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Économie - Réformes

Répartition des pertes : les banques libanaises rejettent le projet du gouvernement, Jaber fait le point avec le FMI

Dans une lettre ouverte adressée « aux dirigeants, aux Libanais en général et aux déposants en particulier », l'ABL a particulièrement ciblé la 9ᵉ version du projet de loi sur le « trou » financier.

Répartition des pertes : les banques libanaises rejettent le projet du gouvernement, Jaber fait le point avec le FMI

L’entrée du siège de l'ABL à Beyrouth, le 7 août 2025. Le bâtiment porte encore les marques des dégradations subies pendant les manifestations de contestation commencées le 17 octobre 2019. Photo d’archives : Philippe HAGE BOUTROS / L’Orient-Le Jour

L'Association des banques libanaises (ABL) est sortie de son silence lundi pour critiquer le contenu du projet de loi sur la répartition des pertes que le gouvernement et la Banque du Liban sont en train de finaliser. Ce texte fait partie des réformes cardinales du système financier libanais exigées par le Fonds monétaire international (FMI) pour que le Liban puisse souscrire à l’un de ses programmes d’assistance financière. Le ministre des Finances Yassine Jaber a mis le représentant du FMI au Liban, Frederico Lima, au courant des avancées réalisées sur ce dossier.

Depuis 2020, l'ABL et les grands déposants s’opposent à tout plan qui ne fait pas porter l'essentiel du fardeau de la crise à l'État et à la Banque du Liban, tandis que le FMI insiste pour que les actionnaires des banques soient les premiers à être ponctionnés avant de calculer la participation des déposants et de l'État aux pertes, conformément aux standards internationaux dans ce domaine.

Dans une lettre ouverte adressée « aux dirigeants, aux Libanais en général et aux déposants en particulier », l'association, qui regroupe les établissements bancaires encore en activité dans le pays plus de six ans après le début de la crise, a particulièrement ciblé la 9ᵉ version du projet, récemment divulguée dans la presse et qui aurait été actualisée depuis.

L'ABL considère que le projet présente « de graves lacunes, tant dans son fond que dans sa formulation » et « contient des dispositions susceptibles de compromettre gravement le système bancaire et sa viabilité, tout en prolongeant la durée de la récession économique ». « Il est inacceptable que l’État se dérobe à ses responsabilités et les reporte sur les banques, provoquant ainsi la liquidation du secteur et privant les déposants de leur droit de récupérer leurs dépôts », s’insurgent les rédacteurs de la lettre.

Le ministre des Finances, Yassine Jaber, et le représentant du FMI au Liban, Frederico Lima, lors d'une réunion le 15 décembre 2025 au ministère à Beyrouth. Photo diffusée par le ministère des Finances
Le ministre des Finances, Yassine Jaber, et le représentant du FMI au Liban, Frederico Lima, lors d'une réunion le 15 décembre 2025 au ministère à Beyrouth. Photo diffusée par le ministère des Finances

L'ABL s'est également interrogée sur la question de savoir qui « couvrira les pertes des déposants résultant de la liquidation des banques commerciales » et a estimé que l’approche privilégiée dans le plan était incompatible avec « les déclarations répétées » de ses promoteurs selon lesquelles « la reconstruction du secteur bancaire est essentielle pour la reprise et la croissance future du Liban ».

Enfin, l'association a souligné que tout plan de répartition des pertes devrait contraindre et donner les moyens à la Banque du Liban de restituer aux banques des dizaines de milliards de dollars de dépôts qu’elle détenait au moment où la crise a éclaté, obliger l’État à recapitaliser la banque centrale et relancer la confiance dans le secteur financier.

Le projet de loi sur « l’assainissement financier et la restitution des dépôts » – plus connu sous le nom de « loi sur le « ''trou'' financier » – doit être présenté au Conseil des ministres en vue de son adoption avant la fin de l’année, selon l’engagement répété à plusieurs reprises par le Premier ministre Nawaf Salam.

Le sujet a été au centre d'une réunion lundi à Beyrouth entre le ministre des Finances, Yassine Jaber, et le représentant du FMI au Liban, Frederico Lima, selon un communiqué du ministère. Le ministre a mis en avant les progrès réalisés dans l'élaboration du projet. Le ministre a également présenté les propositions de son ministère pour mettre en place un cadre budgétaire à moyen terme permettant d’assurer la pérennité des finances publiques et d’améliorer la gouvernance, une autre exigence du FMI.

Selon plusieurs médias locaux, citant des sources financières anonymes, le Premier ministre Nawaf Salam souhaite finaliser la version du projet de loi sur la répartition des pertes dans un délai de deux jours, afin d’aboutir à une mouture qui convienne au FMI.

L'Association des banques libanaises (ABL) est sortie de son silence lundi pour critiquer le contenu du projet de loi sur la répartition des pertes que le gouvernement et la Banque du Liban sont en train de finaliser. Ce texte fait partie des réformes cardinales du système financier libanais exigées par le Fonds monétaire international (FMI) pour que le Liban puisse souscrire à l’un de ses programmes d’assistance financière. Le ministre des Finances Yassine Jaber a mis le représentant du FMI au Liban, Frederico Lima, au courant des avancées réalisées sur ce dossier.Depuis 2020, l'ABL et les grands déposants s’opposent à tout plan qui ne fait pas porter l'essentiel du fardeau de la crise à l'État et à la Banque du Liban, tandis que le FMI insiste pour que les actionnaires des banques soient les...
commentaires (9)

Elles peuvent rejeter ce qu’elles veulent les banques, elles ne font pas la loi pour autant ! Elles devront s’y soumettre tout simplement !

LeRougeEtLeNoir

11 h 53, le 16 décembre 2025

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Commentaires (9)

  • Elles peuvent rejeter ce qu’elles veulent les banques, elles ne font pas la loi pour autant ! Elles devront s’y soumettre tout simplement !

    LeRougeEtLeNoir

    11 h 53, le 16 décembre 2025

  • Un autre groupe de mafieux qui veut simplement l'effacement de leurs méfaits au détriment des déposants. Et vous voulez que ce pays se relève ...

    Zeidan

    10 h 07, le 16 décembre 2025

  • banquiers, BdL,Etat & mafieux du prive tiennent a faire omission sur le sens reel derriere leurs dizaines de projets . en effet les 4 parties sont libellees RESPONSABLES de la catastrophe financiere. Or la verite est que les seuls Responsables sont les banques pour avoir mal geres l'argent de leurs clients.je dis les banques pas les banquiers. Tous les autres sont COUPABLES puisque c'est eux qui ont VOLE l'argent des clients de ces banques. Coupables implique poursuites judiciaires.

    L’acidulé

    09 h 00, le 16 décembre 2025

  • Les crapules bancaires ne veulent pas payer ? Elles sont pourtant tout aussi responsable du "trou" financier que la canaille de l'etat (BDL comprise). Le plus grave dans toute cette affaire, qui a ruine les detenteurs de plus de 1 400 000 comptes, c'est qu'il n'y aura jamais aucune mise en cause judiciaire des responsables. Tous les responsables. Tfeeeeehhhhhhh !

    Michel Trad

    08 h 47, le 16 décembre 2025

  • Les calculs financiers sont une chose et la responsabilité pénale (voire criminelle) une autre. Dans ce contexte, les dirigeants en cravates de tous bords devraient se retrouver derrière les barreaux ! Tous ces gros-plein-de-soupe ne peuvent pas continuer à se pavaner en toute impunité … Sinon et en attendant, vivent les bananes !

    Ayoub Elie

    08 h 28, le 16 décembre 2025

  • Il est pourtant indispensable qu les actionnaires des banques prennent leur part décès pertes financières. Car non, ce projet n’est pas la fin des banques mais permettra de faire le tri entre les banques bancales qui étaient de toute façon condamnées et les banques viables qui devront ouvrir leur capital à de nouveaux actionnaires pour éponger leurs dettes envers les déposants.

    Marionet

    07 h 47, le 16 décembre 2025

  • Aussi longtemps que vous continuerez à traîner le pays ne redémarra pas en priorité retourner aux déposants leurs argents doit être votre priorité .

    Badreddine issam

    07 h 26, le 16 décembre 2025

  • Il y a un principe de Droit qui dit que « personne ne peut invoquer sa propre turpitude ». Les banquiers ont tout misé sur les intérêts indécents offerts par la banque centrale. Ils savaient très bien que cette générosité était suspecte et ne pouvait pas durer. Le déposant a prêté son argent à sa banque, ni à la BC ni à l’Etat. C’est donc à elle de le lui rendre. Elle est responsable des placements qu’elle a effectués. C’est à elle de rendre notre argent et le chantage à la faillite du secteur ne passe pas. Les maudits banquiers veulent sacrifier notre argent pour bien garder le leur.

    Goraieb Nada

    05 h 44, le 16 décembre 2025

  • Monsieur le Premier Ministre. Ce n’est pas au FMI que vous devez faire plaisir mais à vos concitoyens déposants qui souffrent depuis plus de 6 ans à cause de l’aventurisme de vos prédécesseurs et de la décision irresponsable du plus amateur d’entre qui s’appelle Hassane Diab qui a fait défaut sur la dette et qui s’est enfui par la suite. Votre projet actuel vole à nouveau les déposants notamment les plus fragiles d’entre eux. Faites bien attention à ce que vous décidez car la sentence du peuple est impitoyable.

    Ras le bol

    16 h 16, le 15 décembre 2025

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