Une frappe israélienne dans la vallée dite de "Nabaa el-Tassé", dans le caza de Nabatiyé au Liban-Sud, le 19 janvier 2026. Photo obtenue par Mountasser Abdallah
Une fois de plus, plusieurs vallées et zones non-résidentielles situées sur la rive nord du fleuve Litani, dans différentes régions du Liban-Sud, ont été bombardées lundi midi par Israël. Onze frappes ont été menées en moins d'une heure dans la zone où, selon l'armée israélienne, une « activité militaire inhabituelle du Hezbollah » avait été observée dernièrement. Tel-Aviv semble donc poursuivre sa politique de pression sur le parti chiite et le Liban au sens large, alors que l'armée libanaise doit présenter en février son plan pour le désarmement des groupes armés, en tête desquels le Hezbollah, dans la zone s'étendant du Litani au fleuve Awali et que le secrétaire général du mouvement chiite a haussé le ton samedi pour rejeter une nouvelle fois de rendre les armes.
Cette nouvelle série de bombardements israéliens, sur des régions qui sont la cible régulière de raids aériens impressionnants, a eu lieu aux environs de midi. En moins d'une heure, les avions de chasse ont frappé à une reprise la vallée de Berghoz (caza de Hasbaya), trois autres ont frappes ont ciblé le lieu-dit de Qalaat Meis à Ansar (caza de Nabatiyé), deux ont été signalées dans les environs des villages de Kfar Melki, Bouslaya (caza de Saïda), deux autres à la périphérie de Louaizé, Jarjouh (Naba al-Tassé), et enfin une à Mahmoudiyé (caza de Jezzine), selon le décompte de notre correspondant dans le Sud. Les avions de chasse israéliens ont largué des leurres thermiques lors de ces frappes.
« Des camps d'entraînement et des tunnels du Hezbollah »
Selon un communiqué publié sur X peu après les frappes, l’armée israélienne dit avoir ciblé « des camps militaires utilisés par le Hezbollah pour former des militants, planifier et exécuter des opérations contre l'armée et les citoyens israéliens ». « Dans le cadre de la formation dans ces camps, les terroristes ont suivi des exercices de tir et d’autres entraînements à l’utilisation de différents types d’armes », précise le communiqué. L’armée israélienne a encore indiqué avoir frappé « des sites de lancement de roquettes et des tunnels utilisés pour stocker des armes ». Le texte ajoute qu’une « activité militaire inhabituelle du Hezbollah » a été observée ces derniers mois sur les sites militaires visés.
Parallèlement, des drones israéliens ont survolé la banlieue sud de Beyrouth.
Une « tentative d'incursion » en Israël ?
Dans la matinée de lundi, Dhaïra, village frontalier du caza de Tyr, avait été la cible d'un tir de bombe sonore depuis un petit drone de l'armée israélienne, selon les sources de notre correspondant. Entre 21 et 22h dimanche soir, un hélicoptère de l'armée israélienne avait déjà tiré à l'arme automatique en direction de ce village. Plusieurs médias israéliens avaient fait état dans la foulée d'une opération visant à neutraliser une tentative présumée d'infiltration en territoire israélien. Citant un « porte-parole de l'armée israélienne », ces médias soulignent que des tirs ont été menés depuis un char et un hélicoptère de combat, sans donner de détails sur l'identité ou l'état du « suspect ». L'armée israélienne n'a pas publié de communiqué officiel concernant cet incident. Selon des informations du Times of Israel, le « suspect » qui s'était approché de la Ligne bleue aurait fini par s'en éloigner.
L'armée israélienne avait affirmé dimanche que « les forces de l’unité multidimensionnelle, sous le commandement de la 91e brigade du Golan », dédiées à « empêcher le Hezbollah de s'enraciner » au Liban-Sud avaient achevé une mission de « deux mois ».
Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, le 27 novembre 2024, l’armée israélienne bombarde presque tous les jours le territoire libanais et continue d'occuper plusieurs positions dans le sud du pays. Le secrétaire général du Hezbollah, cheikh Naïm Kassem, a haussé le ton samedi à l’encontre des Libanais qui prônent le monopole de l’État sur les armes, et donc le désarmement total de sa formation, qu’il qualifie de «revendication israélo-américaine».


le « suspect » qui s'était approché de la Ligne bleue aurait fini par s'en éloigner.. Que c’est touchant !! Un suspect qui échappe à l’armée israélienne, et rebrousse chemin sain et sauf ?
20 h 23, le 20 janvier 2026