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Rétro 2025 : coups reçus, coups rendus

Chère lectrice, cher lecteur,

La rétrospective, c’est le moment de vérité. Quand l’année est finie, que les likes ont disparu et que les titres choc vieillissent mal. On relit 2025 et on se demande, très simplement : qu’est-ce qui reste ?

Parce qu’une rétrospective, ce n’est pas une playlist. C’est une sorte de choc en retour. On croyait avoir tout vu passer, et voilà que 2025 revient coup par coup, sans ordre, sans hiérarchie, avec cette lucidité froide que seul le début d’une nouvelle année autorise.
À relire les 25 coups culturels, on comprend que 2025 n’a pas été sage. Elle a cogné. Fort. Parfois au cœur — Ziad Rahbani, Joe Tarrab, des disparitions qui laissent le Liban un peu plus nu. Parfois truffée de symboles : Haïfa Wehbé « homme de l’année », une Carmen libanisée à Baalbeck, la couture libanaise hissée à la mairie de New York. Des gestes qui disent : on est encore là.
La rétrospective révèle aussi ce qui grince. Le patrimoine qu’on massacre, les artistes qu’on harcèle, les lignes rouges qui se déplacent dangereusement. 2025 a rappelé que la culture n’est jamais décorative : elle dérange et elle résiste.
Et puis il y a les coups de grâce au temps : expositions, films, paroles, spectacles qui refusent l’oubli. Wajdi Mouawad donnant son sang comme on donne un texte. Dominique Eddé rappelant que l’héroïsme de la guerre, personne n’en veut. Yasmine Hamdan, Hiam Abbass : des présences qui travaillent sur la durée, pas sur l’instant.
Au fond, cette rétrospective dit une chose simple : 2025 n’a pas cherché à plaire. Elle a marqué. Ce qui reste n’est pas ce qui a fait le plus de bruit, mais ce qui a laissé une trace. Le reste ? Des coups dans l’eau.

Bonne année 2026 et bonne lecture !

Maya Ghandour Hert
Cheffe du service culturel



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