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Politique - Décryptage

Attaque contre la banlieue sud : le Hezbollah face à son environnement populaire


Même si publiquement, le Hezbollah affirme qu’il s’est reconstitué et qu’il est prêt à toutes les éventualités, ses responsables savent parfaitement qu’il traverse l’une des périodes les plus critiques depuis sa formation en 1982. Pour lui, tous les choix actuels sont mauvais, mais ses responsables cherchent à trouver celui qui pourrait l’être le moins.

Désormais, la question, pour le Hezbollah, n’est plus de savoir s’il va riposter ou non à l’assassinat de son chef d’état-major, Haytham Ali Tabatabaï, mais s’il va continuer à exister et sous quelle forme. Ce n’est d’ailleurs pas tant l’identité et la fonction du commandant, assassiné dimanche dans la banlieue sud de Beyrouth, qui suscite toutes ces questions chez ces responsables, mais plutôt la traque continue dont ils font tous l’objet de la part des Israéliens.

Certes, Haytham Ali Tabatabaï ne fait pas partie des nouvelles figures du Hezbollah. Il s’est enrôlé dans l’appareil militaire de la formation depuis des années et il est considéré comme « un ancien », sans toutefois faire partie de la génération des fondateurs, comme Hassan Nasrallah ou Naïm Kassem. Mais il n’en est pas moins une figure symbolique. Il travaillait depuis des mois à reconstituer les unités combattantes du parti et, surtout, à trouver de nouveaux chemins pour acheminer le matériel militaire, à la suite de la quasi-fermeture de la voie syrienne. Il serait ainsi en quelque sorte l’un des principaux successeurs de Fouad Chokor, dont il était d’ailleurs un des proches.

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Pour le Hezbollah, le coup est donc dur. Mais pas seulement en raison du rôle de la personne visée. Sur ce dernier point, le Hezbollah assure qu’il prépare de nouvelles figures pour tous les postes-clés. Mais le plus important encore pour lui, c'est qu'en frappant la banlieue sud de Beyrouth, les Israéliens portent un coup dur à son environnement populaire, perçu comme son principal atout.

Celui-ci ne s’est pas encore remis des coups déjà reçus au cours de l’année écoulée, ni même pendant les 66 jours de guerre entre septembre et novembre 2024. Cet environnement populaire commençait à peine à réparer les bâtiments endommagés pendant la guerre, en s'appuyant sur les derniers propos de cheikh Naïm Kassem, qui se voulaient rassurants pour les habitants du Nord israélien. D’ailleurs, après l’attaque israélienne de dimanche après-midi, de nombreux habitants du quartier bombardé ont décidé de s’installer ailleurs. Certes, le Hezbollah a confiance dans sa base populaire, mais il craint que les pressions ne deviennent trop fortes sur elle, au point de la pousser à renoncer à l’appuyer.

Selon des sources proches du parti, le Hezbollah craint les conséquences des attaques israéliennes sur son milieu populaire. C’est pourquoi, aujourd’hui, sa priorité se concentre sur l’intérieur libanais. Il sait que ses adversaires politiques mènent campagne contre lui, mais il veut, lui, préserver autant que possible la stabilité interne. C’est d’ailleurs, selon ses proches, la raison pour laquelle il aurait décidé récemment de renforcer sa coopération avec l’armée libanaise et avec les responsables du pays. Pour le Hezbollah, l’attaque israélienne de dimanche contre la banlieue sud de Beyrouth est en effet également dirigée contre l’armée et les responsables.

D’abord, il s’agirait, selon les sources proches de la formation, d’une réponse négative de la part des Israéliens à l’initiative en cinq points du président Joseph Aoun. Les Israéliens poursuivent donc leur projet au Liban, sans tenir compte de la moindre considération, même américaine. C’est pourquoi, aux yeux des proches du Hezbollah, le Liban n’a d’autre choix que de se protéger seul, en essayant autant que possible de mettre en échec toute tentative de discorde interne. C’est une forme de « résistance » face aux projets israéliens, disent ces sources. Jusqu’à quand pourra-t-il adopter cette attitude qui fait aussi l’objet de critiques au sein de la formation ? Pour l’instant, nul ne saurait le dire avec précision, mais ce qui est sûr, c’est que le Hezbollah a toujours un œil fixé sur les développements régionaux, notamment sur l’attitude iranienne, mais aussi sur le plan saoudien d’apaisement pour la région.

Même si publiquement, le Hezbollah affirme qu’il s’est reconstitué et qu’il est prêt à toutes les éventualités, ses responsables savent parfaitement qu’il traverse l’une des périodes les plus critiques depuis sa formation en 1982. Pour lui, tous les choix actuels sont mauvais, mais ses responsables cherchent à trouver celui qui pourrait l’être le moins.Désormais, la question, pour le Hezbollah, n’est plus de savoir s’il va riposter ou non à l’assassinat de son chef d’état-major, Haytham Ali Tabatabaï, mais s’il va continuer à exister et sous quelle forme. Ce n’est d’ailleurs pas tant l’identité et la fonction du commandant, assassiné dimanche dans la banlieue sud de Beyrouth, qui suscite toutes ces questions chez ces responsables, mais plutôt la traque continue dont ils font tous l’objet de...
commentaires (11)

Ça faisait longtemps que j'évitais de lire Mme Haddad vu ses opinions biaisées. Je vois que ça n'a pas changé. Elle sous-entend que les intérêts du parti correspondent à ceux de l'armée et des responsables gouvernementaux. Je m'abstiendrai à l'avenir.

Michael

21 h 10, le 26 novembre 2025

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Commentaires (11)

  • Ça faisait longtemps que j'évitais de lire Mme Haddad vu ses opinions biaisées. Je vois que ça n'a pas changé. Elle sous-entend que les intérêts du parti correspondent à ceux de l'armée et des responsables gouvernementaux. Je m'abstiendrai à l'avenir.

    Michael

    21 h 10, le 26 novembre 2025

  • On va vous dire comment le Hezbollah va se reconstituer:Les dirigeants iront en Prison ( et au liban,La peine de Mort existe eux qui menacent et assassinent à longueur de temps ) pour assassinats divers et multiples contre journalistes, intellectuels, députés, écrivains, officiers des FSI et officiers de l'armée dont Feu Samer Hanna.Le parti fondé par l'Iran sera dissous. Les armes récupérées par l'armée LIBANAISE.Les miliciens accusés de crimes : en prison. Les autres choisiront : soit de vivre "normalement et civilement" dans une société multireligieuse et laique, soit direction l'IRAN.

    LE FRANCOPHONE

    20 h 00, le 26 novembre 2025

  • Malgré l’erreur fatale commises par le parti depuis le 7 octobre 2023, sa base populaire n’en démord pas. Elle est prête à plus de sacrifices pour garder son poids et son influence sur la scène libanaise.

    Hitti arlette

    19 h 56, le 26 novembre 2025

  • Le hezbollah est fini et perdra ses ouailles des qu'il aura remis toutes ses armes ne lui en déplaise. Il le sait mais cherche en effet a le faire avec le moins de pertes possibles. C'est trop tard il ne survivra pas cette défaite du style Bérézina je dirais même Waterloo. Nous ne devons plus accepter de parti islamique ou autres aux idéologies néfastes et non Libanaises. Il nous faut une nouvelle loi sur les partis pour réguler la vie politique du pays. Le hezbollah ne peut plus rien et Israël fait ce qu'elle a a faire pour en finir a nous de réagir positivement.

    Pierre Christo Hadjigeorgiou

    12 h 55, le 26 novembre 2025

  • Il est écrit dans l'article : C’est pourquoi, aujourd’hui, sa priorité se concentre sur l’intérieur libanais. Il sait que ses adversaires politiques mènent campagne contre lui, mais il veut, lui, préserver autant que possible la stabilité interne. Belle ineptie ,cela sous entend que les autres n'en veulent pas de la stabilité. Et s'il tient à cette stabilité, alors pourquoi ils crient tous, à ceux qui ne veut plus les entendre, qu'ils veulent garder leurs armes envers et contre tous les Libanais dignes de ce nom. A quoi vont servir leurs armes, vu comment ils réussissent à se défendre.

    Zeidan

    12 h 44, le 26 novembre 2025

  • mais pourquoi bon dieu dame haddad ainsi que tous les autres refusent ou n'osent pas dire les choses telles quelles : PERSONNE , surement pas les israeliens ne font confiance a la milice iranienne branche libanaise ni, malheureusement a l'etat libanais. et donc des propositions de pourparlers trouveront tjrs oreilles bouchees tant que les libanais n'auront compris que desarmez la, ensuite venez nous parler.

    L’acidulé

    09 h 24, le 26 novembre 2025

  • “C’est pourquoi, aux yeux des proches du Hezbollah, le Liban n’a d’autre choix que de se protéger seul,…” Tout à fait d’accord: se protéger seul, sans “l’assistance” du Hezbollah. Se protéger, donc être équipé d’armes défensives, et non offensives (au propre comme au figuré) comme l’arsenal du Hezb. Il est grand temps qu’ils ramassent leurs cliques et leurs claques et qu’ils nous f… la paix!

    Alain

    09 h 01, le 26 novembre 2025

  • Et donc? Ou est l’information ?

    Mago1

    08 h 40, le 26 novembre 2025

  • blah blah blah... analyze banale

    Ma Realite

    08 h 04, le 26 novembre 2025

  • Oui, le Liban est seul. Il faut l'admettre une fois pour toute. Aux "souverainistes", l'annulation du voyage de Haikal aux USA et la frappe Israélienne le jour de l'indépendance doivent les réveiller. Il n'y aura jamais de paix ni interne ni externe tant qu'Israel continue ses monstruosités dans toute la région.

    Raed Habib

    06 h 05, le 26 novembre 2025

  • La milice, qui a toujours misé sur le temps, n’a plus ce luxe. Le voisin intensifie ses frappes mortelles et elle est réduite à encaisser sans rien faire et avec elle son malheureux public. Demander à l’Etat de la protéger sur le terrain est utopique, vu ses moyens. Et elle le sait bien. Le seul moyen pour l’Etat, c’est la diplomatie et pour qu’elle ait des chances de succès, on lui demande d’abord de désarmer et vite la milice. Les grands décideurs, dont le voisin, qui avaient jadis permis au hezbollah d’exister ont changé d’avis. Plus jamais d’armes pour lui. De gré ou de force.

    Goraieb Nada

    05 h 02, le 26 novembre 2025

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