Des débris du port de Beyrouth, le 27 juin 2024. Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour
Alors que le juge d’instruction en charge de l’enquête sur la double explosion au port de Beyrouth, Tarek Bitar, est rentré bredouille vendredi de Bulgarie, où il s'était rendu pour interroger le propriétaire du Rhosus, le navire qui avait acheminé le nitrate d’ammonium à l’origine du drame du 4 août 2020, le capitaine du navire en question a fait des déclarations samedi à ce sujet à la chaîne d'information en ligne Al-Mashhad.
Boris Prokochev, capitaine du Rhosus, a révélé avoir été « étonné » lorsque les autorités libanaises ont déchargé le nitrate d'ammonium dans un entrepôt du port, affirmant qu'il avait préalablement mis en garde contre les risques posés par ce stock de produit chimique. Il dit avoir également vu des marchandises similaires déchargées sur place.
Joint par téléphone par la chaîne régionale basées aux Émirats arabes unis, M. Prokochev a rappelé que la destination du Rhosus était le Mozambique, mais qu'il s'est arrêté au port de Beyrouth, « en urgence », à la demande du propriétaire du navire, Igor Grechouchkine. Arguant de son incapacité à payer les frais de passage du canal de Suez, le propriétaire aurait demandé à l'équipage de passer au port de Beyrouth pour y récupérer de la marchandise supplémentaire. Le capitaine a alors refusé de transporter cette nouvelle marchandise jugée trop lourde, et le propriétaire du Rhosus a fini par « abandonner » le navire sur place, explique le capitaine, qui a indiqué que l'équipage n'avait pas été payé pendant dix mois.
Le capitaine a fait part de son étonnement lorsque les autorités libanaises ont commencé à décharger le nitrate d'ammonium dans un entrepôt, au lieu de l'emmener loin du port, malgré ses mises en garde. Il s'est dit également « étonné » que le nitrate ait été gardé sur place pendant six ans, jusqu'à la date fatidique de l'explosion, et ajoute avoir été « choqué » de voir d'autres cargaisons de la même nature également déchargées dans le port de Beyrouth.
M. Prokochev a indiqué par ailleurs que la responsabilité incombe à ceux qui ont conservé ces produits en place pendant toutes ces années. « « Personne ne m'a expliqué en quoi je suis responsable de l'explosion du port », a-t-il lancé. En octobre 2020, le prédécesseur de Tarek Bitar, Fadi Sawan, avait émis des mandats d'arrêt contre MM. Grechouchkine et Prokochev, et Interpol avait émis, quelques mois plus tard, des notices rouges les visant. M. Prokochev n'est plus sous le coup de cette notice selon le site de l'agence internationale.
Le propriétaire du Rhosus, actuellement détenu en Bulgarie, a refusé jeudi de faire une déposition devant le juge d’instruction en charge de l’enquête, qui s'était rendu spécialement sur place. M. Grechouchkine n’a répondu à aucune question, a confirmé une source judiciaire libanaise proche du dossier.
Arrêté le 5 septembre à l’aéroport de Sofia sur la base d’une notice rouge d’Interpol, Igor Grechouchkine, un ressortissant russo-chypriote de 48 ans, est poursuivi par la justice libanaise pour «introduction d’explosifs au Liban, acte terroriste ayant entraîné la mort d’un grand nombre de personnes et désactivation de machines dans le but de faire couler un navire», selon le parquet bulgare. Les autorités judiciaires libanaises espéraient notamment obtenir des informations sur la cargaison de nitrate d’ammonium, son commanditaire et la destination finale du navire.
Le drame du 4 août 2020, l’une des plus puissantes explosions non nucléaires de l’histoire, avait fait plus de 235 morts, blessé des milliers de personnes et dévasté des quartiers entiers de la capitale libanaise.



""Le capitaine du Rhosus « étonné » que le nitrate d'ammonium ait été stocké dans le port de Beyrouth "" HAHAHAHAHAHAHA ! y a que les responsables crasseux libanais qui ne l'etaient pas, ETONNES !!!!! HAHAHAHAHAHAHA !
10 h 04, le 22 décembre 2025