Très Saint-Père*,
Et si le Liban pouvait parler ? Et s’il pouvait exprimer son désespoir, sa haine, sa douleur ? Qu’aurait-il dit ? Qui devrait-il blâmer ? Sur qui rejetterait-il la faute ?
Le Liban souffre d’un deuil inapaisable et d’une tristesse inouïe. Cette souffrance est ainsi une partie de nous, son peuple. Elle entre dans nos maisons, elle s’assoit à nos tables, perdure dans nos vies et pénètre dans nos cœurs. Cette peine prend vie et nous hante jour et nuit. On ne peut s’en détacher, la négliger ou l’ignorer… Les bombardements interminables, les nuits d’angoisse, les chagrins et les pleurs ne doivent pas être oubliés. Ils resteront pour nous, le peuple du Liban, gravés dans le plus profond de nos cœurs et protégés par des milliers de barrières pour ne pas que le fil du temps ne les capture.
Ces périodes difficiles sont, seront et resteront à jamais présentes dans nos itinéraires, nos vies, notre histoire. La guerre ne nous a peut-être pas pris quelqu’un que l’on aime, mais elle a laissé une cicatrice dans nos âmes. Voir un de nos frères libanais en peine, nos habitudes se froisser d’un jour à l’autre, ou des familles se noyer dans l’incertitude équivaut à la peine de la perte d’une personne chère à nos yeux. Le peuple libanais ressent une fatigue et une lassitude intérieure qu’il n’arrive plus à porter et à surmonter.
On a souvent tendance à maudire la personne au bout du fil, à nous dire que l’ennemi n’est qu’un monstre, que le pilote qui nous bombarde n’a pas de cœur et qu’il ne mérite aucune pitié. Mais en réalité, les autres, c’est nous, ce soi-disant « ennemi » n’a-t-il pas une famille, des rêves, une vie ? Malheureusement, la guerre n’est pas le seul obstacle que doit franchir le peuple. Nos cris d’aide et de douleur demeurent muets à travers tout le monde. On est épuisés, tristes, démunis d’espoir. Le quotidien n’est à présent qu’une lutte constante, non pas pour vivre, mais pour survivre. Et c’est comme ça que le peuple libanais est ruiné moralement et psychologiquement par la misère.
Mais pourquoi nous ? Pourquoi doit-on subir une telle souffrance alors que d’autres enfants sont apaisés intérieurement et sécurisés physiquement ? Pourquoi est-ce nous qui devons en pâtir ? Pourquoi Dieu nous a-t-il choisis ? D’ailleurs, nous a-t-il abandonnés ? On entend souvent dire que tout ira bien, que tout va s’arranger, mais en réalité, je n’y crois pas vraiment. Toutes ces prières s’adressant au Liban ont-elles vraiment un sens ? Ou n’est-ce qu’une façon de nous rassurer ?
Guidez-nous, Très Saint-Père. Soyez la lumière dans nos nuits sombres, l’oasis dans un désert, le repère pour notre pays le Liban qui ne perd jamais et continue de résister, malgré toutes les guerres et les crises. Ce n’est pas en notre nom que nous nous adressons à vous, mais au nom de tout le Liban. Envoyez-nous vos prières, votre support et votre joie de vivre.
Merci.
Alex BOU NASSIF et Jad KHAYAT
Collège Notre-Dame de Jamhour
*À l’occasion de la visite du pape Léon XIV au Liban, L’Orient-Le Jour a lancé un appel aux lycéens du Liban, les invitant à écrire une lettre qui lui serait adressée. Nous avons reçu plusieurs dizaines de courriers rédigés aux quatre coins du pays. Cette lettre fait partie des cinq textes retenus parmi celles reçues par la rédaction.


Et pas seulement dans nos esprits et nos ames. Mais dans nos familles et nos chairs, dans nos poches et nos vies. dans nos maisons, nos champs et nos terres que nous quittons en pleurant. Nos enfants qui pour la plupart etaient des bebes ou de bas ages a notre depart ne savent de leur Patrie le vLiban que ce que nous leur disons. Leurs caracteres n,est npresque plus Libanais. Et lorsque nous les enmenons en vacances voir leur Patrie tres peu se reconnaissent un peu y etre part. La DIASPORA est en DANGER car abandonnee par notre ETAT qui n,en voit en leurs visites au Pays que des touristes.
10 h 39, le 30 novembre 2025