Rechercher
Rechercher

Culture - Portrait

Jean Khalifé, une vie aux couleurs « hachurées » par l’angoisse

Une exposition de peintures inédites tirées de son fonds d’œuvres fait redécouvrir à la galerie Mark Hachem cette figure pionnière de l’abstraction libanaise (1923-1978). Sous l’éclat strident de ses couleurs, il cachait une sensibilité et une inquiétude existentielle aiguës.

Jean Khalifé, une vie aux couleurs « hachurées » par l’angoisse

Jean Khalifé, autoportrait. Une œuvre privée dédiée à Odette, sa femme. Avec l’aimable autorisation de la Fondation Jean khalifé et de la galerie Mark Hachem

Un soir de 1976, alors qu’il travaillait tard dans son atelier de Zouk Mosbeh, deux miliciens armés y pénètrent par effraction et s’installent auprès de lui toute la nuit pour guetter le passage de leurs ennemis… À leur départ à l’aube, Jean Khalifé s’attèlera illico à peindre La peur, première d’une série de trois toiles de même format, dans lesquelles il exprimera à travers des faces distordues aux regards exorbités cette expérience traumatique.La guerre libanaise, déclenchée un an plus tôt, fera ainsi son irruption dans le travail du peintre abstrait, donnant aux œuvres de sa dernière période l’éclat tragique du désespoir.Jean Khalifé posant devant une de ses grandes toiles en 1972. Avec l'aimable autorisation de la fondation Jean Khalifé Choqué et bouleversé par les horreurs des combats, Jean Khalifé renouera partiellement avec...
Un soir de 1976, alors qu’il travaillait tard dans son atelier de Zouk Mosbeh, deux miliciens armés y pénètrent par effraction et s’installent auprès de lui toute la nuit pour guetter le passage de leurs ennemis… À leur départ à l’aube, Jean Khalifé s’attèlera illico à peindre La peur, première d’une série de trois toiles de même format, dans lesquelles il exprimera à travers des faces distordues aux regards exorbités cette expérience traumatique.La guerre libanaise, déclenchée un an plus tôt, fera ainsi son irruption dans le travail du peintre abstrait, donnant aux œuvres de sa dernière période l’éclat tragique du désespoir.Jean Khalifé posant devant une de ses grandes toiles en 1972. Avec l'aimable autorisation de la fondation Jean Khalifé Choqué et bouleversé par les horreurs des combats,...
commentaires (1)

Pour compléter cet article, je souhaite ajouter une précision issue de mon expérience personnelle comme ami et collègue: "Je suis Hanna Tannous". Jean Khalifé a été chef de la section de peinture à l'Université libanaise des Beaux-Arts au milieu des année 1970. Durant cette période (1974-1975), j'ai travaillé à ses côtés comme professeur assistant, au moment où il jouait un rôle central dans la formation artistique et intellectuel de l'institution. Enseignant engagé, il a marqué durablement ses étudiants et ses collègues, tant par sa rigueur que par sa vision artistique.

Gebran Eid

13 h 32, le 17 janvier 2026

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • Pour compléter cet article, je souhaite ajouter une précision issue de mon expérience personnelle comme ami et collègue: "Je suis Hanna Tannous". Jean Khalifé a été chef de la section de peinture à l'Université libanaise des Beaux-Arts au milieu des année 1970. Durant cette période (1974-1975), j'ai travaillé à ses côtés comme professeur assistant, au moment où il jouait un rôle central dans la formation artistique et intellectuel de l'institution. Enseignant engagé, il a marqué durablement ses étudiants et ses collègues, tant par sa rigueur que par sa vision artistique.

    Gebran Eid

    13 h 32, le 17 janvier 2026

Retour en haut