Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'exprime devant la Knesset, à Jérusalem, le 10 novembre 2025. REUTERS/Ronen Zvulun/Photo d'archives
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a réaffirmé mardi attendre des autorités syriennes qu'elles mettent « en place une zone tampon démilitarisée allant de Damas jusqu’à la zone de séparation » avec la Syrie, rapportent des médias israéliens. Lors d'une rencontre avec des soldats israéliens blessés lors de l'opération meurtrière vendredi à Beit Jinn, dans le sud syrien, il a par ailleurs affirmé qu'Israël était « déterminé à défendre (ses) communautés le long de nos frontières, y compris sur la frontière nord » avec la Syrie, et le Liban.
« Ce que nous attendons de la Syrie, c’est, bien entendu, qu’elle mette en place une zone tampon démilitarisée allant de Damas jusqu’à la zone de séparation (contrôlée de facto par Israël, NDLR), et bien sûr incluant les abords du mont Hermon et son sommet. » Le mont Hermon fait partie de la chaîne de montagnes de l'Anti-Liban et sert de frontière naturelle entre le Liban et la Syrie, une partie étant située sur le plateau du Golan occupé par Israël, et annexé unilatéralement en 1981.
Dans la foulée de la chute du dirigeant syrien Bachar el-Assad en décembre 2024, Israël a déployé des troupes dans la zone démilitarisée sur le plateau du Golan, mettant ainsi fin à l’accord de cessez-le-feu de 1974 entre les deux pays.
« Dans une atmosphère positive et avec une compréhension de ces principes, il est également possible d’aboutir à un accord avec les Syriens, mais nous resterons fidèles à nos principes en toute circonstance, a également affirmé M. Netanyahu. Après le 7-Octobre, nous sommes déterminés à défendre nos communautés le long de nos frontières, y compris sur la frontière nord, et à empêcher l’enracinement de terroristes ou d’activités hostiles contre nous ; à protéger nos alliés druzes ; et à garantir la sécurité d’Israël face aux attaques terrestres et autres attaques provenant des zones proches de la frontière. »
Lundi, le président américain Donald Trump a mis en garde Israël contre toute ingérence en Syrie qui risquerait de compromettre la transition du pays arabe en « État prospère », après l'incursion vendredi des forces israéliennes dans le village de Beit Jinn, à l’extrême sud du gouvernorat de Damas, près de la région occupée de Qouneitra. « Il est très important qu'Israël maintienne un dialogue fort et véritable avec la Syrie, que rien ne vienne interférer avec l'évolution de la Syrie en un Etat prospère », a déclaré le président américain sur sa plateforme Truth Social, affirmant que les Etats-Unis étaient « très satisfaits des résultats affichés » par Damas.
L'incursion à Beit Jinn avait fait 13 morts, selon Damas, tandis que l'armée israélienne a affirmé que l’opération visait à arrêter trois membres de la Jamaa islamiya, une faction alliée au Hamas. Au moment de se retirer, des affrontements ont éclaté avec des habitants, et les soldats israéliens se sont retrouvés encerclés, essuyant des tirs nourris. Six d’entre eux ont été blessés, dont trois grièvement. Appelée en renfort, l’aviation israélienne a mené des bombardements meurtriers sur la commune. Au moins treize personnes ont été tuées, dont cinq membres d’une même famille, y compris des femmes et des enfants, selon l'agence officielle SANA. L'attaque a aussi fait 24 blessés.


