Cette semaine, la culture libanaise n’a pas baissé le volume. Elle a changé de tempo.
Au Festival al-Bustan, prévu du 24 février au 22 mars, la musique se joue « en famille » : une partition qui circule, se transforme, se passe de main en main. La musique comme lien vital, jamais comme simple fond sonore. Même cadence chez Hoda Kanoo et Nayla de Freige. Pour elles, la musique n’est pas un luxe mais un langage commun, une affaire d’écoute et de justesse, des accords trouvés entre les deux festivals qu’elles président, à Abou Dhabi et à Baalbeck. À Tripoli, sous le toit brutaliste d’Oscar Niemeyer, réécouter Ziad Rahbani revient à remettre l’aiguille au bon endroit. Pas de remix nostalgique : une musique qui pense, qui refuse de se taire. À Paris, au Théâtre de la Colline, Wajdi Mouawad fait le même pari : revenir à sa colère fondatrice pour retrouver la note exacte, celle qui cogne toujours. Et puis il y a les silences qui frappent fort. Rue Hamra, l’hôtel Commodore ferme. Rideau. Fin de concert pour un lieu mythique où se sont croisés journalistes, artistes, guerres et nuits blanches. Les murs se taisent, l’écho reste. Des lignes hachurées de Jean Khalifé à l’adieu à la peintre Rima Amyuni, une évidence s’impose : ici, la création tient le rythme, même — et surtout — après le grand départ. Le silence est à la mode. Ici, on préfère encore la musique.
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