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Dernières Infos - Double Explosion Au Port De Beyrouth

Bitar rentre bredouille de son audience avec le propriétaire du Rhosus

Igor Grechouchkine a refusé de faire une déposition devant le juge d’instruction en charge de l’enquête et n’a répondu à aucune question.

Bitar rentre bredouille de son audience avec le propriétaire du Rhosus

Les dégâts causés par la double explosion au port de Beyrouth le 4 août 2020. Photo Mohammad Yassine/ L'Orient-Le Jour

Le propriétaire du Rhosus, le navire qui avait acheminé le nitrate d’ammonium à l’origine du drame du 4 août 2020 au port de Beyrouth, Igor Grechouchkine, actuellement détenu en Bulgarie, a refusé jeudi de faire une déposition devant le juge d’instruction en charge de l’enquête Tarek Bitar, et n’a répondu à aucune question, a confirmé une source judiciaire libanaise proche du dossier. Le magistrat est donc rentré bredouille à Beyrouth vendredi.

M. Grechouchkine était en présence de son avocate pendant l'audience, au cours de laquelle il a donc gardé le silence, comme l'y autorise la loi. Selon la source précitée, le fait que le propriétaire du Rhosus soit resté silencieux ne change rien à son statut, sachant qu'en vertu de l'enquête au Liban, il reste recherché par la justice. Son silence n'est pas non plus une présomption de culpabilité et le juge devra avoir recours dans son acte d'accusation à d'autres modalités de preuve pour juger de cette culpabilité. Pour autant, l'enquête n'en est pas non plus entravée.

« Rien ne fait obstruction » à l'enquête

À sa sortie de l'ambassade du Liban à Sofia avant de se rendre à l'interrogatoire, le juge Bitar a été interrogé par le journaliste Firas Hatoum sur les perspectives de l'enquête. Refusant de répondre aux questions, il a cependant affirmé que « rien ne fait obstruction » à son enquête.


Tarek Bitar s’était rendu mercredi en Bulgarie afin d’interroger le propriétaire du Rhosus, après une autorisation accordée par la justice bulgare. Cette démarche faisait suite au rejet d’une précédente requête libanaise visant à l’extradition d’Igor Grechouchkine, Sofia estimant que Beyrouth n’avait pas fourni de garanties suffisantes quant à l’absence de recours à la peine de mort.

Toutefois, la source judiciaire au Liban a laissé entendre que le parquet bulgare, qui était en faveur d'une extradition, aurait fait appel de la demande du tribunal, une procédure qu'il devait déposer avant le 17 décembre. L'instance d'appel à Sofia a désormais un délai de 10 jours ouvrables pour trancher.

Arrêté le 5 septembre à l’aéroport de Sofia sur la base d’une notice rouge d’Interpol, le ressortissant russo-chypriote de 48 ans est poursuivi par la justice libanaise pour « introduction d’explosifs au Liban, acte terroriste ayant entraîné la mort d’un grand nombre de personnes et désactivation de machines dans le but de faire couler un navire », selon le parquet bulgare. Les autorités judiciaires libanaises espéraient notamment obtenir des informations sur la cargaison de nitrate d’ammonium, son commanditaire et la destination finale du navire.

Ce déplacement du juge Bitar est intervenu après la levée, jeudi dernier, de l’interdiction de voyager qui lui avait été imposée, dans le cadre d’une plainte pour usurpation de pouvoir et rébellion contre la justice, déposée en janvier 2023 par l’ancien procureur général près la Cour de cassation, Ghassan Oueidate, et examinée par le juge d’instruction ad hoc Habib Rizkallah.


Début 2023, Tarek Bitar avait décidé de reprendre l’enquête qu’il avait dû interrompre treize mois auparavant, dans un contexte d’hostilité d’une grande partie de la classe politique, notamment du Hezbollah, qui l’accusait de partialité, avant d’être poursuivi pour insubordination. Il n'avait pu reprendre ses auditions qu'au début de l'année après l’entrée en fonction du président Joseph Aoun et de son Premier ministre Nawaf Salam, qui ont promis de préserver l’indépendance de la justice, à la suite de la guerre entre Israël et le Hezbollah, dont le mouvement chiite soutenu par l’Iran est sorti très affaibli à l’automne 2024.

Cette avancée judiciaire intervient par ailleurs dans un contexte de rapprochement entre Beyrouth et Sofia. Début novembre, le président Joseph Aoun s’était rendu en Bulgarie pour s’entretenir avec son homologue Rumen Radev, saluant alors « la coopération judiciaire et pénale » entre les deux pays. Le drame du 4 août 2020, l’une des plus puissantes explosions non nucléaires de l’histoire, avait fait plus de 235 morts, blessé des milliers de personnes et dévasté des quartiers entiers de la capitale libanaise.

Le propriétaire du Rhosus, le navire qui avait acheminé le nitrate d’ammonium à l’origine du drame du 4 août 2020 au port de Beyrouth, Igor Grechouchkine, actuellement détenu en Bulgarie, a refusé jeudi de faire une déposition devant le juge d’instruction en charge de l’enquête Tarek Bitar, et n’a répondu à aucune question, a confirmé une source judiciaire libanaise proche du dossier. Le magistrat est donc rentré bredouille à Beyrouth vendredi.M. Grechouchkine était en présence de son avocate pendant l'audience, au cours de laquelle il a donc gardé le silence, comme l'y autorise la loi. Selon la source précitée, le fait que le propriétaire du Rhosus soit resté silencieux ne change rien à son statut, sachant qu'en vertu de l'enquête au Liban, il reste recherché par la justice. Son silence n'est pas non...