Le gouverneur de la Banque du Liban, Karim Souhaid, au siège de la banque centrale, le 5 novembre 2025. Photo d'illustration Philippe Hage Boutros/L'Orient-Le Jour.
Dans un communiqué publié mercredi, la Banque du Liban (BDL) a annoncé que son gouverneur, Karim Souhaid, accompagné de l’équipe juridique de la Banque centrale a tenu le 13 janvier « une série de réunions avec la juge d’instruction française Clémence Olivier à Paris », cette dernière ayant « salué » cette démarche ainsi que « la transmission d’informations essentielles qui faisaient défaut au dossier ».
Ce déplacement avait déjà été annoncé lors d’une conférence de presse tenue le 8 janvier, le gouverneur indiquant alors prévoir se rendre « volontairement » en France d’ici à fin janvier pour « échanger des informations extrêmement sensibles » liées aux poursuites judiciaires concernant la BDL. Celles-ci traitent de plusieurs affaires de détournements présumés de ses fonds survenues ces dernières années, dont celles impliquant la société Forry Associates, dans laquelle l’ex-gouverneur Riad Salamé et certains membres de sa famille sont poursuivis au Liban et à l’étranger. Karim Souhaid y annonçait également que la BDL s’était constituée partie civile au Liban dans la procédure lancée contre Forry Associates, enregistrée aux îles Vierges britanniques et qui aurait été utilisée – selon les enquêteurs libanais et européens – comme un véhicule de détournement de fonds publics grâce à un système de commissions.
Série supplémentaire de réunions
« À la suite de cette coordination, il est apparu à la BDL l’existence de nouveaux agissements délibérés et concertés ayant conduit à la spoliation de fonds lui appartenant, dans le but d’un enrichissement personnel illicite », poursuit le communiqué. Elle y indique également que les « entités impliquées comprennent des individus et des sociétés écrans, dont un grand nombre est implanté à travers l’Europe et dans d’autres paradis fiscaux ».
La coopération « étroite » avec la justice française constitue un « élément central dans l’établissement des responsabilités pénales », et a d’ores et déjà permis à la BDL « d’affiner sa stratégie juridique et d’élargir le champ de ses investigations en vue de récupérer les fonds détournés », précise le texte. Et d’ajouter : « Une série supplémentaire de réunions de travail entre le gouverneur, l’équipe juridique de la BDL et les autorités judiciaires françaises a également été programmée, confirmant que ce processus se poursuit, s’accélère et connaît une évolution positive et constructive ».
Arrestation à exécution différée
Hasard du calendrier, alors que Karim Souhaid tenait ses réunions à Paris le 13 janvier, la Chambre d’accusation de Beyrouth a rendu un arrêt ordonnant l'arrestation différée de l’ex-gouverneur Riad Salamé et de deux avocats, Micky Tuéni et Marwan Issa el-Khoury, dans le cadre de l’affaire du compte de consultations de la BDL, dans l’affaire dite d’Optimum Invest.
Une source judiciaire interrogée par L'Orient-Le jour expliquait que la décision n'est susceptible d'exécution que par la cour criminelle de Beyrouth, à laquelle la Chambre d'accusation a transmis le dossier, en imputant à M. Salamé le détournement présumé d’un montant de 44,8 millions de dollars du compte de consultations vers des comptes privés. Le compte de la BDL comporte entre autres des fonds provenant de commissions recueillies à travers notamment des opérations effectuées entre la banque centrale et une société de courtage, Optimum Invest, entre 2015 et 2018, pour lesquelles aussi bien la société que Riad Salamé avaient nié toute malversation. Certains de ces fonds auraient été transférés vers des comptes privés à travers des banques commerciales.



Le nom des banques et des politiciens svp, ca suffit les cachoteries!
09 h 55, le 16 janvier 2026