Cette photo prise le 7 novembre 2024 montre une vue générale de la ville de Hargeisa, capitale et plus grande ville de la République autoproclamée du Somaliland. Photo Luis Tato / AFP
La Turquie, proche alliée et soutien de Mogadiscio, a dénoncé vendredi la reconnaissance par Israël du Somaliland, une république autoproclamée qui a fait sécession, comme une « ingérence manifeste dans les affaires intérieures de la Somalie ».
« La reconnaissance de l’indépendance du Somaliland constitue un nouvel exemple des actions illégales du gouvernement du (Premier ministre) Netanyahu visant à créer une instabilité régionale et mondiale », écrit le ministère turc des affaires étrangères dans un communiqué.
« Cette initiative d'Israël, qui poursuit sa politique expansionniste et met tout en œuvre pour empêcher la reconnaissance d'un État palestinien, constitue une ingérence manifeste dans les affaires intérieures de la Somalie », ajoute-t-il, en estimant que « les décisions concernant l'avenir de la République fédérale de Somalie et de la région du Somaliland doivent être prises de manière à refléter la volonté de tous les Somaliens ». « La Turquie, qui attache une grande importance à la paix et à la sécurité dans la Corne de l'Afrique et soutient fermement l'intégrité territoriale de la Somalie, continuera d'être aux côtés du peuple somalien » conclut-il.
Ankara apporte son assistance militaire et économique aux autorités du pays, dévasté par la guerre civile depuis le début des années 90, dont elle contribue à restaurer l'armée et les infrastructures tout en garantissant sa présence - également maritime - en Afrique de l'Est .
Le Somaliland a déclaré unilatéralement son indépendance en 1991, alors que la République de Somalie sombrait dans le chaos après la chute du régime militaire de l'autocrate Siad Barre. Il fonctionne depuis en autonomie, avec ses propres monnaie, armée et police, et se distingue par sa relative stabilité comparé à la Somalie, minée par l'insurrection islamiste des shebab et les conflits politiques chroniques. Mais il n'était jusqu'alors reconnu publiquement par aucun pays, ce qui le maintient dans un certain isolement politique et économique malgré sa situation à l'entrée du détroit de Bab-el-Mandeb, sur l'une des routes commerciales les plus fréquentées au monde reliant l'océan Indien au canal de Suez.


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