Des passerelles d'embarquement sur le tarmac de l'aéroport international de Beyrouth le 4 juin 2025. Photo d'archives Philippe HAGE BOUTROS/L'Orient-Le Jour
La frappe meurtrière menée dimanche par Israël en banlieue sud de Beyrouth pour assassiner le chef de l'état-major du Hezbollah, Haytham Ali Tabatabaï, n'a pour l'instant pas provoqué de mouvement de panique parmi les Libanais de la diaspora qui prévoient de revenir au Liban, selon plusieurs professionnels contactés par L'Orient-Le Jour, dont le président du syndicat des agences de voyage et de tourisme au Liban (ATTAL), Jean Abboud.
Le directeur de l'Aviation civile, Amine Jaber, nous a pour sa part indiqué « qu'aucune compagnie aérienne n'avait annulé ses vols vers Beyrouth et que la demande était en hausse ».
« Il n'y a pas de mouvement de panique et même peu de réactions de la part des voyageurs qui ont déjà effectué leurs réservations », a déclaré celui-ci, jugeant que cette tendance devrait se confirmer dans les prochains jours s'il n'y a pas d'autres incidents sécuritaires. Il ajoute que l'offre de vols actuelle n'est pas encore comblée, mais que la demande augmente au fur et à mesure que les fêtes de fin d'année approchent, une période à laquelle de nombreux Libanais rentrent habituellement au Liban pour voir leur famille. Il ajoute que le niveau de réservation n'a pas enregistré de forte hausse pour la visite du pape au Liban — qui se rend aussi en Turquie pour son premier voyage apostolique, principalement en raison de la proximité entre la date de sa visite et la période des fêtes. « Les Libanais de confession chrétienne, qui sont les plus susceptibles de pouvoir faire le déplacement, ne vont pas faire deux voyages en un mois et vont davantage privilégier un séjour en famille, d'autant plus que la venue du pape se déroule sur une période très courte », ajoute le président de l'Attal.
Raymond Wehbé, CEO l'agence de voyages We Reach the World, dresse un constat similaire. « D'après les échos que j'ai eu, il n'y a pas d'annulation. Le sentiment qui domine chez les voyageurs c'est qu'il y a peu de chance pour un embrasement généralisé de la situation, du moins jusqu'à la visite du pape Léon XIV, qui aura lieu du 30 novembre au 2 décembre. Les voyageurs se disent que le chef de l'Église catholique, qui est de nationalité américaine, a pris la décision de ce déplacement au Liban en tenant compte des risques sécuritaires », expose-t-il. Le conseiller du président de la République pour les affaires du Saint-Siège, Naji Kozeily, a déclaré lundi au site el-Nashra que la visite du souverain pontife « est confirmée et qu’aucun obstacle majeur, même imprévu et peu importe sa provenance, ne peut l’empêcher ».
« Pas de changement » non plus du côté de Christelle Nakhal Majdalani, directrice des ventes à l'agence Nakhal. « Les expatriés connaissent les règles de ces affrontements (entre le Hezbollah et Israël, Ndlr) et je ne pense pas que cette frappe va pousser beaucoup d'entre eux à changer d'avis. Si ça s'envenime, ce ne sera pas la même histoire », explique-t-elle.
Il y a un an, de nombreux Libanais n'avaient pas attendu de voir si le cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, alors à peine entré en vigueur, allait tenir pour s'empresser de réserver leur vol pour Beyrouth pendant les fêtes, alors que les compagnies aériennes étrangères avaient toutes suspendu leurs vols entre septembre et décembre 2024 à la suite de l'intensification des combats entre les deux belligérants.
Un peu plus de 1,13 million de personnes ont visité le Liban en 2024, selon les chiffres officiels, soit une baisse de 32,1 % par rapport à 2023 et de 22,8 % par rapport à 2022. Après le début de l'offensive israélienne, les arrivées avaient baissé respectivement de 86,4 % en septembre, 64,4 % en octobre, 26,4 % en novembre et décembre 2024.


