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Politique - Liban

« Homme d'État », « patriote », « parrain des médiations » : pluie d'hommages au député Ghassan Skaff

Le parlementaire de la Békaa est mort des suites d'un cancer. Ses collègues ont salué la mémoire d'un homme intègre et d'un éminent médecin.

« Homme d'État », « patriote », « parrain des médiations » : pluie d'hommages au député Ghassan Skaff

Le défunt député libanais Ghassan Skaff. Photo tirée du compte X de Michel Daher

« Homme d'État », « patriote », « parrain des médiations » : plusieurs responsables et journalistes libanais ont rendu hommage au député libanais Ghassan Skaff, décédé samedi matin des suites d'un cancer.

Ghassan Skaff, indépendant et originaire de Aïta el-Foukhar, élu en 2022 au siège grec-orthodoxe de la Békaa II (Rachaya-Békaa-Ouest), était marié et père de trois enfants. Titulaire d’un master en administration des affaires, et d’un baccalauréat en médecine et chirurgie de l’Université Saint-Joseph (USJ) à Beyrouth, il était professeur et chef du service de neurochirurgie au centre médical de l’Université américaine de Beyrouth (AUBMC) depuis janvier 2007, et directeur du programme de la colonne vertébrale au sein du même centre depuis 2002. Ghassan Skaff était aussi directeur de l’enseignement du Conseil du Moyen-Orient au sein « Ao Spine », une organisation internationale dédiée à l’éducation, la recherche et l’innovation en chirurgie de la colonne vertébrale. Il a également présidé la commission scientifique de l'Ordre des médecins libanais entre 2010 et 2016, et a aussi travaillé comme médecin résident en neurochirurgie à l'Université de Californie à Los Angeles de 1990 à 1992.

Selon le site al-Modon, il est le premier député à avoir proposé l'ajournement des législatives prévues en mai 2026.

Réagissant à la disparition de l'élu, le président de la République Joseph Aoun a estimé que « le Liban perd un député dévoué et une voix nationale authentique, qui a consacré sa vie au service des Libanais en général et des habitants de sa région en particulier, d’abord en tant que médecin émérite, puis comme représentant de la nation, engagé dans la défense des causes nationales au Parlement ». « C’était un homme aux principes solides, à la volonté ferme et au patriotisme sincère, connu pour son intégrité, son engagement et sa fidélité à sa mission médicale et parlementaire. Son départ constitue une grande perte pour le Liban, pour le Parlement et pour le secteur de la santé », a-t-il ajouté.

Le chef du gouvernement, Nawaf Salam, a aussi rendu hommage au parlementaire décédé sur X. « Malgré la maladie, le député et ami Ghassan Skaff m’a rendu visite il y a quelques semaines, portant le souci du dialogue et persistant jusqu’au dernier moment à chercher des solutions face aux difficultés. Son absence est une perte pour le Parlement, auquel manquera sa sagesse et son calme, tout comme il manquera au Liban un médecin et une voix libre et noble », a-t-il écrit.

« Nous perdons une valeur parlementaire, scientifique et nationale exceptionnelle. Il a œuvré pour le Liban et pour l’homme, portant leurs espoirs et leurs douleurs au-delà de ses propres souffrances jusqu’au dernier souffle », a de son côté réagi le président du Parlement, Nabih Berry.

Le ministre de l'Information, Paul Morcos, a écrit dans un communiqué que Ghassan Skaff était « un homme qui a porté les préoccupations du pays et a marqué de son empreinte la politique, la médecine et la société ». De son côté, le ministre de l’Énergie Joe Saddi a estimé qu'« avec le départ de Ghassan Skaff, le Liban perd un homme d’État aux mœurs nobles, qui œuvrait à bâtir des ponts pour l’intérêt du pays ».

« Aujourd’hui, nous pleurons Ghassan Skaff avec une profonde tristesse et un grand chagrin, mais nous nous souviendrons toujours de lui comme de l’une des figures les plus brillantes qui ont honoré le Liban », a réagi pour sa part le ministre de la Défense Michel Menassa.

« Patriote jusqu’au plus profond de ses convictions »

Le député Pierre Bou Assi (Forces libanaises) a déploré sur X la perte d'un « homme de principes et d'une grande intégrité morale ». Son collègue Alain Aoun (ancien Courant patriotique libre, CPL aouniste) a salué la mémoire d'un « médecin éminent et député, qui a toujours pris l’initiative de trouver des solutions, d’apaiser les tensions et de bâtir des ponts en ces temps de profondes divisions. Son calme, son intégrité et son dynamisme constant, malgré la gravité de la maladie, nous manqueront profondément ».

Le député Wael Bou Faour (joumblattiste), élu au sein de la même circonscription que Ghassan Skaff, a quant à lui affirmé que celui-ci « était patriote jusqu’au plus profond de ses convictions, courageux dans l’affirmation de ses opinions, moral dans sa conduite, clairvoyant, constamment sérieux et engagé dans la recherche de solutions ». Il était également, selon M. Bou Faour, «une grande référence scientifique et un médecin éminent dont le Liban peut être fier».

Michel Daher, également député de la Békaa, a souligné que le disparu « abordait les affaires publiques avec l’esprit d’un médecin et la conscience d’un être humain. Sa présence était mesurée, ses positions réfléchies, sans tapage ni prétention ».

« Le parrain des médiations »

L'ex-Premier ministre Saad Hariri a de son côté déploré « une perte pour la Békaa, le pays, la médecine et la politique ».

Plusieurs journalistes ont également rendu hommage au député disparu. « Le parrain des médiations en temps de distanciation politique soignait les hommes politiques par sa sagesse et ses initiatives malgré sa souffrance en raison de la maladie », a affirmé Mariam Bassam sur X. « Il était une référence médicale jouissant d’un grand respect », a écrit Ricardo Karam.

Selon l'article 41 de la Constitution, en cas de vacance d’un siège à la Chambre, une élection partielle doit avoir lieu « dans un délai de deux mois (...) sauf si la Chambre est à moins de six mois de l’expiration de ses pouvoirs ». Des législatives sont prévues dans moins de six mois, ce qui reste cependant incertain en raison de blocages et des tiraillements politiques liés aux modalités du vote des émigrés.

« Homme d'État », « patriote », « parrain des médiations » : plusieurs responsables et journalistes libanais ont rendu hommage au député libanais Ghassan Skaff, décédé samedi matin des suites d'un cancer.Ghassan Skaff, indépendant et originaire de Aïta el-Foukhar, élu en 2022 au siège grec-orthodoxe de la Békaa II (Rachaya-Békaa-Ouest), était marié et père de trois enfants. Titulaire d’un master en administration des affaires, et d’un baccalauréat en médecine et chirurgie de l’Université Saint-Joseph (USJ) à Beyrouth, il était professeur et chef du service de neurochirurgie au centre médical de l’Université américaine de Beyrouth (AUBMC) depuis janvier 2007, et directeur du programme de la colonne vertébrale au sein du même centre depuis 2002. Ghassan Skaff était aussi directeur de...
commentaires (1)

M. Salam qualifie Ghassan Skaff d'ami ? Pourtant, c'est l'un des 4 deputes sur lesquels il croyait pouvoir compter et qui lui ont prefere M. Mikati. Pour d'obscures raisons....

Michel Trad

16 h 19, le 13 décembre 2025

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Commentaires (1)

  • M. Salam qualifie Ghassan Skaff d'ami ? Pourtant, c'est l'un des 4 deputes sur lesquels il croyait pouvoir compter et qui lui ont prefere M. Mikati. Pour d'obscures raisons....

    Michel Trad

    16 h 19, le 13 décembre 2025

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