L'entrée du ministère du Toursime à Hamra, le 30 janvier 2025. Photo Philippe HAGE BOUTROS/L'Orient-Le Jour
La ministre du Tourisme, Laura el-Khazen, a clarifié vendredi soir sa décision d'annuler une mesure prise il y a près de quatre ans par son prédécesseur, Walid Nassar, qui permettait aux établissements touristiques d’afficher leurs prix en dollars. Le secteur a été aussitôt pris de court quant aux implications de cette décision, suscitant de vives réactions.
Walid Nassar avait pris cette mesure le 2 juin 2022, à une époque où le taux de change sur le marché entre la livre libanaise et le dollar était totalement instable, coexistant avec d’autres taux imposés par la Banque du Liban pour les retraits en dollars, et où le taux officiel n’était toujours pas abrogé. L’objectif était de rétablir un certain niveau de visibilité dans le secteur à l’approche de la première saison touristique post-Covid. Elle avait ensuite été prolongée et restait en vigueur aujourd’hui, bien que le taux de change se soit stabilisé à 89 500 LL pour un dollar (contre 1 507,5 LL avant la crise) depuis 2023. L’ancien ministre n’avait cependant pas autorisé les établissements à refuser les paiements en LL.
Toujours est-il que la nouvelle décision prise par Laura el-Khazen annule immédiatement cet aménagement. Désormais, tous les établissements touristiques qui modifient l’affichage de leurs prix devront faire valider leurs tarifs en livres libanaises auprès des services compétents de la direction du tourisme et de la direction de l’investissement, « conformément aux dispositions de l’annexe n° 2 du décret n° 15598 du 21 septembre 1970 et de ses modifications, notamment le décret n° 2000/4221 », précise le communiqué rapportant la décision.
La ministre précise que les consommateurs conservent le droit de payer en livres, selon le taux de change officiel en vigueur au moment du paiement, ou en dollars. Elle impose « à tous les établissements touristiques de publier quotidiennement et publiquement ce taux » et promet des inspections pour s’assurer que cette nouvelle directive est correctement appliquée.
Au vu des réactions du secteur, le ministère a dans son second communiqué affirmé se tenir « aux côtés des établissements touristiques » et ne ménager « aucun effort pour leur apporter toute l’assistance nécessaire ». Il précise que la circulaire ne vise pas à interdire l’affichage des prix en dollars américains, mais à rappeler l’obligation légale de faire homologuer les listes de prix exclusivement en livres.
L’affichage parallèle en dollars reste possible à condition que l’établissement concerné informe le ministère de ses tarifs en devises, ces prix en dollars devant correspondre aux tarifs homologués en livres. « La circulaire n’interdit pas l’affichage en dollars, mais elle en conditionne la possibilité à l’information préalable du ministère », insiste le communiqué, assurant qu’il n’y a « aucune conséquence pour le consommateur ».
Confusion
Pris de court, plusieurs acteurs du secteur touristique et de l’Horeca ne savaient pas encore quoi penser de cette décision dans une économie encore très dominée par le cash et dollarisée à l'extrême. « Nous sommes actuellement en train d’étudier la question, mais je peux déjà vous dire que la décision de Walid Nassar avait à l’époque sauvé le tourisme libanais et renforcé considérablement la transparence des prix », a déclaré à L’Orient-Le Jour le président du syndicat des restaurants, cafés, night-clubs et pâtisseries du Liban, Tony Rami. Il a ajouté que « les prix en livres libanaises sont trop grands et illisibles pour les personnes vivant à l’étranger, qui ne sont pas habituées à convertir les prix tous les jours ».
Une heure plus tard, le syndicat a publié un communiqué déplorant que la ministre du Tourisme ait pris cette décision unilatéralement « sans consulter les syndicats touristiques ni recueillir leur avis » et l’a appelée à faire marche arrière, considérant que la mesure de juin 2022 avait servi de précurseur avant d’être appliquée dans d’autres secteurs dans un environnement économique instable. « La livre libanaise est la base de l’économie, mais pour qu’elle circule efficacement, le pays doit retrouver sa stabilité financière », a ajouté le syndicat. Plus de six ans après le début de la crise, les autorités n’ont toujours pas lancé les réformes permettant de restructurer le secteur bancaire, assainir le passif du pays et restituer des dizaines de milliards de dollars de dépôts en dollars bloqués illégalement par les banques dès fin 2019.
Le secrétaire général de l'Union des syndicats touristiques, Jean Beyrouthi a affirmé pour sa part que les membres de son organisation étudiaient la décision et son application. Quant au président du syndicat des agences de voyages et de tourisme, il pense que la décision ne concerne pas sa filière qui « est obligée de faire payer le prix des billets d’avion et des autres prestations vendues en devises ».



peut être elle devrait aider a ANNULER ce taux de LL, horrifiant, et y enlever 2zeros de la fin,comme en syrie actu??
08 h 36, le 25 janvier 2026