Nous vous remercions d'avoir suivi avec nous, en direct, cette deuxième journée de visite papale au Liban. Nous vous donnons rendez-vous demain mardi pour la suite de ce voyage historique de Léon XIV au pays du Cèdre.
Demain, le souverain pontife poursuivra son programme chargé : dès 8h30, il se rendra à l’hôpital psychiatrique des Sœurs de la Croix à Jal el-Dib, au nord de Beyrouth, pour rencontrer le personnel médical et les patients. À 9h30, il participera à une prière silencieuse sur le site de la double explosion du 4 août 2020 au port de Beyrouth, avant de célébrer une grande messe sur le front de mer de la capitale à 10h30. La visite se conclura par la cérémonie d’adieu à l’aéroport international de Beyrouth à 12h45, avant le départ prévu à 13h15.
Le pape salue la foule puis rejoint la cour du patriarcat maronite de Bkerké pour une photo avec les religieux présents.
Photo L'OLJ/Mohammad Yassine
Une icône représentant Jésus est offerte au pape.
Le pape termine son discours avec une prière , attribuée à saint François d’Assise :
« Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix.
Là où est la haine, que je mette l’amour ;
là où est l’offense, que je mette le pardon ;
là où est la discorde, que je mette l’unité ;
là où est le doute, que je mette la foi ;
là où est l’erreur, que je mette la vérité ;
là où est le désespoir, que je mette l’espérance ;
là où est la tristesse, que je mette la joie ;
là où sont les ténèbres, que je mette la lumière ».
« Jeunes du Liban, grandissez forts comme les cèdres, et faites fleurir le monde avec la paix tout entière », conclut-il
« Dieu, qui est amour, fonde des relations solides et fécondes sur une confiance mutuelle. (...)Pensez aux nombreux jeunes qui, comme vous, ne se sont pas laissé décourager par les injustices ou par les mauvais exemples, même ceux présents au sein de l’Église », dit le pape.
« En tant que jeunes, vous tissez plus facilement des relations avec les autres, même avec ceux issus de contextes culturels et religieux différents, poursuit-il. Le véritable renouveau que désire un cœur jeune commence par des gestes quotidiens : accueillir ceux qui sont proches comme ceux qui sont loin, tendre la main aux amis comme aux réfugiés, et pardonner aux ennemis : tâche difficile, mais nécessaire ».
« Regardons les nombreux exemples admirables donnés par les saints. Pensez à Pier Giorgio Frassati et Carlo Acutis, deux jeunes canonisés en cette année jubilaire, dit-il. Pensez aussi aux nombreux saints libanais. Quelle beauté singulière dans la vie de sainte Rafqa, qui a enduré des années de souffrance avec force et douceur. Combien d’actes de compassion accomplis par le bienheureux Jacques Haddad, au service de ceux que tous avaient oubliés. Quelle lumière puissante émane des ténèbres dans lesquelles saint Charbel a choisi de se retirer, lui qui est devenu l’un des symboles du Liban dans le monde entier. Ses yeux sont toujours représentés fermés, comme pour voiler un mystère infiniment plus grand. À travers les yeux de saint Charbel, fermés pour mieux voir Dieu, nous continuons à percevoir plus clairement la lumière de Dieu ».
« Chers jeunes, que la lumière divine illumine aussi vos yeux, et que l’encens de la prière y fleurisse. Dans un monde de distractions et de vanités, prenez chaque jour le temps de fermer les yeux pour ne regarder que Dieu », affirme le pape.
« Votre patrie, le Liban, fleurira à nouveau »
« Chers jeunes, vivez à la lumière de l’Évangile, et vous serez bénis aux yeux du Seigneur. Votre patrie, le Liban, fleurira à nouveau, belle et vigoureuse comme le cèdre, symbole de l’unité et de la fécondité du peuple. Vous savez bien que la force du cèdre réside dans ses racines, qui ont souvent la même envergure que ses branches », affirme le pape.
« Les nombreuses bonnes choses que nous voyons aujourd’hui dans la société libanaise sont le fruit du travail humble, discret et sincère de tant de personnes de bonne volonté, de nombreuses bonnes racines qui ne cherchent pas à ne produire qu’une seule branche du cèdre libanais, mais tout l’arbre dans toute sa beauté », poursuit-il.
« Que jaillisse des bonnes racines de ceux qui se consacrent au service de la société sans en tirer profit personnel, et qui s’engagent généreusement pour la justice, un projet commun pour un avenir de paix et de développement : qu’ils soient la source d’espérance attendue par le pays, poursuit le pape. (...) La paix n’est pas authentique lorsqu’elle est le produit d’intérêts partisans. Elle est véritable seulement lorsque je fais aux autres ce que je voudrais qu’ils me fassent ».
Le pape Léon reprend les propos de Jean-Paul II en disant : « Il n’y a pas de paix sans justice, ni de justice sans pardon. » « Cela est profondément vrai. Le pardon conduit à la justice, qui est le fondement de la paix », affirme-t-il.
« Il est vrai que nous vivons à une époque où les relations personnelles sont fragiles et consommées comme des objets. Même parmi les jeunes, les intérêts personnels peuvent parfois primer sur la confiance (...). De telles attitudes transforment même de belles réalités comme l’amitié et l’amour en choses superficielles, les confondant avec une satisfaction égoïste. Si l’ego est au centre d’une relation d’amitié ou d’amour, elle ne peut porter du fruit », dit-il.
« L’amitié est authentique lorsqu’elle place le 'tu' avant le 'je'», dit-il pape. Un regard respectueux et accueillant sur l’autre permet de construire un « nous » plus vaste, ouvert à la société entière et à toute l’humanité. L’amour est authentique, et peut durer pour toujours, seulement lorsqu’il reflète l’éclat éternel de Dieu. »
« La véritable resistance au mal n’est pas le mal »
« Vous possédez un don que nous, les adultes, semblons bien souvent avoir perdu, affirme le pape Léon. Vous avez l’espérance, vous avez le temps. Vous avez plus de temps pour rêver, pour organiser et pour faire le bien ». « Vous êtes le présent, et l’avenir prend déjà forme entre vos mains. Vous avez l’enthousiasme nécessaire pour changer le cours de l’histoire, poursuit-il. La véritable resistance au mal n’est pas le mal, mais l’amour, un amour capable de guérir ses propres blessures tout en prenant soin des blessures des autres ». « Heureux les doux, car ils hériteront de la terre. Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés enfants de Dieu», lance le pape.
« L’histoire du Liban est tissée de pages glorieuses, mais elle est également marquée par des blessures profondes »
Le pape salue les jeunes qui ont pris la parole un peu plus tôt. « Leurs histoires témoignent de courage au milieu de la souffrance. Elles parlent d’espoir face à la déception et de paix intérieure, même en temps de guerre, dit-il. Ils sont comme des étoiles brillantes dans une nuit sombre, dans laquelle on aperçoit déjà la lueur de l'aurore ». « Beaucoup d’entre nous peuvent reconnaître leurs propres expériences, bonnes ou mauvaises, poursuit-il. L’histoire du Liban est tissée de pages glorieuses, mais elle est également marquée par des blessures profondes, lentes à cicatriser ». « Ces blessures ont des causes qui dépassent les frontières nationales et s'enchevêtrent avec des dynamiques sociales et politiques très complexes, ajoute-t-il. Chers jeunes, vous regrettez peut-être d’hériter d’un monde déchiré par les guerres et défiguré par l’injustice sociale. Pourtant, il y a de l’espoir, et cet espoir réside en vous. »
« L’enthousiasme que nous ressentons dans nos cœurs exprime la proximité aimante de Dieu, qui nous unit comme frères et sœurs pour partager notre foi en lui et la communion entre nous, affirme le pape. Je vous remercie tous pour votre accueil chaleureux (...) Je salue particulièrement les jeunes venus de Syrie et d’Irak, ainsi que les Libanais revenus dans leur pays depuis l’étranger. Nous sommes tous réunis ici pour nous écouter les uns les autres et pour demander au Seigneur d’inspirer nos décisions futures. »
« Al‑Salam Aalaykom », lance le pape au début de son discours. « Que la paix soit avec vous », poursuit-il en anglais.
« Nos rêves ont été enterrés », dit un jeune homme devant le pape
Un jeune homme prend la parole. « Depuis le début de la crise, une voix en moi me disait de quitter le pays, comme tant de Libanais, confie-t-il. Je sais qu’ici, rien n’est garanti. Je travaillais à la sueur de mon front et, du jour au lendemain, nous avons tout perdu : nos rêves ont été enterrés, et je suis revenu au point zéro ». « J’ai eu beaucoup d’opportunités ailleurs, poursuit-il. Des proches m’ont encouragé à partir. Mais rien ne m’a convaincu. J’ai décidé de rester parce qu’au fond de mon cœur, je crois que les difficultés ne sont pas là pour nous détruire, mais pour nous apprendre la résilience ». « Comment partir alors que mon pays souffre ? Alors que Dieu agit sur cette terre ? Je suis convaincu que ma volonté de rester puise sa force dans une responsabilité : celle de prendre soin de mes frères et sœurs, continue le jeune homme. Pape Léon, nous sommes restés parce que nous avons la foi. La foi que Dieu ne nous abandonne pas, que la vie continue malgré tout. Aucun pays ne peut survivre sans sa jeunesse. Et le Liban mérite encore que nous rêvions de lui. »
Des jeunes interprètent une chorégraphie accompagnée de chants religieux devant un parterre de responsables.
Présentation d'une mise en scène
Alors qu’un spectacle son et lumière est projeté sur les murs extérieurs du siège patriarcal, des jeunes présentent une mise en scène de la violence et de la souffrance, entre autre la crise économique de 2019, la pandémie du Covid, l’explosion au port de Beyrouth et la récente guerre de 2024.
Lecture de l'évangile
L'Évangile selon saint Jean (Jn 14,23‑29) est lu en arabe puis en anglais.
« Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui, et nous ferons chez lui notre demeure.
Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi, elle vient du Père qui m’a envoyé.
Je vous ai dit cela pendant que je suis encore avec vous.
Mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, vous enseignera tout, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit.
Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé, et qu’il ne soit pas effrayé.
Vous avez entendu ce que je vous ai dit : « Je m’en vais, et je reviens vers vous. » Si vous m’aimiez, vous vous réjouiriez, parce que je vais vers le Père, car le Père est plus grand que moi.
Je vous ai dit ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent, afin que, lorsque cela arrivera, vous croyiez. »
Le patriarche maronite Béchara Raï prend la parole
Le patriarche maronite Béchara Raï prend la parole pour souhaiter la bienvenue au pape au Liban, « ce pays petit par sa superficie mais grand par sa mission ». « Bienvenue sur la terre des Cèdres, ajoute-t-il. Aujourd'hui le Liban vous accueille, il vous offre ce qu'il a de plus pur : ses larmes transformées en perles d'espérance ». « Dans vos pas nos entendons l'écho du christ marchant sur nos routes (...) murmurant : n'ayez pas peur, poursuit-il. Vous contemplez une jeunesse qui cherche un avenir ici au Liban ». « Nos jeunes veulent construire un Liban nouveau où la foi est une force, le pluralisme une richesse, dit-il encore. La jeunesse du Liban vous aime et vous attend avec un cœur ardent, avide d’entendre de votre bouche une parole d’espérance au milieu des temps éprouvants qu’elle traverse ». « Merci de porter sur nous un regard non de peine mais de confiance, vos paroles seront pour nous une lumière, merci de votre présence et de votre bénédiction », conclut-il.
Lors de la rencontre avec le pape à Bkerké, des jeunes lui offrent des objets symboliques : un passeport libanais et une poignée de terre, symbole du refus de l’exil ; des graines de blé, rappelant les silos du port de Beyrouth ; une sculpture représentant des mains en prière ; une pierre de l’église Saint-Georges de Yaroun, détruite par les bombardements israéliens ; des morceaux de bois et de fer provenant de maisons ravagées par la guerre ; des vêtements de la Défense civile ; et une pousse de cèdre libanais.
Photo L'OLJ/Mohammad Yassine
Le pape est arrivé à Bkerké, salué par une foule brandissant les drapeaux du Liban et du Vatican.
La Première dame Neemat Aoun est arrivée à Bkerké.
Des milliers de fidèles se sont rendus à Bkerké, sur l’esplanade du siège du patriarcat maronite, où le souverain pontife doit rencontrer des jeunes.
« Puisse l’étreinte de Notre-Dame du Liban guide chacun de vous », affirme le pape
Photo L'OLJ/Téa Ziadé
« Chers frères et sœurs, chaque année, le 25 mars, vous vous réunissez pour vénérer Marie, Notre-Dame du Liban, honorée dans son sanctuaire de Harissa, qui est orné d'une impressionnante statue de la Vierge aux bras tendus, embrassant tout le peuple libanais », a rappelé le souverain pontife. « Puisse cette étreinte aimante et maternelle de la Vierge Marie, Mère de Jésus et Reine de la Paix, guider chacun de vous, afin que dans votre patrie, à travers le Moyen-Orient et dans le monde entier, le don de la réconciliation et de la coexistence pacifique puisse jaillir ‘comme les eaux vives qui coulent du Liban’ apportant espérance et unité à tous » a-t-il conclu.
Le pape a ensuite planté un jeune olivier offert par deux enfants, tandis que la chorale interprétait le Psaume de la Création.
« Tout comme les racines des cèdres et des oliviers s'enfoncent et s'étendent largement dans la terre, le peuple libanais est répandu à travers le monde »
« Tout comme les racines des cèdres et des oliviers s'enfoncent profondément et s'étendent largement dans la terre, le peuple libanais est répandu à travers le monde, mais uni par la force durable et l'héritage intemporel de votre patrie a déclaré Léon XIV. Votre présence ici et à travers le monde enrichit celui-ci de votre héritage multimillénaire, mais elle manifeste également une vocation ».
« Dans un monde toujours plus interconnecté » le pape a appelé les représentants des communautés « à être des artisans de paix: à affronter l'intolérance, à surmonter la violence et à bannir l'exclusion, en éclairant le chemin vers la justice et la concorde pour tous, par le témoignage de votre foi ».
« Si le Liban est réputé pour ses cèdres majestueux, l'olivier est également un pilier de son patrimoine »
« Si le Liban est réputé pour ses cèdres majestueux, l'olivier est également un pilier de son patrimoine : l’olivier embellit non seulement cet espace où nous sommes réunis aujourd'hui, mais il est également vénéré dans les textes sacrés du christianisme, du judaïsme et de l'islam, où il est considéré comme un symbole intemporel de réconciliation et de paix », a déclaré le pape. « Sa longue durée de vie et sa remarquable capacité à fleurir même dans les environnements les plus difficiles symbolisent l'endurance et l'espérance, reflétant l'engagement indéfectible, nécessaire pour favoriser la coexistence pacifique », a ajouté le pape qui a béni un olivier à la fin de son discours.
Le peuple libanais nous rappelle que la peur n'a pas le dernier mot, dit le pape
« À une époque où la coexistence peut sembler être un rêve lointain, le peuple libanais, bien qu'il embrasse différentes religions, nous rappelle avec force que la peur, la méfiance et les préjugés n'ont pas le dernier mot, et que l'unité, la réconciliation et la paix sont possibles », affirme le pape.
« C’est une mission qui reste inchangée tout au long de l'histoire de cette terre bien-aimée : témoigner de la vérité pérenne selon laquelle les chrétiens, les musulmans, les druzes et tant d'autres peuvent vivre ensemble et construire un pays uni par le respect et le dialogue », a-t-il ajouté.
« Notre humanité commune et notre croyance en un Dieu d'amour et de miséricorde nous unit », affirme le pape Léon XIV
C'est le pape qui a ensuite pris la parole.
« Depuis de nombreuses années, et particulièrement ces derniers temps, les yeux du monde sont rivés sur le Moyen-Orient, berceau des religions abrahamiques, observant le laborieux cheminement et la quête incessante du précieux don qu'est la paix. Face à des conflits aussi complexes et persistants, l'humanité regarde parfois le Moyen-Orient avec un sentiment d'appréhension et de découragement. Pourtant, au milieu de ces luttes, nous pouvons ressentir de l'espérance et un encouragement lorsque nous nous concentrons sur ce qui nous unit : notre humanité commune et notre croyance en un Dieu d'amour et de miséricorde », a déclare le souverain pontife lors de son discours sur la place des Martyrs.
Le patriarche Ephrem : « L’Orient n’est pas une frontière tracée sur une carte »
Le patriarche syriaque-orthodoxe Ignace Ephrem a quant à lui déclaré qu’avec « une joie spirituelle et un grand espoir » qu’il accueille la visite du souverain pontife « en cette terre de sainteté qu’est le Liban, le ‘cœur de Dieu’ ».
« Je vous souhaite la bienvenue au nom du siège d’Antioche (…) ainsi qu’au nom de tous les chrétiens d’Orient qui témoignent du Christ depuis les débuts du christianisme. Et ce, malgré les épreuves et les persécutions qu’ils ont subies au fil des siècles, au point que leur nombre s’est dramatiquement réduit et que leur présence sur la terre de leurs ancêtres est désormais menacée », a-t-il poursuivi.
« Ces dernières années, nos pays ont été victimes de campagnes extrémistes terroristes, de guerres sanglantes, ainsi que de l’agression persistante d’un ennemi israélien acharné, provoquant l’exode de nombreux habitants, a-t-il ajouté. Dans le même temps, ces défis existentiels ont renforcé la coopération entre les différentes Églises du Proche-Orient, donnant naissance à ce que votre prédécesseur, le pape François, a appelé 'l’œcuménisme du sang' ».
« Votre visite apostolique intervient à un moment sensible de l’histoire de cette région, alors que de profondes turbulences et mutations sont à l’œuvre » a-t-il poursuivi tout en espérant que son déplacement conduira « à une stabilité, à la justice et à une paix que notre région n’a plus connues depuis très longtemps ».
« Les peuples de cette terre aspirent à une paix fondée sur la justice, garante de la dignité et de la liberté de tout être humain, dans le cadre d’un État où règne l’autorité de la loi et où l’égalité des droits et des devoirs est assurée, a encore dit le patriarche. Chrétiens et musulmans vivent sur cette terre bénie depuis des siècles, partageant leurs souffrances comme leurs espérances, et aspirant à poursuivre une vie commune fondée sur l’expérience de leurs ancêtres. Si le dialogue entre représentants des religions est important, l’expérience concrète du vivre-ensemble reste la pierre angulaire qui le consolide ».
« L’Orient n’est pas une frontière tracée sur une carte : il est une vie à partager, une mémoire à préserver, un tissu de relations humaines tissé depuis des siècles entre musulmans et chrétiens, a affirmé le patriarche. Ici, nous avons appris que le vivre-ensemble n’est pas un slogan, mais un dialogue de vie fondé sur la rencontre sincère, le respect mutuel et une responsabilité collective envers l’être humain ».
Le cheikh Ali el-Khatib au pape Léon XIV : « Nous ne sommes pas des amateurs d’armes »
Dans son allocution prononcée lors de la rencontre œcuménique sur la place des Martyrs, le vice-président du Conseil supérieur chiite (CSC), le cheikh Ali el-Khatib, a déclaré au souverain pontife que « nous sommes heureux, en cette occasion, de vous accueillir au Liban au nom du Conseil islamique chiite supérieur et de la communauté chiite, et nous apprécions votre visite dans notre pays ainsi que vos positions en cette période difficile que traverse le Liban ».
Il a ajouté que « nous saluons votre venue dans ces circonstances, et le Saint-Siège a toujours considéré le Liban comme un message. Nous espérons tous que votre visite contribuera à renforcer l’unité nationale vacillante de ce pays meurtri par l’agression israélienne continue. » Et de conclure : « Nous ne sommes pas des amateurs d’armes, et nous plaçons la cause du Liban entre vos mains, dans l’espoir que le monde aide notre pays à en sortir. »
Le mufti Deriane accueille le pape : « Le Liban, pays de coexistence et de diversité »
« C’est avec grande joie que nous accueillons le pape Léon XIV, en visite au Liban, pays de coexistence et diversité confessionnelle, une richesse et un enrichissement pour l’humanité, où la citoyenneté constitue le fondement même de l’égalité des droits et des devoirs, sans aucune discrimination », a déclaré le mufti de la République, Abdellatif Deriane lors de la rencontre avec le pape sur la place des Martyrs.
« Au Liban, nous réaffirmons constamment nos constantes nationales lors de nos sommets spirituels. Nous respectons les libertés religieuses et les droits de l’homme, piliers du vivre-ensemble dans nos sociétés diverses et multiples, et nous ne nous immisçons pas dans les spécificités de chacun. Notre Constitution protège le droit des communautés à pratiquer leurs lois religieuses », a-t-il poursuivi.
Il a également ajouté que « l’islam est une voie de foi en un Dieu unique, qui s’étend d’Adam à Noé, d’Abraham à Moïse et à Jésus, et s’achève avec Mohammed » tout en rappelant que « la Charte de Médine, sur laquelle s’est fondée la première forme d’État dans l’islam, stipule que les croyants et les autres composantes de la société médinoise, dans toute sa diversité, forment avec les musulmans « une seule communauté » ».
Il a ajouté que « sur ces bases de foi, (il) accueille le pape Léon XIV, en lui souhaitant réussite dans la conduite du navire chrétien, pour le bien de l’humanité, dans l’esprit incarné par le Document sur la fraternité humaine signé entre le cheikh d’al-Azhar, Ahmed al-Tayeb, et le pape François. » Le mufti a enfin conclu que « le Liban est la terre de ce message, il en est le porteur et l’artisan. C’est pourquoi nous nous considérons comme dépositaires - religieusement, moralement et nationalement- de cette mission, afin que règnent la sécurité et la paix dans le monde, et que l’amour prévale entre toutes les nations et tous les peuples. »
Jean X Yazigi : « Bienvenue au Liban, pays du vivre-ensemble »
Dans son allocution prononcée lors de la rencontre œcuménique sur la place des Martyrs, le patriarche d’Antioche et de tout l’Orient des Grecs-orthodoxes, Jean X Yazigi, a souhaité la bienvenue au pape Léon XIV.
« Bienvenue sur cette terre où s’est enracinée la croix du Christ. Bienvenue au Liban, ce pays unique qui respire à la fois dans ses environnements chrétien et musulman, ce pays du vivre-ensemble et des composantes qui s’unissent pour former le Liban », a-t-il déclaré.
« Un Liban petit par la taille, grand par son message », dit le patriarche Younan
Le patriarche des Syriens catholiques, Mar Ignace III Younan, lors de la rencontre avec le pape sur la place des Martyrs : « La visite d’aujourd’hui a pour but de construire la paix et la stabilité dans la région, en particulier au Liban, petit sur la carte mais grand par son message, son rôle et sa mosaïque islamo-chrétienne. »
Après le passage du pape à Beyrouth : « Je n'en reviens pas d'avoir vu cet ange fait homme »
Après le passage du pape dans le centre-ville de Beyrouth, la foule s'est rapidement dispersée et les gens se sont notamment rendus vers les restaurants et cafés du quartier voisin de Saïfi village pour manger et se désaltérer.
« Je n'en reviens pas d'avoir vu cet ange fait homme », souffle, encore extatique, Dany Haroun à notre journaliste Ghadir Hamadi.
En image : l'arrivée du pape à la rencontre interreligieuse et œcuménique dans le centre-ville de Beyrouth
Photo Téa Ziadé / L'Orient-Le Jour
La rencontre interreligieuse a débuté, place des Martyrs
La rencontre entre le Saint Père et des représentants des différentes communautés religieuses du Liban, vient de commencer à Beyrouth.
Des hélicoptères de l’armée survolent en continu la place des Martyrs.
Le souverain pontife est arrivé à la place des Martyrs
À bord de la papamobile, le souverain pontife est arrivé à la place des Martyrs tout en saluant la foule à travers les vitres transparentes, et les gens l’ont acclamé en retour.
Les invités à la rencontre interreligieuse place des Martyrs prennent place en attendant le pape
Des dignitaires religieux rejoignent le lieu de la rencontre interreligieuse, notamment Ali el-Khatib (d.), vice-président du Conseil supérieur chiite. Photo Téa Ziadé / L'Orient-Le Jour
Sur la place des Martyrs, les participants à la rencontre œcuménique et interreligieuse commencent à arriver, sous la tente installée spécialement pour l'occasion.
Ambiance sur l'autoroute à Dbayeh : « Nous sommes une terre de saints, qui traverse des épreuves envoyées par le diable »
« Le pape vient prendre un café chez nous ! Je te jure ! » lance Joëlle Daccache, 45 ans à sa belle-sœur Jackie Khoury, 38 ans, et ses neveux présents au bord de l’autoroute de Dbayeh. Pour Jackie, « le pape est là pour bénir le Liban, un pays déjà béni avec tous ses saints. » Elle espère que les discours et la visite du pape encourageront les gens, mais aussi les responsables politiques, à faire preuve de « solidarité, à se serrer les coudes » et que cela « montrera au monde que le Liban est un pays qui veut la paix et encouragera la communauté internationale à arrêter de nous mettre autant la pression ». Elle qui a vécu en France souhaite encore que Léon XIV encouragera la diaspora à rentrer au Liban « Quand on revient, on réalise que même l’air ici est différent, il est meilleur. Mais on est aussi le seul pays où la religion de chacun compte… Là-bas, ce n’est pas le cas. »
Joëlle estime, elle, que « la petite part de paix que nous avons aujourd’hui, c’est parce que nous sommes une terre de saints. Nous avons une paix spirituelle. Tous les problèmes que nous avons, ce sont des épreuves envoyées par le diable : il faut toujours revenir vers Dieu. » « En tant que chrétiens, nous avons toujours été persécutés. Et pourtant, nous gardons la foi. J’espère que sa visite montrera aux chrétiens que nous avons encore quelqu’un qui nous soutient. »
Les participants à la rencontre œcuménique et interreligieuse arrivent place des Martyrs
Photo Téa Ziadé / L'Orient-Le Jour
Sur la place des Martyrs, les participants à la rencontre œcuménique et interreligieuse commencent à arriver, sous la tente installée spécialement pour l'occasion et décorée avec des rameaux d'olivier stylisés.
La route de Bkerké déjà noire de monde avant la rencontre papale avec des jeunes en soirée
Photo Julia Mokdad / L'Orient-Le Jour
Sur la route menant au siège du patriarcat à Bkerké, où doit avoir lieu une grande rencontre avec des jeunes, plus tard en soirée, des milliers de personnes sont déjà rassemblées, dans l'attente du retour du souverain pontife de Beyrouth, selon notre journaliste sur place, Julia Mokdad.
Des groupes de fidèles attendent également le passage de Léon XIV dans le centre-ville de Beyrouth
Photo Ghadir Hamadi / L'Orient-Le Jour
Dans le centre-ville de Beyrouth, des dizaines de fidèles sont également dans l'expectative du passage du pape. Devant le siège du parti Kataëb à Saïfi, la foule agite des drapeaux libanais et du Vatican.
Des familles sont sur place, certaines avec des bébés ou des enfants en bas âge. Parmi elles, Dalida Tannous affirme à L'Orient-Le Jour qu'elle veut que sa fille, Taline, voie le pape, « ne serait-ce qu’un instant ». Les larmes aux yeux, elle ajoute qu’elle est heureuse de pouvoir vivre cette « journée historique » avec sa petite famille.
Non loin, des altercations éclatent entre plusieurs personnes et des militaires qui refusent de les laisser traverser la route. Comme dans la matinée, beaucoup des personnes présentes s’impatientent et se plaignent du retard du souverain pontife.
Sur la route entre Harissa et Beyrouth, la foule se rassemble dans une ambiance bon enfant
Alors que le pape est attendu à 16h pour une rencontre œcuménique et inter-religieuse sur la place des Martyrs, dans le centre-ville de Beyrouth, des dizaines de personnes sont rassemblées sur le bord de l'autoroute pour voir passer son convoi. Au niveau de Dbayeh, l'ambiance est bon enfant, les personnes se prennent en photo pendant que des enfants jouent sur le bord du trottoir avec des drapeaux du Vatican et des bâtons.
Présente sur place, Hanane, 55 ans, déclare à notre journaliste Marguerita Sejaan que « le pape représente la paix, il est Dieu sur terre. » Elle dit croire que « sa visite apportera la paix au Liban ». À côté d'elle, Tanios, également quinquagénaire, éclate de rire et lève les yeux au ciel, sceptique : « Qu’est-ce que le pape peut faire ? Il ne peut rien faire. Je sais qu’il fait toutes ces rencontres et que nous sommes tous enthousiastes d’être ici parce que c’est le pape, mais qu’est-ce que ça va vraiment changer ? Rien », lance-t-il, alors que beaucoup craignent une nouvelle escalade israélienne sur le Liban après le départ du souverain pontife.
Joumblatt salue l'appel au dialogue du pape
L’ancien chef du parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt, a salué les propos du pape Léon XIV faisant du dialogue « un devoir national ».
« La référence du pape à la nécessité de transcender les blessures individuelles ou collectives, et au fait que le dialogue est un devoir national à chaque instant et chaque jour, constitue le meilleur message adressé à ceux qui prônent le repli, le fédéralisme ou qui s’adonnent à la promotion des guerres. », a-t-il souligné sur X.
Lindsey Graham souhaite que la visite du pape apporte « la réconciliation entre le Liban et Israël »
Le sénateur américain Lindsey Graham, fervent défenseur d'Israël, a commenté la visite du pape Léon XIV au Liban, estimant qu’elle « intervient à un moment crucial ». « Sa présence témoigne de la force et de l’unité de la communauté chrétienne libanaise, et son message de paix offre un espoir à une nation qui a tant souffert », a écrit le sénateur sur X. « Puisse sa visite apporter réconfort, apaisement et un engagement renouvelé en faveur de la réconciliation entre le Liban, Israël et tous ses voisins », a-t-il ajouté.
L'armée libanaise diffuse une vidéo tournée à bord des Tucano accompagnant l'atterrissage du pape dimanche
L’armée libanaise a diffusé une courte vidéo montrant les Tucano de l’armée de l’air accompagnant l’avion du pape, lors de sa descente vers l’Aéroport international de Beyrouth (AIB) hier dimanche. Tournée à partir d’un des avions militaires, la vidéo montre l’avion transportant le pape, alors qu’il s’apprête à atterrir à l’AIB. « Bienvenue dans l’espace aérien libanais, nous sommes honorés de vous accompagner jusqu’à l’atterrissage au pays des cèdres sacrés. Des millions de libanais vous souhaitent la bienvenue et attendent votre visite en faveur de la paix », déclare un commandant de l’armée de l’air, dans un sonore adressé au Saint Père.
Le pape Léon XIV s'est, après la cérémonie à la Basilique Notre-Dame, dirigé vers la nonciature apostolique, dans le même village, où il tiendra des rencontres à caractère privé.
Photo-souvenir du pape avec les dignitaires religieux
Après le discours du souverain pontife, des représentants du sanctuaire de Harissa remettent au pape des cadeaux, notamment une statue en bronze créée par le sculpteur Bernard Ghossoub et qui représente un pont entre le Liban et le Saint-Siège. Le pape prend une photo souvenir avec plusieurs responsables religieux dont le patriarche maronite Béchara Raï, avant que des membres du clergé viennent le saluer à tour de rôle.
Le pape remet au sanctuaire de Harissa une « Rose d'or »
Le pape Léon XIV a encore salué la foi des Libanais, malgré un présent difficile à affronter. « Je pense à la responsabilité que nous avons tous dans ce sens particulièrement envers les jeunes », a-t-il souligné, reprenant les témoignages des religieux et de la travailleuse migrante et saluant l'engagement de chacun. « L'esprit dans lequel nous nous efforçons de vivre chaque jour, est l'amour », a ajouté le souverain pontife, avant d'offrir au sanctuaire de Harissa une Rose d'or, un ornement béni par le pape, destiné à honorer des souverains ou des sanctuaires catholiques.
« Viva il papa », ont alors crié les fidèles.
Léon XIV depuis Harissa : Notre prière nous donne la force de continuer à espérer, même lorsque le bruit des armes gronde aux alentours »
« C'est avec une grande joie que je vous rencontre dans ce voyage », a lancé Léon XIV, remerciant les personnes ayant témoigné. Il a également remercié le patriarche Raï pour son accueil. « Notre prière nous donne la force de continuer à espérer et à travailler, même lorsque le bruit des armes gronde aux alentours », a-t-il ajouté.
Père Tony Fayad, aumônier : « Dans les prisons du Liban la miséricorde prend vie lorsqu'un détenu prend conscience qu'il n'est pas seul »
Le père Tony Fayad, aumônier dans les prisons du Liban : « Derrière les barreaux nous rencontrons des hommes et des femmes que Dieu n'a jamais cessé d'aimer. Nous découvrons des visages, des âmes assoiffées de miséricorde. Chaque rencontre est une rencontre avec le Christ vivant. Nous voyons se refléter la tendresse du père qui ne se lasse jamais de pardonner. »
« Le contexte du Liban rend notre mission particulièrement difficile, avec la pauvreté, la surpopulation carcérale, la lenteur de la justice et les blessures personnelles, a-t-il poursuivi. Un jour un prisonnier m'a dit : Vous êtes venu jusqu'ici, alors Dieu ne m'a pas oublié ». « Dans les prisons du Liban la miséricorde prend vie lorsqu'un détenu prend conscience qu'il n'est pas seul. Même dans l'obscurité des cellules, la lumière du Christ ne s'éteint jamais »
Lauren, travailleuse migrante originaire des Philippines : « Notre église est devenue un abri »
Lauren, une travailleuse domestique migrante apporte son témoignage. « J'ai trouvé mon objectif, pas seulement dans mon travail, mais aussi dans le bénévolat et au sein de ma paroisse de Saint-Joseph à Tabaris », confie-t-elle. « Notre église est devenue un abri, je suis fière de la servir, j'ai rencontré des gens qui ont tout perdu », ajoute-t-elle, racontant notamment l'histoire d'un coupe de travailleurs migrants, James et Leila, qui ont été abandonnés par leurs employeurs lorsque la guerre a éclaté l'année dernière : « Ils sont restés seuls, piégés, sans nulle part pour aller. Quand leur fille est née, ils ont marché trois jours jusqu'à la paroisse ». « Nous les migrants ne sommes jamais seuls. Nous contribuons à ce pays, nous sommes des travailleurs, des bâtisseurs. Nous apportons notre culture, ouvrons nos cœurs, nous occupons des enfants, cuisinons. J'ai été témoin de choses, de petites actions d'amour qui ouvrent les coeurs ».
Une religieuse de Baalbeck depuis Harissa : « Au cœur de la guerre j'ai découvert la paix du Christ »
Une religieuse des saints-Coeurs dans la ville de Baalbeck s'exprime à son tour : « Quand la guerre a éclaté », à l'automne dernier, « tout aurait pu s'arrêter, mais j'ai décidé de rester, car j'ai déjà donné ma vie au seigneur. »
« Avec l'évêché, nous avons accueilli les familles chrétiennes et musulmanes » fuyant les bombardements, « nous avons partagé le pain, la peur et l'espérance », raconte-t-elle. Elle explique que « lorsque des milices sont venues casser les caméras du couvent », elle a trouvé refuge « dans la prière, dans le silence. »
« Avec les ONG restées à Baalbeck nous avons continué à servir sur place. j'ai reconnu le souffle du ressuscité qui apprend à aimer avec la peur. Au cœur de la guerre j'ai découvert la paix du Christ ».
Lors de la rencontre à Harissa, un prêtre de Tripoli appelle à soutenir « la foi incroyablement vivante » au Liban-Nord
Youhanna Fouad Fahd prêtre au diocèse de Tripoli, marié et père d'une fillette, évoque la misère, la peur et la foi à Dbabiyé, localité du Liban-Nord proche de la Syrie, durant le conflit syrien, et jusqu'à après la chute du régime Assad. « J'ai rencontré des familles qui ont fui la persécution et d'autres qui avaient tout vendu », a-t-il raconté. « Dans leurs yeux j'ai vu une foi fragile, mais incroyablement vivante. Une fois qui a besoin d'être soutenue », a-t-il plaidé.
Léon XIV est arrivé à la basilique Notre-Dame du Liban à Harissa
Le pape Léon XIV est arrivé à la basilique Notre-Dame du Liban, à Harissa, sur la colline qui surplombe Jounieh, pour une rencontre avec des évêques, prêtres et laïcs travaillant dans le domaine pastoral. Il a été accueilli par des acclamations de l'audience et a serré la main de participants des différentes congrégations.
Le président Joseph Aoun et son épouse sont également présents à cet événement.
Plus d'informations sur le « psautier de Qozhaya », dont une copie a été offerte à Léon XIV
Le livre offert au pape Léon XIV lors de sa visite à Annaya est une copie du « Psautier de Qozhaya », publié en 1610 par Sergius Risius (né Sarkis al-Rizzi) au monastère de Saint-Antoine dans la vallée de la Qadicha, dite la « vallée sainte », au nord du Liban, connue pour ses sites sacrés et de pèlerinages
Selon un article publié par l’Université Saint-Esprit de Kaslik (USEK), ce psautier de 260 pages fut également le premier livre jamais imprimé dans l’Empire ottoman oriental en syriaque et en qarchouni —de l’arabe écrit en caractères syriaques. L'impression de textes bibliques dans ces deux langues anciennes a largement contribué à leur préservation et à leur diffusion.
La presse sur laquelle le livre a été imprimé serait la première de tout le Moyen-Orient et est encore exposée aujourd’hui dans le monastère Saint Antoine.
Le député Simon Abi Ramia à L'Orient-Le Jour : « Cette visite, c'est un symbole »
Le député Simon Abi Ramia (ex-aouniste), affirme à L'Orient-Le Jour être « très fier » de la visite du pape à Annaya. « C'est un symbole », lance-t-il. Le parlementaire, originaire d'Ehmej, juste à côté de Annaya, dit en être « le voisin » et rappelle que c'est sa famille qui détenait le terrain du monastère. C'est donc pour lui « un moment sentimental, pas seulement spirituel. »
Léon XIV quitte Annaya
Photo Nemtala Eddé / L'Orient-Le Jour
Après avoir salué les religieux au monastère Saint Maron, le pape Léon XIV remonte en voiture pour quitter Annaya, toujours sous les applaudissements de centaines des dizaines de personnes présentes sur les lieux, qui agitent drapeaux du Liban et du Vatican.
La prochaine étape de sa visite aura lieu dans moins d'une demi heure avec une rencontre avec des religieux au sanctuaire de Notre-Dame du Liban à Harissa, dans le Kesrouan.
Des fidèles quittent Annaya après le passage du pape : « Ca restera un beau souvenir »
« Je ne l’ai pas vu », déplore une fillette, collée à sa mère sous son parapluie. « C’est vraiment pas de chance, il est arrivé pile au mauvais moment », regrette Maryam Khalil, 35 ans, les cheveux trempés, qui s’apprête à prendre le chemin du retour en attendant l’une des navettes. « Oui je l’ai vu un peu entre les parapluies. On a attendu trois heures pour le voir que dix secondes… mais ce n’est pas grave ça restera un beau souvenir. Nous sommes heureux quand même d’être venus ».
« Je suis un peu déçu de comment ça s’est passé honnêtement, j’aurais aimé qu’il passe moins vite pour qu’on puisse vraiment le saluer », abonde Antoine Khoury, venu d’Achrafieh. « Ce n’était pas sa faute (au pape) car il pleuvait des cordes. J’irai à la messe demain à Beyrouth, si Dieu le veut ce sera mieux. Espérons que le temps sera meilleur ».
Léon XIV sort du monastère Saint Maron sous les acclamations des fidèles
Capture d'écran LBC
Léon XIV sort du monastère Saint Maron, sous les acclamations de la foule qu'il salue de la main, pendant que sonnent à nouveau les cloches de l'église.
Léon XIV bénit les présents au couvent de Annaya
Le pape a béni les présents au couvent et au dehors, sous les youyous dans la foule.
Un échange de cadeaux a ensuite lieu dans la crypte fraîchement rénovée : le pape reçoit de la part de l'Ordre maronite une copie du premier livre imprimé dans la la vallée sainte de la Qadicha, une bougie et une lanterne qui s’était allumée sur le tombeau du saint de manière miraculeuse, selon les croyances, tandis que le pape a remis au monastère un cierge qu'il a apporté de Rome.
Il visite ensuite le musée, dans lequel sont exposés des biens de Saint Charbel Makhlouf.
Léon XIV à Annaya : Nous voulons confier à l'intercession de Saint Charbel les besoins de l'Eglise, du Liban et du monde
« Nous voulons confier à l'intercession de Saint Charbel les besoins de l'Eglise, du Liban et du monde », ajoute le pape Léon XIV. Il a rappelé le miracle du 22 janvier 1993 de Saint Charbel, lorsque Nouhad Chami, une femme paralysée, a été guérie, et le fait que depuis, tous les 22 du mois, « des centaines de pèlerins » se rendent au monastère.
Le pape s'exprime, en français, devant le tombeau de Saint Charbel
Le Supérieur général de l'Ordre libanais maronite, père Hadi Mahfouz, remercie le pape pour sa visite. En français, il revient sur la vie de Saint Charbel et sa canonisation, en 1977.
Le souverain pontife lui répond avec un discours, en français également. « Saint Charbel nous rappelle les exigences œcuméniques de notre mission », a-t-il déclaré.
Le déroulement de la cérémonie à l'intérieur du monastère est diffusé sur des écrans à l'extérieur, pour la foule.
Le pape est accueilli par Aoun et Raï dans le monastère Saint Maron et se recueille devant la tombe de Saint Charbel
À l'intérieur du monastère, le pape Léon XIV est accueilli par le président libanais, Joseph Aoun, et son épouse, ainsi que par le patriarche maronite Béchara Raï.
Au son des cloches de l'église, il se recueille devant le tombeau de Saint Charbel Makhlouf.
Léon XIV entre dans le monastère Saint Maron, acclamé par les youyous des fidèles
Les cloches du couvent Saint Maron sonnent à l'arrivée du pape Léon devant l'édifice. Dans la foule, les fidèles l'acclament avec des youyous et lancent du riz et des pétales des fleurs. « Viva Baba », lance une femme dans le public.
Sur le tapis rouge à l'entrée du monastère, il est accueilli par le Supérieur général de l'Ordre libanais maronite, le père Hadi Mahfouz et des membres du clergé.
En image : l'arrivée du pape Léon à Annaya, à bord de la papamobile
Photo Suzanne Baaklini / L'Orient-Le Jour
Du riz et des fleurs sur le convoi du pape, lors de son passage à Jbeil
Au passage du convoi papal à Jbeil, au niveau de l'église Saint Georges, juste avant de prendre la route menant à Annaya, des centaines de personnes présentes sur les lieux ont lancé du riz et des fleurs sur les voitures, tandis que les cloches des églises ont résonné dans la région.
À Annaya, un étudiant espère que le discours du pape hier « incitera les responsables politiques à agir dans le droit chemin »
Sur une petite place en contrebas du monastère, la foule continue de patienter. Pour Patrick Chalhoub, 25 ans, originaire de Jbeil, « le fait que le Pape soit venu au Liban pour sa première visite officielle nous rend très fiers en tant que chrétiens mais aussi en tant que Libanais. C’est un jour de communion pour tout le Liban et qui rassemble des gens venus de toutes les régions ». Cet étudiant en communication dit à notre journaliste Gabriel Blondel avoir « beaucoup apprécié son discours hier, cela m’a parlé profondément dans ma foi de chrétien. Le message de paix qu’il envoie est très important dans le contexte actuel du pays. J’espère que les responsables politiques ont écouté ses mots et que cela les incitera à agir dans le droit chemin. »
Une jeune femme s'évanouit dans la foule à Annaya
À Annaya, une jeune dame s'est évanouie parmi les fidèles, indique notre journaliste sur place, Nemtala Eddé. La défense civile est arrivée rapidement à son chevet, et est parvenue avec difficulté à la transporter loin de la foule, alors que la Croix-rouge était absente. Une situation qui a passablement vexé des fidèles qui appelaient à l'aide.
La visite du pape Léon XIV « renforcera le tourisme religieux au Liban »
Le couvent Saint-Joseph à Jrebta abrite la tombe de sainte Rafqa al-Rayess. Photo tirée du compte Facebook du couvent
Venu de Amchit à Annaya, Joy Younane estime qu’il s’agit « d’un jour historique pour le Liban, surtout que le pape va décréter ce site comme mondial, ce qui renforcera le tourisme religieux au Liban ».
À l'occasion de la visite, L’Orient-Le Jour a dressé une liste non exhaustive du patrimoine spirituel du pays, du Nord au Sud, en passant par la plaine de la Békaa et la capitale. Retrouvez-la ici.
À Annaya, le président et son épouse, le patriarche maronite, et d'autres personnalités officielles
Le président libanais, Joseph Aoun, et la première dame, Neemat Aoun, sont arrivés à Annaya pour accueillir le pape Léon XIV, de même est arrivé le patriarche maronite, Béchara Raï, rapporte l’Agence nationale d’information (Ani).
Parmi les personnalités officielles également venues à Annaya pour accueillir le souverain pontife, l’ancien président Michel Sleiman et son épouse, des députés de la région dont Simon Abi Ramia et Ziad Hawat, l'ancien ministre Walid Nassar, l'ancien député Walid Khoury, le président de l'Union des municipalités de Jbeil Fadi Martinos, le président de la municipalité de Annaya-Kfarbaal Marc Abboud, ainsi que d’autres maires du caza.
Le convoi papal est passé à Jounieh
Le convoi de Léon XIV est passé par Jounieh vers 9h30, précédé d’une dizaine de motos et de plusieurs voitures de la police. Il a été acclamé par la foule qui l’attendait sur le bord de la route, rapporte notre journaliste Marguerita Sejaan.
Rita, une jeune employée, travaille aujourd’hui à distance pour ne pas rater l’arrivée du pape. Elle attendait le Saint Père depuis 8h30. « C’est un événement à ne pas rater, ça n’arrive pas tous les jours. Je suis venue avec mes amis de la paroisse. Et même les gens qui ne sont pas pratiquants sont là. Sa visite montre que le Liban veut la paix, elle encourage aussi les chrétiens qui savent qu’il y a quelqu’un qui soutient leur présence au Moyen-Orient », explique-t-elle.
Le pape offrira un cierge au couvent Saint Maron, qu'il déposera devant la tombe de Saint Charbel
À Annaya, le pape devrait déposer devant la tombe de Saint Charbel un cierge qu'il a apporté avec lui du Vatican, et qu'il offrira au couvent Saint Maron, rapporte l'Agence nationale d'Information (Ani, officielle).
Les lettres des lycéens du Liban au pape : notre opération spéciale
À l’occasion de la visite historique du pape Léon XIV, L’Orient-Le Jour a lancé un appel aux lycéens du Liban, les invitant à écrire une lettre qui lui serait adressée.
Grâce à l’engagement des chefs d’établissements et des enseignants, nous avons reçu plusieurs dizaines de courriers rédigés aux quatre coins du pays. Leurs auteurs ont entre 15 et 18 ans. Récits, prières, questionnements, doutes, rêves et élans d’avenir : ces lettres nous ont profondément bouleversés par leur sincérité et leur envergure, à la fois intime et collective.
Retrouvez-en cinq d'entre elles ici.
La papamobile prête à transporter Léon XIV, à l'entrée du parcours vers le monastère de Saint Maron
Photo Gabriel Blondel / L'Orient-Le Jour
Alors que des fidèles continuent d’affluer vers le monastère de Saint Maroun, la papamobile est déjà stationnée à l’entrée du parcours que devra emprunter le pape Léon XIV pour arriver sur les lieux, avant de se recueillir sur le tombeau de Saint Charbel.
« J'espère ne pas le rater », s'inquiète une fidèle sur la route entre Jbeil et Annaya
Tout le long de la route entre Beyrouth et Annaya, des banderoles et affiches aux couleurs du Liban et du Vatican souhaitent la bienvenue au souverain pontife. La phrase de l’apôtre Matthieu issue de la Bible : « Heureux les artisans de paix », que le pape Léon XIV a choisi comme devise de sa visite au Liban, est inscrite sur de nombre d’entre elles.
Sur la route montant à Annaya, un important dispositif policier et militaire tente d’organiser la circulation, malgré les averses qui continuent de s’abattre sur la région et la foule.
Les quelques navettes censées transporter les fidèles contraints de se garer dans le village voisin de Kfarbaal sont déjà pleines. « Nous sommes très enthousiastes de voir le pape mais maintenant j’ai peur qu’on arrive en retard », confie Nayla Haddad, la quarantaine, venue avec son mari et ses trois enfants de Beyrouth avant d’entamer la montée vers Annaya. « C’est notre chemin de croix à nous », ironise plus loin Sylviane Matta, abritée sous son parapluie. « J’espère ne pas le rater, je n’avais pas vu voir Benoit XVI ni Jean-Paul II », précise-t-elle.
Sur l'autoroute de Jounieh : « le pape a donné de la valeur à notre pays »
À Jounieh, Maroun et Joseph, deux sexagénaires, mangent leur man'ouché (galette libanaise) le long de l'autoroute. Ils sont arrivé vers 5h du matin, soit plus de deux heures avant les autres personnes présentes sur place. Ils expliquent que le rassemblement auquel ils prennent part avait été organisé via Facebook et leur paroisse. « Ce dont nous avons vraiment besoin, c'est de paix, c'est le plus important », affirme Maroun. « Nous avons besoin du pape, parce que nous sommes devenus un peuple de mécréants », blague de son côté Joseph. À côté de lui, Rafqa estime que la visite du Conseil de sécurité, prévue en fin de semaine, « est sûrement liée à la présence du pape aujourd'hui. Jusqu'à il y a peu, le Liban n'était même pas sur la carte, mais le pape Léon a donné de la valeur à notre pays. » « Nous allons jusqu'en Italie pour le voir, pourquoi n'aurions-nous pas traversé la rue, puisqu'il se trouve si près de chez nous », ajoute-t-elle.
Visite surprise, dimanche soir, du pape au couvent des Carmélites de Harissa
Le pape Léon posant avec les sœurs couvent des Carmélites à Harissa. Photo Vatican Media
Hier soir, après une longue journée entre son départ depuis Istanbul, et son accueil au Liban, le pape a effectué une visite surprise d’une demi-heure, au couvent des Carmélites à Harissa, a rapporté le site Vatican News. Une étape qui n'était pas prévue dans le programme officiel. Selon le bureau de presse du Saint Siège, le pape a salué chacune des sœurs individuellement avant de recevoir les salutations des supérieures des deux communautés. Il a récité avec elles le Notre Père et leur a donné sa bénédiction apostolique.
Plus de témoignages depuis Annaya : « Saint Charbel est reconnu dans le monde entier »
Photo Suzanne Baaklini / L'Orient-Le Jour
À Annaya, Mimo Haddad vient de Dbayeh. Elle est montée à pied depuis le barrage de l'armée à l'entrée du village. « J’aime beaucoup Mar Charbel et la présence du pape me donne encore plus de foi parce Saint Charbel est reconnu dans le monde entier », confie-t-elle à notre journaliste Suzanne Baaklini. Maher vient, lui, de Bickfaya dans le Metn : « Je monte chaque 22 du mois et maintenant que le pape est là je ne peux pas rater cet événement », affirme-t-il.
Mélissa, sur la route de Jounieh : « Nous avons désespérément besoin du message de paix au Liban en ce moment »
Sur la route, à Jounieh, Mélissa raconte à L'Orient-Le Jour avoir assisté à toutes les visites papales au Liban. C'est pour cela qu'elle voulait que sa fille Jaimee, âgée de deux ans « vive la même expérience, même si elle est encore trop jeune pour s'en souvenir plus tard. »
Cette visite « est très courte, nous voulions donc en profiter au maximum. D'autant plus que son message est un message de paix, ce dont nous avons désespérément besoin au Liban en ce moment. »
« On aime le pape Léon », affirme, du haut de ses deux ans, Jaimee.
Le Liban a-t-il encore quelque chose à offrir au monde ?, l'éditorial d'Anthony Samrani
En attendant l'arrivée du pape Léon XIV à Annaya, première étape de sa deuxième journée au Liban, nous vous proposons de (re-) lire l'éditoral de notre rédacteur en chef Anthony Samrani : Le Liban a-t-il encore quelque chose à offrir au monde ?
Des fidèles rassemblés le long de la route, de Jounieh à Jbeil
Photo Marguerita Sejaan / L'Orient-Le Jour
Sur les routes, qui seront fermées entre 9h05 et 9h45 entre Harissa et Annaya pour le passage du convoi papal, des fidèles sont rassemblés à certains endroits, comme sur l'autoroute de Jounieh, au niveau de Maameltein, ou au début de la route de montagne reliant Jbeil à Annaya, selon nos journalistes sur place Marguerita Sejaan et Suzanne Baaklini. À Jounieh, des enfants font partie des quelques dizaines de personnes présentes malgré la pluie.
Devant le monastère de Saint Maron : « je suis reconnaissant », le pape « cherche vraiment à redonner de l’espoir aux Chrétiens dans la région »
À Annaya, Charbel, 24 ans, et son petit frère Kévin, 10 ans, se sont levés à 3 heures du matin pour arriver depuis Mansouriyé (Metn). « On a pensé qu’on pourrait rester dans la voiture, ça aurait été moins fatiguant pour Kévin. Et on aurait aimé pouvoir voir le monastère avant la visite du Pape, mais ce n’est pas possible. On a 4 heures d’attente mais ça en vaut la peine ! » lance Charbel. On attend un message de « Paix pour le Liban », « qu’il n’y ait plus de guerre », affirme de sa petite voix Kévin.
Non loin, Jimmy, la vingtaine, s’est quant à lui réveillé à 4h30 pour venir depuis le village voisin d'Ehmej. Équipé de son café, le jeune homme est venu avec trois de ses amis « parce que c’est exceptionnel : on aurait pu vivre toute notre vie sans le voir. » « Je ne connais pas grand chose de ce pape mais je lui suis reconnaissant : c’est dur de venir dans ce contexte au Liban. Il cherche vraiment à redonner de l’espoir aux Chrétiens dans la région », estime-t-il.
Devant le monastère à Annaya, « ce sera plein à craquer »
« On n’a pas idée du nombre, tout ce que je peux dire c’est que ça sera plein à craquer ici » explique un membre de la défense civile sur place à L'Orient-Le Jour. Les fidèles déjà arrivés se massent devant le monastère, dans un espace dédié où ils pourront voir passer le Pape. L’accès à cet espace est fermé depuis 7 heures du matin. « C’est plein plus tôt que prévu, c’est une décision de la municipalité, je n’y peux rien » confie un chargé de la sécurité.
Dans l’attente, de nombreuses discussions tournent autour de la fatigue et de la pluie, alors que les fidèles désirant voir le pape ont dû se rendre au moins 2 heures avant son arrivée à Annaya. « Ils auraient pu mettre des tentes pour les gens », regrette Georges, la vingtaine, étudiant à étudiant à l’AUT (Université Américaine de Technologie).
Devant le monastère Saint Maron de Annaya, la foule se presse depuis l'aurore
L'arrivée à Annaya, à l'aube. Photo Nemtala Eddé
Depuis 5 heures du matin, soit plus de 4 heures avant l’arrivée du pape, les fidèles se dirigent vers la tombe de saint Charbel, dans le monastère Saint Maron à Annaya, sur les hauteurs de Jbeil.
À l’arrivée au poste militaire de Annaya, des soldats de l’armée libanaise dirigent les voitures jusqu’aux navettes affrétées pour monter jusqu’au monastère. « Vous devez rester dans la voiture jusqu’à rejoindre le car », lance un militaire. Une consigne facilement appliquée au regard de la pluie battante.
Dans la navette, un ticket de couleur est donné aux fidèles, pour déterminer le car au retour. « Cela aide les organisateurs » explique un chauffeur à notre journaliste Nemtala Eddé. « Que personne n’oublie sa carte » rappelle-t-il a l’arrivée
Bonjour et bienvenue sur notre couverture en direct de cette deuxième journée de la visite de Léon XIV au Liban.
Une journée qui, selon le programme officiel, commencera à Annaya, sur les hauteurs de Jbeil, avec une prière du Saint-Père sur la tombe de Saint Charbel Makhlouf (1828-1898), emblématique dans le pays et au delà des frontières. S'en suivront ensuite des rencontres religieuses à Harissa, une réunion œcuménique et interreligieuse sur la place des Martyrs de Beyrouth et une rencontre avec des jeunes sur l’esplanade du siège du patriarcat maronite à Bkerké.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Cet article est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici

