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Société - Justice Au Liban

Enquête sur le 4-Août : Rizkallah met fin aux poursuites pour « usurpation de pouvoir » contre Bitar

Des proches des victimes des explosions au port de Beyrouth avaient manifesté peu avant la décision devant le palais de justice de Beyrouth, alors que l'attente du jugement bloquait l'émission de l'acte d'accusation.

Enquête sur le 4-Août : Rizkallah met fin aux poursuites pour « usurpation de pouvoir » contre Bitar

William Noun qui a perdu son frère dans les explosions au port de Beyrouth prend la parole lors d'une manifestation des proches des victimes devant le palais de justice de Beyrouth, le 8 janvier 2026. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour

Le juge d'instruction dans l'affaire de la double explosion au port de Beyrouth, Tarek Bitar, n'a pas usurpé le pouvoir dans le cadre de son enquête, comme l'en accusait l'ex-procureur général Ghassan Oueidate. C'est ce qu'a finalement tranché jeudi Habib Rizkallah, juge d’instruction nommé ad hoc pour statuer sur cette plainte d’usurpation de pouvoir déposée en janvier 2023 par l’ancien chef du parquet de cassation, dans une décision intervenue peu après un sit-in de proches des victimes du drame du 4 août 2020, qui menaçaient d'une escalade pour faire pression pour que Habib Rizkallah rende sa décision. Celle-ci était très attendue, pour que M. Bitar ait enfin le champ libre pour émettre son acte d'accusation, attendu depuis des années.

Le juge Oueidate avait accusé Tarek Bitar d'« usurpation de la qualité de juge d’instruction et abus d’autorité » après que le juge d'instruction avait décidé de reprendre son instruction sur l'affaire, en janvier 2023, malgré les nombreuses plaintes déposées contre lui par des responsables politiques et sécuritaires mis en cause dans la double explosion, notamment due au stockage sans aucune mesure de sécurité de milliers de tonnes de nitrate d'ammonium dans un hangar du port.

Le juge Rizkallah a dans sa décision mis fin aux poursuites contre Tarek Bitar dans cette affaire, au motif que Ghassan Oueidate s’était récusé, en tant que procureur général près la Cour de cassation, de toute intervention dans ce dossier, en raison notamment de ses relations familiales avec l'ex-ministre Ghazi Zeaïter, également dans le viseur de la justice. Selon le jugement, il ne disposait donc pas de la qualité juridique requise pour engager des poursuites contre le juge d'instruction.

Sit-in devant le palais de justice

Selon nos informations, le juge Rizkallah avait envoyé le dossier durant la dernière semaine de novembre 2025 au procureur général près la Cour de cassation, Jamal Hajjar, pour qu'il donne son avis sur l'affaire. Ce dernier aurait choisi de laisser le soin à Habib Rizkallah de juger si Tarek Bitar avait usurpé ou non le pouvoir, sans se prononcer. En tout état de cause, l'avis du juge Hajjar, de caractère non contraignant, n'aurait pas imposé à Habib Rizkallah de trancher dans un sens ou dans l'autre.

Le parquet de Cassation ainsi que l'ancien directeur des douanes Badri Daher et le député du mouvement Amal Ali Hassan Khalil, tous deux poursuivis dans le cadre de cette affaire et qui s'étaient joints à l'action de Ghassan Oueidate, disposent de 24 heures pour faire appel auprès de la chambre d'accusation à partir du moment où ils sont notifiés.

La décision de Habib Rizkallah a été annoncé après que des proches des victimes des explosions au port de Beyrouth ont manifesté devant le palais de justice de Beyrouth afin de presser le juge Rizkallah à trancher la plainte. Cécile Roukoz, sœur de Joseph Roukoz, tué dans le drame, a estimé que le délai pris par le magistrat pour sortir sa décision est un « atermoiement ». « Cela consacre le principe de non-indépendance du travail du juge » Bitar, a-t-elle confié à notre journaliste sur place Claude Assaf. William Noun, dont le frère a été tué le 4-Août, avait de son côté appelé le président de la République Joseph Aoun et le chef du gouvernement Nawaf Salam à « faire pression sur le pouvoir judiciaire » afin que le juge Rizkallah tranche la plainte contre M. Bitar, dénonçant également le temps pris pour statuer cette affaire.

Plus de cinq ans après le drame qui a tué plus de 220 personnes, blessé 6 500 autres et dévasté des quartiers entiers de Beyrouth, l'enquête piétine encore, en raison des ingérences politiques.

Le juge d'instruction dans l'affaire de la double explosion au port de Beyrouth, Tarek Bitar, n'a pas usurpé le pouvoir dans le cadre de son enquête, comme l'en accusait l'ex-procureur général Ghassan Oueidate. C'est ce qu'a finalement tranché jeudi Habib Rizkallah, juge d’instruction nommé ad hoc pour statuer sur cette plainte d’usurpation de pouvoir déposée en janvier 2023 par l’ancien chef du parquet de cassation, dans une décision intervenue peu après un sit-in de proches des victimes du drame du 4 août 2020, qui menaçaient d'une escalade pour faire pression pour que Habib Rizkallah rende sa décision. Celle-ci était très attendue, pour que M. Bitar ait enfin le champ libre pour émettre son acte d'accusation, attendu depuis des années.Le juge Oueidate avait accusé Tarek Bitar...
commentaires (3)

non seulement nous souffrons d'un manque "d'equilibre" de notre systeme judiciaire,,,,,,( pr ne pas dire autre chose ), mais nombre de medias de ttes varietes s'y mettent et aident nos justiciers..... a ne pas faire leur boulot

L’acidulé

11 h 14, le 09 janvier 2026

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Commentaires (3)

  • non seulement nous souffrons d'un manque "d'equilibre" de notre systeme judiciaire,,,,,,( pr ne pas dire autre chose ), mais nombre de medias de ttes varietes s'y mettent et aident nos justiciers..... a ne pas faire leur boulot

    L’acidulé

    11 h 14, le 09 janvier 2026

  • Bien fait pour oueidate, qui avait pris honteusement parti en libérant tous les détenus pour occulter la vérité. Un grand bravo au courageux juge Bitar, qui a résisté à toutes les menaces des voyous, du genre wafic safa. Tous les misérables qui ont eu recours à leur immunité pour seule défense, s’accusant ainsi eux-mêmes, devraient faire dans leur froc maintenant. Khay !

    NG

    06 h 44, le 09 janvier 2026

  • "Le parquet de Cassation ainsi que l'ancien directeur des douanes Badri Daher...". Ce pauvre Badri Daher! Il n'a fait qu'exécuter la décision 429/2014 datée du 27/6/2014, issue par le juge des "affaires urgentes" le sommant de décharger la cargaison du Rhosus dans l'enceinte du port de Beyrouth. Cette décision est en flagrante contravention du décret-loi sur les Armes et Munitions, No 137 du 12/6/1959 qui posent certaines conditions sur l'importation du nitrate d'ammonium, dont aucune n'était remplie! Pourquoi ce juge des "affaires urgentes" n'a-t-il jamais été inquiété? Mysterium mysteriosum!

    Georges MELKI

    15 h 12, le 08 janvier 2026

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