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Culture - Sortir À Beyrouth

Théâtre, expos, design : notre joyeuse sélection culturelle de l’« Avent »

Pour clore l’année en beauté, pourquoi ne pas s’offrir une dernière escapade culturelle à Beyrouth ? Spectacles, œuvres d’art et objets à découvrir, à savourer, à offrir ou à s’offrir, dans un esprit délicieusement divertissant.

Théâtre, expos, design : notre joyeuse sélection culturelle de l’« Avent »

Une scène de la pièce de Noël « Chou Carlos ahssan menneh » qui se joue au théâtre Monnot. Photo ZZ/L'OLJ

« Chou Carlos ahssan menneh ? » une pièce cadeau de Noël

Lina Abiad, Abdel Rahim el-Awji, Jennifer Yammine et Wissam Saliba saluant le public. Photo ZZ/L'OLJ
Lina Abiad, Abdel Rahim el-Awji, Jennifer Yammine et Wissam Saliba saluant le public. Photo ZZ/L'OLJ

Voilà la pièce parfaite pour cette période des fêtes*. « Une comédie romantique de Noël » dont les protagonistes sont Raja, beau gosse, tombeur en série, qui travaille dans l’industrie musicale, et Johnny, son ami de toujours, physiquement moins favorisé par la nature, acteur touche-à-tout et sympathique pique-assiette. Le rideau s’ouvre sur Raja (Wissam Saliba) qui, largué par sa dernière conquête, joue sa complainte de chanteur abandonné. Exaspéré par ses jérémiades, Johnny (Abdel Rahim el-Awji) va le mettre au défi de se désintoxiquer des femmes en les évitant totalement durant une semaine. S’il échoue, il devra payer une forte amende… On ne vous en révélera pas plus, sinon que cette histoire, écrite par Walid al-Yaziji, adaptée au théâtre par Josyane Boulos et Abdel Rahim el-Awji, mise en scène par Lina Abiad et interprétée par le duo de comédiens, rejoints par Jennifer Yammine (qui y révèle sa magnifique voix de chanteuse), est truffée de vannes, de clins d’œil et de petites séquences en chansons. On en ressort l’esprit allégé et le sourire aux lèvres. Une pièce qui réjouira tous ceux pour qui la comédie n’est pas un plaisir honteux !

*« Chou Carlos ahssan menneh ? » au théâtre Monnot jusqu’au 30 décembre.

Betty Taoutel refait sa « Mono-Pause »

Betty Taoutel et Jacques Mokhbat, duo d'acteurs dans "Mono-pause". Photo fournie par la comédienne
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Auréolée du prix honorifique qui lui a été attribué le mois dernier par le festival du film libanais à Halifax, en reconnaissance de sa contribution à la promotion de la culture du pays du Cèdre, Betty Taoutel est de retour au Liban. Galvanisée aussi par le triomphe au Canada de sa pièce Mono-Pause, qui a fait salle comble (avec plus de 750 spectateurs) au festival du monde arabe de Montréal, elle a décidé de la rejouer sur les planches libanaises, à l’occasion des fêtes.
La comédienne, auteure et metteuse en scène retrouvera donc son public beyrouthin au théâtre Tournesol, entre le 19 décembre et le 4 janvier. Neuf représentations seulement, au cours desquelles la pétillante Taoutel, en duo avec son complice sur scène, le Dr Jacques Mokhbat, se glissera à nouveau dans son personnage de femme « mono-pausée », chamboulée par tout ce qu’elle a traversé ces dernières années au Liban, oscillant entre bas résilles sur talons aiguille et pyjama sur charentaises.
Si vous n’avez pas encore vu cette tragi-comédie, n’hésitez pas à réserver vos places.

* Du 19 décembre au 4 janvier au théâtre Tournesol

Ces fleurs jaillies du béton de l’atelier de Nada Sehnaoui

Une oeuvre de la série Flowers Blossomed out of broken concrete de Nada Sehnaoui. (techniques mixtes; 76x65x31 cm; 2025). Avec l'aimable autorisation de l'artiste
Une oeuvre de la série Flowers Blossomed out of broken concrete de Nada Sehnaoui. (techniques mixtes; 76x65x31 cm; 2025). Avec l'aimable autorisation de l'artiste

Connue pour son œuvre traversée par un élan de rébellion contre l’effacement de la mémoire des conflits et des cataclysmes libanais, Nada Sehnaoui revient, dans une série récente dont le processus créatif s’est imposé à elle de manière organique, sur son expérience de la double explosion du 4 août 2020. Inspirée par les débris de verre et de béton qu’elle retrouvait ponctuellement incrustés dans des endroits inattendus de son ancien atelier dévasté de Mar Mikhael, elle a « sculpté » une série de toiles recouvertes de couches épaisses de peinture, jusqu’à ce que des fleurs émergent de ses volumes en rondeurs. Une esthétique florale paradoxalement largement évocatrice de ces ballots qui ont servi, dans les premières heures, au ramassage des gravats de l’explosion.
Présentée, sous la curation du galeriste Saleh Barakat, sur les cimaises de Kenshō, un espace pluridisciplinaire à Mar Mikhael, cette série intitulée Flowers Blossomed Out of Broken Concrete dialogue avec deux autres ensembles de l’artiste plasticienne.
Le premier, Loin des mauvaises nouvelles du monde (2018-2022), oppose au flot incessant de la violence l’évocation d’un monde enfin apaisé, à travers une constellation de couleurs vibrantes sur de petites toiles blanches. Le second, How Many, How Many More (2015-2019), répond aux guerres régionales à travers des coups de pinceau délicats, illustrant le rythme continu dans lequel s’inscrit la résistance.

* Jusqu'au 11 janvier 2026. Du mardi au dimanche, de midi à 23h.

De l’air et de la lumière dans les couleurs de Ribal Molaeb

Ribal Molaeb posant de l'une de ses grandes oeuvres accrochée à la galerie Saleh Barakat. Avec l'aimable autorisation de l'artiste
Ribal Molaeb posant de l'une de ses grandes oeuvres accrochée à la galerie Saleh Barakat. Avec l'aimable autorisation de l'artiste

Est-ce pour combattre la noirceur des temps ? Nos artistes semblent de plus en plus en quête de lumière dans leurs œuvres. C’est particulièrement le cas de Ribal Molaeb, dont les compositions abstraites, de moyen et grand format, accrochées sur les cimaises de la galerie Saleh Barakat à Clémenceau*, emportent le regard vers des horizons clairs. Peintures d’atmosphère par excellence, ses huiles sur toile déploient une palette de tonalités aux associations subtiles, dégageant un souffle éthéré. Celui du ciel aux différentes heures du jour, observé depuis le promontoire de son village natal de Baïssour, dans la montagne. De l’aube au coucher, en passant par l’éclat de midi, les atténuations graduelles de l’après-midi… Ce peintre et musicien – altiste, et dont le talent avait été repéré par Daniel Barenboïm – rejoue sur toile toutes les gammes aériennes d’un panorama largement ouvert… sur la petite musique d’un monde contemplatif, d’un paysage immémorial, naturel, dont les cycles demeurent la seule constante.

* « Becoming Light » de Ribal Molaeb : jusqu’au 2 janvier 2026.

Julie Bou Farah, ses nuages, ses cactus, sa mémoire

"Cactus Bird" de Julie Bou Farhat; acrylique et technique mistes sur toile (151x197cm; 2020). Avec l'aimable autorisation de l'artiste
"Cactus Bird" de Julie Bou Farhat; acrylique et technique mistes sur toile (151x197cm; 2020). Avec l'aimable autorisation de l'artiste

Envie d’une plongée dans l’univers régressif de la fantaisie de l’enfance ? Rendez-vous à la galerie Janine Rubeiz, où les toiles de Julie Bou Farah reflètent la poétique fraîcheur de son regard. À soixante ans, cette peintre et professeure à l’ALBA et à l’UL reste attachée à ce qui fait sa marque distinctive : une apparente candeur enfantine qui recouvre ses interrogations existentielles, parfois même sa vision critique de l’actualité. Dans la trentaine de compositions à l’acrylique et en techniques mixtes sur toile qu’elle présente, sous l’intitulé ICloud, on retrouve l’un ou l’autre de ces trois éléments-clés : nuage, oiseau et cactus. Trois symboles liés à son exploration de la mémoire et représentatifs de ces fragments de souvenirs qui sont autant de nuages, « imparfaits et vivants, porteurs à la fois de présence et d’absence ». Des souvenirs qui traversent nos consciences comme un battement d’ailes d’oiseaux en plein vol, métaphore d’une mémoire fulgurante. Ou encore qui se calfeutrent, cœur fragile sous le piquant protecteur des épines, à l’instar de ces cactus, tout en paradoxes : vulnérables et résistants à la fois, « protecteurs et blessants à l’image de la mémoire elle-même », signale l’artiste. Qui prouve, une fois de plus, que l’art naïf ne signifie pas art niais !

*« ICloud » de Julie Bou Farah : jusqu’au 3 janvier 2026.

(S’)Offrir des pièces design et soutenir le BAC

Une vue d'un coin de l'exposition design au BAC. Photo ZZ/L'OLJ.
Une vue d'un coin de l'exposition design au BAC. Photo ZZ/L'OLJ.

L’exposition collective de design libanais est de retour au Beirut Art Center (BAC). L’espace artistique à but non lucratif, qui s’appuie sur la vente des pièces de créateurs pour financer une partie de son programme public annuel de conférences, de performances et de projections de films autour de l’art contemporain, propose cette année une sélection pointue d’objets portant les signatures de 30 designers libanais. On y retrouve, entre autres, les « labels stars » du design libanais, dont Karen Chekerdjian, Rabih Kayrouz, Bokja, Carlo Massoud, Karim Chaya, May Daouk ou encore Najla el-Zein… Mais aussi des pièces d’étoiles montantes, à l’instar de Stéphanie Moussallem, Shaha Raphael, Tessa Sakhi, Karine Letayef ou encore du tout nouveau-venu David Sfeir, dont les luminaires et vases en délicate porcelaine sont produits en imprimante 3D.
Du bahut peint aux bijoux sculpturaux, en passant par le petit mobilier en bois ou en pierre sculptée, les plateaux de service en marbre ambré, les tapisseries-patchworks, la verrerie colorée, il y en a pour tous les goûts et tous les budgets.

*Beirut Art Center, Jisr el-Wati. Jusqu’au 31 décembre, de 12h à 19h, sauf les samedis de 12h à 17h.

Découvrez tous les événement culturels des semaines à venir, au Liban mais aussi en France (pour les événements libanais), sur le calendrier de notre partenaire, L'Agenda Culturel.

« Chou Carlos ahssan menneh ? » une pièce cadeau de NoëlLina Abiad, Abdel Rahim el-Awji, Jennifer Yammine et Wissam Saliba saluant le public. Photo ZZ/L'OLJ Voilà la pièce parfaite pour cette période des fêtes*. « Une comédie romantique de Noël » dont les protagonistes sont Raja, beau gosse, tombeur en série, qui travaille dans l’industrie musicale, et Johnny, son ami de toujours, physiquement moins favorisé par la nature, acteur touche-à-tout et sympathique pique-assiette. Le rideau s’ouvre sur Raja (Wissam Saliba) qui, largué par sa dernière conquête, joue sa complainte de chanteur abandonné. Exaspéré par ses jérémiades, Johnny (Abdel Rahim el-Awji) va le mettre au défi de se désintoxiquer des femmes en les évitant totalement durant une semaine. S’il échoue, il devra payer une forte amende… On ne...
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