Paul Naggear, le père d’Alexandra, fillette de trois ans et demi tuée le 4 août 2020, était notamment présent à la manifestation devant le porte de Beyrouth le 23 janvier 2026. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Plusieurs dizaines de proches des victimes de l’explosion au port de Beyrouth du 4 août 2020 ont manifesté vendredi à dès 10h contre la nomination de Gracia Azzi à la tête de la direction générale des douanes. Cette fonctionnaire est poursuivie en justice dans le cadre de l’enquête sur la catastrophe qui a coûté la vie à plus de 235 personnes et ravagé des quartiers entiers de la capitale. Selon notre journaliste sur place, Mohammad Yassine, d’autres manifestants sont arrivés en bus après 10h30 pour poursuivre le sit-in, transportant des cageots de tomates, dont plusieurs ont été lancées sur le bâtiment des douanes, sous le regard des forces de sécurité. Paul Naggear, le père d’Alexandra, fillette de trois ans et demi tuée dans la double explosion, était notamment présent.

La nomination de Gracia Azzi a été approuvée jeudi dernier en Conseil des ministres, sur proposition du ministre des Finances Yassine Jaber, dont dépend la direction des douanes. Sa désignation est le fruit d’un vaste compromis politique, qui contraste avec les promesses de changement formulées par le nouveau pouvoir en place, représenté par le chef de l’État Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam.
Pilotée par le juge d’instruction Tarek Bitar, l’enquête sur la catastrophe du port reste bloquée depuis plusieurs années, maintes fois ralentie par les pressions politiques et les obstacles administratifs. Dernier développement en cours : Igor Grechouchkine, propriétaire présumé du navire Rhosus d’où avait été déchargé en 2014 le nitrate d’ammonium à l’origine de la double explosion doit être incessamment libéré par la justice bulgare.


