Le patriarche maronite Béchara Raï, photographié au palais de Baabda en août 2025. Photo d'archives AFP
Dans un entretien télévisé à la veille d’une visite historique du pape Léon XIV au Liban, le patriarche maronite Béchara Raï s’est exprimé en toute franchise sur nombre de questions allant des armes du Hezbollah au dialogue interne inexistant selon lui, en abordant également l’importance de la venue du souverain pontife, sans épargner les partis chrétiens de ses critiques et exprimant sa solidarité avec le président de la République.
Interrogé par la journaliste d'al-Jadeed sur le Hezbollah, le prélat a estimé que « l’on ne peut pas accepter que l’Iran continue de s’ingérer dans nos affaires par le biais de ce parti », l’appelant à « remettre ses armes à l’armée libanaise ». « Si nous voulons un Etat qui serve les intérêts de tous, il ne doit plus y avoir d’armes hors des mains de l’Etat, il est temps que le Liban retrouve son unité après 100 ans d’existence », a-t-il martelé. Le désarmement du Hezbollah cristallise les tensions depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu avec Israël en novembre 2024 et la décision officiellement prise par le gouvernement libanais en ce sens en août 2025. L’armée, chargée d’assurer le monopole des armes aux mains de l’Etat selon un plan établi début septembre, donne des comptes-rendus mensuels au gouvernement depuis cette date.
Pour autant, le patriarche ne s’est pas dit favorable au désarmement par la force, qui risque de mettre le pays « en lambeaux ». Cette question doit donc être « réglée par la diplomatie », a-t-il plaidé. En ce sens, il a clairement apporté son appui au président de la République Joseph Aoun, et au Premier ministre Nawaf Salam, qui ont été souvent accusés de « lenteur » sur cette question, notamment par les Américains, ainsi qu’au commandant en chef de l’armée, le général Rodolphe Haykal, dont un voyage aux Etats-Unis a été annulé sur fond de désaccord sur le désarmement du Hezbollah. Il a appelé dans ce cadre à « arrêter la campagne de dénigrement contre le président, soutenir l’armée avec des fonds et de l'armement, et réaffirmer les décisions prises par les autorités libanaises ».
Mgr Raï a encore estimé que, malgré la « confiance nouvelle » dans les autorités insufflée par le nouveau mandat, celui-ci est « contrarié par les circonstances », notamment l'occupation persistante par l'armée israélienne de positions en territoire libanais et la poursuite des frappes. «Pourquoi Israël maintient-il une présence au Liban-Sud et poursuit-il ses frappes ? Est-ce pour renforcer le Hezbollah et justifier son refus de rendre les armes ? », s’est-il demandé.
Le patriarche maronite n'a pas ménagé ses critiques à l’encontre des principaux partis chrétiens (notamment les Forces libanaises et le Courant patriotique libre, sans les nommer), disant comprendre les propos du président Aoun quand celui-ci s’est plaint que certains « distillent du poison » auprès des chancelleries étrangères. « Les chrétiens sont divisés mais ni par l’idéologie sur les principes, mais plutôt sur leurs intérêts électoraux et autres, et c’est dommage. J’aurais bien aimé qu’ils se fassent la compétition pour mieux servir le pays, mais ils veulent juste imposer leur présence », a-t-il insisté. Il a reconnu que Bkerké « devrait les ramener sur le droit chemin mais ils doivent aussi se rendre compte de l’inanité de leurs conflits ».
Le message de paix du pape
Interrogé sur la visite du pape Léon XIV du dimanche 30 novembre au mardi 2 décembre au Liban, le patriarche a estimé que cette visite, « la première du souverain pontife hors du Vatican depuis son élection, montre le souci du Saint-Siège quant à la pluralité et les libertés dans ce pays ». « La signification de cette visite va au-delà des Libanais, pour inclure tous les chrétiens d’Orient et tout l’Orient. », a-t-il ajouté. « Le Liban a besoin de ce message de paix, tout comme l'Orient qui est en ébullition, qu’il s’agisse de paix spirituelle, politique ou sociale », a-t-il ajouté. Et de poursuivre : « Je crois que le pape lancera un appel à tout le Liban et à tous les Libanais dans toute leur diversité, et je ne sais pas exactement quel sera cet appel. Mais force est de constater que, depuis 1975, nous n’avons pas connu la paix, et il est temps de la bâtir à nouveau. »
Sur les moyens de faire la paix au Liban, le patriarche maronite a prôné le dialogue, qui doit être, selon lui, initié par le chef de l'Etat. « Jusqu’à présent, nous n’avons pas entamé de dialogue et avons esquivé les questions épineuses. Nous espérons que le Saint Père lancera un appel en ce sens et que les Libanais s’y engageront », a-t-il assuré. Il a cependant estimé que « la route vers le dialogue n’est pas encore dégagée », invoquant les différends encore trop profonds et les conséquences de la guerre. Il s’est cependant dit convaincu que « la coexistence existe toujours ».
La Syrie, « État islamiste »
Interrogé sur les chrétiens d’Orient, le patriarche maronite a déploré l’hémorragie qui continue dans la région, et la baisse drastique de leur nombre en Syrie, en Irak, à Jérusalem et même au Liban, en raison de l’émigration, même s’il a constaté que celle-ci touche autant les musulmans libanais que les chrétiens. Sur la Syrie, il n’a pas mâché ses mots, qualifiant le nouveau régime d’ « Etat islamiste » et se déclarant très prudent concernant l’évolution de la situation pour les minorités, notamment chrétienne, qui continue de quitter le pays.
Enfin, s’exprimant sur un sujet qui lui est cher, la neutralité du Liban, le prélat s’y est dit de plus en plus attaché. « Cette neutralité signifie que le Liban n’entre plus dans des guerres et ne fait plus partie d’axes régionaux, mais elle demeure positive, c’est-à-dire que le Liban reste une terre de paix et de droits de l’homme, puisque c’est son message », a-t-il conclu.



Mgr, à force de répéter ce slogan, ce parti finit par croire qu’il est encore en état de nuire à notre pays alors que tout le monde sait qu’il n’arrive plus à garantir la sécurité de ses propres partisans et commandants. Comment voulez-vous qu’ils mènent une guerre à l’interne alors qu’ils n’osent même pas sortir de leurs trous, ne serait ce que pour voir leurs familles. Assez de propagandes qui sèment la terreur dans le cœur des libanais et qui ne sont basées que sur de fausses rumeurs qui servent à renforcer ces losers en leur faisant croire qu’ils existent encore dans notre jargon.
10 h 10, le 27 novembre 2025