Des membres des FSI. Anwar Amro/Archives AFP
La direction des Forces de sécurité intérieure (FSI) a annoncé vendredi, dans un communiqué, « avoir approuvé, lors d’une réunion tenue le 10 décembre 2025 sous la présidence du directeur général Raëd Abdallah, la décision de rompre les contrats avec les agents des FSI ayant déserté avant le 10 novembre 2025 ».
La veille, la presse libanaise avait rapporté que le ministre de l’Intérieur Ahmad Hajjar – ministre de tutelle des FSI – avait signé la décision de la rupture des contrats.
La question des déserteurs dans les services de sécurité est particulièrement épineuse depuis le début de la crise financière et économique sans précédent qui frappe le Liban depuis 2019, et au cours de laquelle la dévaluation de la monnaie nationale a atteint des records. Les militaires et les agents de sécurité ont alors vu leurs salaires, versés en livres libanaises, fondre littéralement. En désespoir de cause, des milliers d'entre eux ont choisi de déserter, notamment près de 950 dans les rangs des FSI selon une source sécuritaire, face au refus d’une résiliation de leur contrat qui leur aurait permis d’exercer un autre travail légalement. Ce faisant, ils se sont retrouvés dans l’illégalité et objet de poursuites devant le Parquet militaire.
La cause des déserteurs des FSI a été portée par le député de Beyrouth Ibrahim Mneimné, qui a tenté de faire passer une proposition de loi au Parlement en vue de supprimer ces poursuites. Toutefois, cette proposition n’a pas encore été approuvée.
Selon une source sécuritaire interrogée par L’Orient-Le Jour, la décision du commandement des FSI ne met pas fin automatiquement aux poursuites judiciaires déjà enclenchées, qui peuvent seulement être interrompues par la loi si celle-ci est adoptée. Elle réduit toutefois les tensions générées par ce dossier et améliore la relation de ces agents avec leur hiérarchie.
Cette décision des FSI sous l’égide de son nouveau chef, nommé cette année par le gouvernement de Nawaf Salam, était donc attendue avec impatience par ces agents et leurs familles. La direction des FSI a précisé donner « la possibilité (aux déserteurs) de regagner les rangs de l’institution avant le 7 janvier 2026, date à laquelle cette décision entrera en vigueur ».


