Le ministre de l’Économie Amer Bsat lors d’une interview avec Télé-Liban. Photo Ani
Le Liban doit passer d’une économie de rente, axée sur la consommation et dépendante des importations, à un modèle productif axé sur l’investissement et capable de concurrencer à l’international, a plaidé mercredi le ministre de l’Économie Amer Bsat dans une interview accordée à la chaîne Télé-Liban.
Cet appel fait écho aux appels lancés durant le mandat de l’ancien président Michel Aoun, mais qui n’ont jamais été mis en œuvre avant l’effondrement économique de 2019.
« 85% de ce que consomment les Libanais est importé, tandis que les exportations n’excèdent pas les 3 milliards de dollars par an, ce qui nécessite un changement fondamental dans la structure de l’économie », a souligné le ministre de l'Économie, notant que « la question fondamentale reste de définir la vision économique globale à partir de laquelle le Liban doit avancer ». Il a ajouté que le pays disposait des atouts nécessaires pour mettre en œuvre une telle vision, « notamment le capital humain, les ressources naturelles, une position géographique stratégique et le potentiel de sa diaspora… Le pays a historiquement été capable de bien meilleurs résultats que ce que l’on observe aujourd’hui. Mais pour y parvenir, il faut relever les défis et lancer des réformes sérieuses ». M. Bsat a dans ce cadre expliqué que les réformes doivent être globales, couvrant tous les secteurs. Pour lui, « le travail doit avancer simultanément sur l’électricité, les télécoms, les infrastructures, les routes, les institutions et la reconstruction ».
Les appels à passer d’une économie de rente à une économie productive, lancés depuis longtemps, ont rarement été traduits en actions. En 2021, la déclaration ministérielle de l’ancien Premier ministre Nagib Mikati préconisait de soutenir tous les secteurs productifs pour s’éloigner d’une économie de rente et atteindre la justice sociale. Durant sa présidence, Michel Aoun avait également promis de faire évoluer le Liban vers une économie productive.
Après Beirut One, optimisme mais sans promesses concrètes
Revenant sur la conférence d’investissement « Beirut One », qui a eu lieu les 18 et 19 novembre, Amer Bsat a estimé que celle-ci a démontré « la volonté arabe de se réengager économiquement avec le Liban ». Il a ajouté que le gouvernement prévoyait de suivre directement les résultats de la conférence via des réunions préparatoires en vue de « Beirut Two » en 2026, en liant chaque étape à la mise en œuvre des réformes convenues.
La conférence, organisée par le ministère de l’Économie et le Conseil économique, social et environnemental, a réuni des dirigeants d’entreprises internationales, des responsables gouvernementaux, des institutions économiques et des délégations du Golfe afin d’attirer des capitaux d’investissement. Il s’agissait du premier grand événement d’investissement au Liban depuis l’effondrement économique du pays qui a frappé le pays il y a six ans.
Concernant les silos du port de Beyrouth, détruits lors du drame du 4 août 2020, le ministre a déclaré que leur reconstruction était « extrêmement difficile pour le moment ». Il a souligné qu’ils ne risquent pas de s’effondrer mais nécessitent des travaux pour réduire les dangers environnementaux causés par le blé pourri et fermenté. Un comité, présidé par M. Bsat et incluant plusieurs ministres, a été nommé par le Premier ministre Nawaf Salam pour superviser la préservation des silos en tant que mémorial pour les victimes de l’explosion.



Bsat : Le Liban doit passer d’une économie de rente à un modèle productif axé sur l’investissement. C’est la logique même d’un pays dont les gouvernants œuvrent pour sa prospérité. Contrairement au nôtre où chacun se voit son propriétaire et se croit légitime de monopoliser certains secteurs en imposant un droit de cuissage qui fait fuir les investisseurs. Suivez mon regard. Il continue de s’imposer avec des lois inventées pour remplacer notre constitution pour conserver le monopole de notre économie qui est et de loin sa priorité. Et les autres le laissent faire sans moufeter.
11 h 26, le 11 décembre 2025