De la fumée s’élève du site d’une frappe aérienne israélienne qui a visé le village libanais de Mahmoudiyé, dans le caza de Jezzine au Liban-Sud le 27 novembre 2025. Photo AFP
Un an pile après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu, quotidiennement mis à mal, l'armée israélienne a bombardé jeudi après-midi des collines et vallées de la région de Mahmoudiyé et Jarmak, dans le caza de Jezzine, au Liban-Sud. Des frappes menées par l'aviation israélienne qui ressemblent à celles menées régulièrement sur cette région boisée du nord du Litani, où les Israéliens ont dit avoir frappé des infrastructures militaires du Hezbollah, dont des plateformes de lancement de roquettes et des entrepôts d'armes.
Selon les informations de notre correspondant dans le Sud, Mountasser Abdallah, ces bombardements ont eu lieu vers 14h. Ils ont d'abord visé les hauteurs de Mahmoudiyé, notamment la colline dite de « Nabaa el-Tassé », et les hauteurs de Rihane, avant de s'abattre également sur des collines et vallées de la région de Jarmak. Aucune information ne fait jusqu'à présent état de victimes.
Cette région est frappée régulièrement par des raids, alors qu'Israël continue de violer quotidiennement l'accord de trêve, qui était entré en vigueur dans la nuit du 26 au 27 novembre 2024, après 13 mois de guerre entre l'État hébreu et le Hezbollah, dont deux mois d'offensive de grande ampleur. En plus des frappes quotidiennes, l'armée israélienne continue d'occuper au moins six positions en territoire libanais, qu'elle continue de renforcer. Et c'est depuis la position la plus à l'est le long de la frontière, sur la colline de Hamames, au sud de Khiam (dans le caza de Marjeyoun), que l'armée israélienne a lancé dans l'après-midi une bombe sonore et tiré en direction d’un berger qui se trouvait au niveau du village de Mazraat Sarda, également en périphérie de Khiam.
Une équipe de la Croix-Rouge internationale, accompagnée par l’armée libanaise, s'est en outre rendue dans une zone proche de Kfar Kila, dont l'accès était jusqu'à présent interdit par l'armée israélienne, afin d'y chercher des dépouilles de personnes tuées pendant la guerre, selon une source dans le village.
Dans la nuit de mercredi peu après 21h, des soldats israéliens se sont infiltrés au Liban-Sud, dans la périphérie de Meis el-Jabal, depuis la position israélienne d'al-Assi, rapporte notre correspondant. Des militaires ont pénétré en territoire libanais sur environ une centaine de mètres et sont entrés dans une maison qu’ils ont fouillée. Après minuit, l’armée israélienne, également depuis la colline occupée de Hamames a tiré à la mitrailleuse sur les abords de Khiam. Des bombes éclairantes ont également été lancées en direction de Markaba (Marjeyoun), depuis Israël, ajoute notre correspondant. Selon des habitants, d’intenses tirs israéliens à l’arme automatique moyenne ont visé les abords de de Kfarchouba, dans le caza de Hasbaya, depuis le poste de Roueissat el-Alam, situé sur les hauteurs contestées de cette localité.
Israël a mené « 1 200 opérations ciblées » au Liban
Dans un message publié sur sa chaîne Telegram jeudi, l'armée israélienne a affirmé avoir lancé, depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu il y a un an, environ « 1 200 opérations ciblées », assurant avoir, à chaque fois, cherché à « démanteler l’infrastructure terroriste, à contrecarrer les tentatives de collecte de renseignements sur l’armée israélienne et à réduire les capacités militaires du Hezbollah ».
L'armée a assuré que ses forces ont localisé cette année des « dizaines de structures militaires, des dépôts d’armes, des sites de lancement de missiles, des lanceurs de missiles, ainsi que des positions d’observation et de tir », et affirmé avoir « neutralisé » plus de 370 combattants « appartenant au Hezbollah, au Hamas et aux diverses organisations terroristes palestiniennes ».
Selon les données analysées par « L’Orient-Le Jour », Israël a violé plus de 12 000 fois l'accord de cessez-le-feu, tuant 343 personnes, dont 136 civils, entre le 27 novembre 2024 et le 14 novembre 2025.



Israël a violé et tout le monde le sait. Et la milice elle ne viole pas en déclarant au monde entier qu’elle veut garder son arsenal malgré l’accord ? Ça aussi est un viol. Accuser l’un et ménager l’autre ne sert à rien, surtout que c’est bien cet autre qui a déclenché stupidement “sa” guerre. Pleurer le résultat en escamotant la cause ne passe pas. D’ailleurs personne ne nous prend au sérieux. La sentence est tombée, remise des armes ou subir…sans oser réagir. C’est l’un ou l’autre, il n’y a plus d’autre choix. Et le temps presse, le Libanais payant seul et tous les jours, les pots cassés.
05 h 01, le 28 novembre 2025