, NDLR), mais à le renforcer. Nous utilisons l’IA pour soulager les avocats des tâches répétitives et fastidieuses, afin qu’ils puissent consacrer plus de temps à ce qui compte vraiment : réfléchir clairement, prendre de meilleures décisions, défendre leurs clients et établir de véritables relations humaines ». Selon lui, l’objectif est de fournir aux avocats « de meilleurs outils afin qu’ils puissent être plus présents, plus stratégiques et plus humains dans leur pratique du droit. Nous utilisons l’IA pour éliminer les frictions, afin de permettre aux avocats de se concentrer davantage sur ce que seuls eux savent réellement faire ».
Pour faire face à toutes les réglementations internationales, l’équipe de HAQQ Legal AI s’acharne alors à intégrer dans la plateforme « tous les systèmes juridiques existants, quelle que soit leur langue, et à les maintenir quotidiennement à jour », explique Antoine Kanaan. Cela permet désormais à leur plateforme d’être adoptée un peu partout dans le monde, que ce soit aux États-Unis, au Brésil, en Russie, en Inde, en Chine, en Europe et dans les pays du Golfe par exemple. « Notre technologie est d’ores et déjà adoptée par plus de 7 000 entités privées et publiques réparties dans 80 pays », annonce-t-il. Un nombre qu’il compte continuer à faire grandir grâce à cette nouvelle levée de fonds.



