Le président syrien Ahmad el-Chareh s'exprime lors d'une cérémonie commémorant le premier anniversaire de la chute de Bachar el-Assad, à Damas, en Syrie, le 8 décembre 2025. Photo REUTERS/Khalil Ashawi
Plusieurs responsables ont dénoncé dimanche la présence et les activités présumées au Liban d'anciens collaborateurs du régime de Bachar el-Assad, appelant les autorités à réagir au plus vite, au lendemain des révélations de la chaîne qatarie al-Jazeera et d'autres médias locaux sur d'anciens proches de l'ex-président syrien qui comploteraient contre les nouvelles autorités syriennes.
« Cette affaire exige une attention toute particulière de la part de l'État libanais et de ses services de sécurité », a indiqué le député du Parti socialiste progressiste (PSP) Waël Bou Faour, qui a soutenu « l'appel lancé par l'ancien chef du parti Walid Joumblatt » à ce sujet. « Certains de ces officiers jouent un rôle dans des tentatives de sabotage, tant en Syrie qu'au Liban. Malgré la chute du régime criminel d'Assad en Syrie, les relations libano-syriennes sont régies par l'accord de Taëf. Cet accord stipule clairement que le Liban ne doit servir ni de base ni de point de transit pour une quelconque agression contre la Syrie, et inversement. Par conséquent, l'État libanais doit agir pour arrêter les officiers du régime Assad qui se cachent au Liban », a déclaré le député, qui s'exprimait au cours d'un événement partisan dans la Békaa-Sud.
« Certains piliers, officiers, voyous et criminels de l’ancien régime syrien circulent librement au Liban, tandis que des centaines de prisonniers politiques (syriens) croupissent encore dans nos prisons. À qui profite ce retard dans le traitement de cette question ? Qui fait obstruction et entrave la résolution de ce dossier crucial pour la redéfinition d’une relation d’égal à égal entre le Liban et la Syrie ? Le pouvoir judiciaire ou le pouvoir politique ? », a écrit pour sa part un autre député du PSP, Bilal Abdallah, dimanche sur le réseau X.
Le député de la contestation Ibrahim Mneimné a de son côté fait savoir que « des reliquats du régime Assad tentent de reprendre leurs activités contre le président syrien Ahmad el-Chareh ». Il a mis en garde contre le risque de « jouer avec les intérêts politiques et économiques à cause des résidus d'un régime qui a détruit le Liban », tout en saluant le rôle joué par l'armée libanaise à ce sujet.
Des anciens du régime « parmi la population »
Le bureau de Rachaya de Dar al-Fatwa, la plus haute autorité sunnite au Liban, a appelé quant à lui l'État libanais à « prendre des mesures immédiates, rapides et décisives pour arrêter les derniers membres de l'ancien régime syrien présents au Liban et les renvoyer dans leur pays afin qu'ils y soient jugés ». « Nous alertons depuis des mois sur la présence significative au Liban de restes de l'ancien régime syrien, notamment dans la Békaa et le nord du pays, ainsi qu'à Beyrouth et dans sa banlieue. Ils opèrent sous la protection de services de sécurité partisans et avec la complicité des autorités libanaises. Nous en avons informé les responsables, précisant qu'ils se trouvent dans des zones désignées, vivant parmi la population dans des appartements et des villas loués, avec le soutien de diverses organisations libanaises, arabes et internationales », souligne Dar el-Fatwa.
La chute du régime de Bachar el-Assad, renversé par une coalition de rebelles islamistes le 8 décembre 2024, suivie par les violences intercommunautaires qui ont ensanglanté la Syrie depuis, a provoqué de nouvelles vagues de déplacés syriens, notamment alaouites, vers le Liban, en particulier dans le Akkar et au Hermel.
Dans une vidéo publiée le 31 décembre, al-Jazeera avait révélé que des officiers du régime Assad préparaient « un complot » visant à déstabiliser la Syrie au moyen d'une action militaire contre le gouvernement du président Ahmad el-Chareh sur la côte à majorité alaouite, notamment à partir du Liban.
C'est dans ce cadre que l’armée libanaise a effectué samedi des descentes à Tripoli, plus particulièrement dans le quartier de Jabal Mohsen, ainsi que dans plusieurs localités du Akkar, à prédominance alaouite. Ces opérations auraient visé principalement des camps et centres d’hébergement de déplacés syriens, selon les municipalités concernées.
Si la troupe n'a pas lié ces perquisitions aux rumeurs concernant les anciens du régime syrien déchu, elle a par ailleurs confirmé dans un communiqué l'arrestation samedi de 9 Libanais et 35 Syriens dans les cazas du Akkar, de Tripoli, de Batroun, de Baalbeck et du Hermel, « pour divers délits, notamment port d'armes, possession d'armes à feu, usage de stupéfiants, trafic d'êtres humains et séjour illégal ». Selon l'armée, ces mesures ont permis « la saisie d'armes, de munitions, de stupéfiants et de matériel militaire ».
Enfin, un rassemblement pacifique a eu lieu dimanche dans la localité de Kawachra au Akkar, « pour protester contre la transformation de cette région et du Liban-Nord en une arène où se déplacent les anciens du régime Assad et s'opposer à toute protection sécuritaire ou politique accordée à des officiers syriens dont les noms ont été liés à des attentats à la bombe et à des massacres ». Le participant ont appelé par la même occasion les autorités libanaises « à libérer les détenus islamistes », selon des informations de notre correspondant Michel Hallak.



Malheureusement On assiste jusqu’à présent a un pouvoir mou au Liban !!!
16 h 57, le 05 janvier 2026