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Politique - Dans La Presse

Des complots fomentés par d'ex-assadistes, notamment depuis le Liban, Beyrouth préoccupé

Selon certains documents révélés par al-Jazeera, une vingtaine d’ex-pilotes de l’armée syrienne se trouveraient en territoire libanais où l’ancien haut gradé Souheil el-Hassan aurait aménagé un QG.

Des complots fomentés par d'ex-assadistes, notamment depuis le Liban, Beyrouth préoccupé

Des membres des forces de sécurité syriennes montent la garde près de véhicules militaires lors d'une manifestation alaouite, à Lattaquié, en Syrie, le 28 décembre 2025. Photo Karam al-Masri/Reuters

De nouvelles révélations de la chaîne qatarie al-Jazeera sur des complots qui seraient organisés par d’anciens officiers syriens du régime Assad ont été publiées mercredi et jeudi. Cette fois-ci, certaines informations sont jugées inquiétantes à Beyrouth, notamment l’existence d’une cellule qui permettrait le commandement des opérations en Syrie depuis le Liban, et qui aurait été montée par le général déchu Souheil el-Hassan, à la tête des Forces du Tigre, unité d’élite de l’armée de l’ex-régime, en coordination supposée avec un agent israélien.

Dans une vidéo publiée le 31 décembre, al-Jazeera révèle, dans des extraits d’une enquête, que des officiers du régime Assad prépareraient « un complot » visant à déstabiliser la Syrie, par le biais d’une action militaire contre le gouvernement d’Ahmad el-Chareh sur la côte alaouite, notamment à partir du Liban. Durant presque sept minutes, al-Jazeera affirme détenir des documents écrits ainsi que des heures d’enregistrements audio de plusieurs officiers de l’ex-régime, dont Souheil el-Hassan actuellement en Russie, portant sur un plan pour mener des actions militaires en coordination avec Israël. L’intégralité de l’enquête sera diffusée à la mi-janvier, indique la chaîne.

L’investigation s’appuie sur 74 heures d’enregistrements audio entre avril et décembre 2025 ainsi que des centaines de documents, et révèle les « tentatives de plusieurs officiers de se regrouper, collecter des fonds et se procurer des armes » dans le but de déstabiliser le pays depuis la chute de Bachar el-Assad, le 8 décembre 2024. La vidéo de l’enquête montre un appel entre trois personnes : Souheil el-Hassan, Ghiath Dalla, ancien brigadier général des forces assadistes, qui se trouverait actuellement au Liban, ainsi qu’un troisième Syrien, dont l’identité n’est pas révélée. Ce dernier aurait contacté Souheil el-Hassan et Ghiath Dalla en se présentant comme un officier israélien chargé du dossier syrien pour les soutenir et coordonner avec eux les actions militaires sur la côte. « Je dispose d’informations dangereuses provenant des services de renseignements », affirme Souheil el-Hassan au cours de l’appel. Durant l’échange, le troisième homme affirme à Souheil el-Hassan qu’« Israël, avec toutes ses capacités, sera à vos côtés ». L’officier syrien répond alors que Rami Makhlouf, homme d’affaires et cousin de Bachar el-Assad, est la personne chargée de la coordination, par ailleurs principal soutien du plan en question.

Le soutien de Souheil el-Hassan à la guerre d’Israël à Gaza

Au cours de l’appel, Souheil el-Hassan exprime, en outre, son soutien à la guerre menée par Israël à Gaza, affirmant que « la folie » qu’était l’opération Déluge d’al-Aqsa, lancée par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, devait « prendre fin ». « Que Dieu les maudisse. C’est terminé, et il ne reste seulement que quelques-uns d’entre eux », lance Souheil el-Hassan au prétendu officier israélien.

Le 1er janvier, d’autres documents ont été publiés par al-Jazeera, selon lesquels Souheil el-Hassan confie que 168 000 officiers et soldats travaillent avec lui dans différentes villes syriennes comme Homs, Lattaquié ou Tartous. D’autres papiers indiquent la taille, les quantités et les types d’armes détenues, mais aussi qu’une vingtaine d’anciens pilotes de l’armée de l’air syrienne se trouveraient au Liban et que l’ancien haut gradé aurait aménagé un immense bureau au Liban à Hissa (Akkar), près de la frontière syrienne, pour en faire un quartier général et un centre de commandement des opérations prévues contre le gouvernement syrien.

Réagissant à l’enquête d’al-Jazeera, l’Union des municipalités de la plaine du Akkar s’est exprimée dans un communiqué vendredi, assurant que les municipalités n’ont « jamais outrepassé le cadre de la légalité », et que l’accueil de réfugiés syriens depuis 2011 a exclusivement été motivé « par des considérations humanitaires » et non par des « calculs politiques ». Elle rappelle que tous les réfugiés se trouvant sur son territoire sont enregistrés et condamne toute tentative « visant à perturber la sécurité libanaise ou syrienne » en utilisant les municipalités de la région.

Tarek Mitri préoccupé

Selon des sources de sécurité concordantes contactées par L’Orient-Le Jour, des milliers d’anciens responsables et proches du régime syrien déchu vivent aujourd’hui au Liban, parmi plus de 75 000 réfugiés alaouites recensés de manière officieuse par les autorités. Ces officiers, sous-officiers, chefs de branches de sécurité, anciens tortionnaires et miliciens, se cacheraient dans le pays. Ils avaient profité du chaos des premiers jours après la chute du régime pour passer la frontière syro-libanaise.

Tarek Mitri, vice-président du gouvernement de Nawaf Salam et en charge du dossier syrien, a réagi vendredi à ces différents éléments dans une publication sur son compte X. « Ce qui circule dans les médias et parmi la population au sujet des mouvements des partisans de l’ancien régime syrien au Liban est préoccupant », a-t-il ainsi écrit, appelant les agences de sécurité libanaises à vérifier l’exactitude des informations et à prendre les mesures qui s’imposent. « Il leur incombe, ainsi qu’à nous tous, d’écarter les dangers liés à toute action qui porterait atteinte à l’unité de la Syrie ou menacerait sa sécurité et sa stabilité, que ce soit au Liban ou en provenance du Liban », poursuit le message, appelant à une « coopération accrue » avec les autorités syriennes, « fondée sur la confiance mutuelle et le respect de la souveraineté des deux pays et de leurs intérêts communs ».

Plus tard dans la journée, c’est le cheikh Bilal Baroudi, secrétaire pour Tripoli de Dar el-Fatwa, la plus haute instance sunnite, qui a mis en garde dans son prêche « contre les informations faisant état de la présence de combattants et non de personnes déplacées dans certaines zones du Liban », citant les villes de Jabal Mohsen, Hakr et Hissa, des quartiers et localités à prédominance alaouite. Le religieux a exhorté les services de sécurité « à agir ».

De nouvelles révélations de la chaîne qatarie al-Jazeera sur des complots qui seraient organisés par d’anciens officiers syriens du régime Assad ont été publiées mercredi et jeudi. Cette fois-ci, certaines informations sont jugées inquiétantes à Beyrouth, notamment l’existence d’une cellule qui permettrait le commandement des opérations en Syrie depuis le Liban, et qui aurait été montée par le général déchu Souheil el-Hassan, à la tête des Forces du Tigre, unité d’élite de l’armée de l’ex-régime, en coordination supposée avec un agent israélien.Dans une vidéo publiée le 31 décembre, al-Jazeera révèle, dans des extraits d’une enquête, que des officiers du régime Assad prépareraient « un complot » visant à déstabiliser la Syrie, par le biais d’une action militaire contre le gouvernement...
commentaires (3)

Ils doivent être arrêtés, détenus, puis remis aux autorités légitime

S. A.

12 h 20, le 03 janvier 2026

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Commentaires (3)

  • Ils doivent être arrêtés, détenus, puis remis aux autorités légitime

    S. A.

    12 h 20, le 03 janvier 2026

  • "" beyrouth est preoccupe"", beyrouth n'apprendra jamais ses lecons, beyrouth ne fait que reagir , beyrouth n'a jamais agit, beyrouth n'agira QUE tardivement, beyrouth sera toujours depasse par les evenements.

    L’acidulé

    11 h 40, le 03 janvier 2026

  • Humanitaires? ou bien soudoyer?. Quel bordel de pays.

    Ma Realite

    07 h 34, le 03 janvier 2026

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